H2 AMOS ET LOI KACH
rai de la Loi aboutissait à une violation des règles supérieures de l'Evangile. Est-ce un scrupule de conscience bien légitime que de refuser un serment qui préviendrait une injuste condamnation? Défendre aux Frères d'accepter toute charge publique, n'était-ce pas écarter du pouvoir les plus dignes et livrer les pauvres et les humbles à une plus rude oppression? — Deux partis se formèrent bientôt; l'un se composait surtout des anciens compagnons de Grégoire , de ceux qui avaient partagé les souffrances et l'enthousiasme des années de tristesse et de terreur; l'autre se recrutait plutôt parmi les nouveaux adhérents de l'Unité, qui apportaient un esprit plus libre et moins dominé par le souvenir des luttes passées, une intelligence plus juste des nécessités de l'existence, plus d'instruction aussi et moins de défiance pour la science '. Le chef des premiers fut un Morave, Amos, fanatique, résolu, violent, non sans valeur du reste - ; les seconds furent représentés surtout par des anciens étudiants de l'LIniversité de Prague; ils ont presque tous laissé un nom dans l'histoire de l'Unité, Jean Taborsky, Laurent de Krasonitse -\ Jean Klénovsky et surtout Procope de Jindrikhov- Hradets^-et Loukach de Prague.
Loukach, né à Prague vers 1460, avait fait ses études à l'Université utraquiste. L'ardeur de ses opinions ca-
I. « La cause (de la persécution de iSog) fut non seulement l'hostilité des ennemis extérieurs, heureux, suivant leur coutume, de nuire au petit troupeau, mais encore quelques faux Frères. Car une discussion s'était élevée entre les Frères au sujet de la puissance séculière : un chrétien peut-il en bonne conscience être un seigneur, se servir de l'épée, prêter ou demander un serment? Quelques-uns le niaient, comme de nos jours les anabaptistes; mais la majorité se prononça pour les seigneurs. » (Histoire des persécutions, ch. 23). Cp. l'article de Jos. Jiretchek sur Japhet , Tchas. 1881, p. i38.
2. Amos semble avoir été du nombre des Adamites que Grégoire avait acceptés dans. l'Unité; il faisait le commerce de la cire. Il eut pour principal auxiliaire le meunier Koubik.
3. Laurent fut reçu bachelier en 1479. Il passa par les mêmes crises que Loukach et subit les mêmes influences. Il fut scandalisé des contradictions des Utraquistes, qui se séparaient de l'Eglise romaine et lui demandaient de consacrer leurs prêtres. V., pour toute cette période, l'article de Goll sur la formation du Petit-Parti dans l'Unité (Tchas. 1886).