‹ Georges de PodiébradChapitre 149 sur 183 · I.F. PETIT-PARTI · texte numérisé non relu

I.F. PETIT-PARTI

resta une grande école de progrès moral et de foi tolérante et large.

Amos ne se résigna pas à sa défaite et il rencontra un auxiliaire dévoué dans un meunier remuant nommé Koubik. Aidés par un certain Grégoire de Votitse, qui corrigeait leurs écrits, ils attaquèrent violemment les progressistes, les accusèrent de suivre l'exemple fatal des Taborites et de vouloir « Zizkover ' ». Toutes les tentatives de conciliation restèrent inutiles, et ils furent enfin solennellement exclus de l'Unité. Ils avaient entraîné un certain nonibre de fidèles, surtout dans les groupes de la Bohême occidentale et plus particulièrement dans les cercles de Klatov (Klattau) et de Prachyn; on les appela le Pelit-Parli ou les Amosites. Amos ne manquait pas de quelques-unes des qualités du chef de secte et il réussit à conserver ses fidèles; mais certaines causes sont perdues d'avance. Le Petit Parti, recruté presque exclusivement dans les classes inférieures, ne se composait que de fanatiques sans instruction et sans idées; il s'était condamné volontairement à l'immobilité et a la mort. Après avoir repoussé tout changement, il devint la proie de la division, se morcela en sectes nombreuses, et finit par disparaître sans laisser de traces, moins d'un demi-siècle après le schisme '-.

Aucune période de l'histoire des Frères n'est aussi remarquable au double point de vue du développement organique et des progrès extérieurs, que celle qui s'étend depuis le synode de Rychnov jusqu'au moment où la Réforme luthérienne commence à se répandre en Bohême. Procopc et Loukach fixent d'une ûiçon à peu près définitive, non la croyance qui varia encore souvent depuis, mais laconstitution et la discipline. Mathias de Kounvald, un peu discré-

1. Histoire des persécutions, chap. xxiii. Cp., pour ces cvéncincnts, Jirctchck, Ruk. art : Amos, Koubik et Kalcncts, et biirtnut (îoll, 7'cliasopis i88fi, p. 3 10 et sq.

2. Amos mourut vers 1S22. Il fut remplacé liaiis la capitainerie du Petit- Parti par un coutelier de Prague, Kaleiiets, i.|ui fut mis au pilori et chassé de la ville. Le Petii-Parti était ilcs lurs eu complète ilissf)liiiion.

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dite pai- ses incertitudes et ses brusques variations, mais respecté malgré tout pour la droiture évidente de ses intentions ei sa résignation modeste, dut à la sagesse des vainqueurs de conserver sa dignité épiscopale; mais son rôle se réduisit désormais à consacrer les candidats à la prêtrise. A sa mort(i5oo), on nomma quatre évêques que l'on désigne ordinairement sous le nom de Senioj^es. Loukach fut l'un d'entre eux et il exerça dès lors une influence prépondérante: grâce à lui, les diverses paroisses des Frères furent soumises à des règles communes, et il transforma en une véritable unité la confédération jusqu'alors assez flottante. Les différences locales furent condamnées, et le service divin se célébra partout d'après un rite uniforme.

Le culte des premiers Frères, froid et sec, n'était guère fait pour toucher l'imagination ; Loukach le modifia profondément : les cierges, les vases sacrés, les ornements précieux, les chants lui rendirent un peu de la pompe catholique. Plus d'un s'indigna de ce retour à l'idolâtrie ; mais Loukach rappela aux mécontents qu'ils étaient tenus d'obéir aux évêques et triompha en somme facilement de toutes les velléités de résistance '. Son autorité était toujours plus respectée ; il faisait de Mlada-Boleslav, sa résidence ordinaire, la capitale des Frères; les Calixtins et les Catholiques voyaient en lui, non seulement l'évêque le plus écouté, mais le chef absolu de l'Unité; un de ses adversaires l'appelle l'anti-pape -.

Cette puissance, Loukach la devait surtout à ses qualités personnelles et non à ses fonctions. Un grand changement s'est en effet accompli dès lors dans l'organisation hiérarchique des Frères : à l'origine, presque tout le pouvoir appartenait à l'évêque; il passe désormais au Conseil Etroite En principe, l'autorité appartient à l'Église entière représentée par le « Synode »j qui comprend avec les prêtres et

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