‹ Georges de PodiébradChapitre 148 sur 183 · Décrets des Frères, publiés par (lindely, p · texte numérisé non relu

Décrets des Frères, publiés par (lindely, p

348 VICTOIRE DE LOUKACH

avait dans les doctrines de Kheltchitslcy d'excessif et d'inconciliable avec la vie sociale, s'était accentué encore pendant les années de persécution; dès que la situation s'était éclaircie, la nécessité des concessions s'était imposée. Les décisions de 1494 et de 1495 marquent le commencement d'une ère nouvelle '. Procope et Loukach n'acceptent l'héritage de Kheltchitsky et de Grégoire que sous bénéfice d'inventaire. Les craintes d'Amos n'étaient pas sans raison, et Satan pénétrait dans la cité sainte. Jamais peut-être n'a éclaté avec plus d'évidence la force irrésistible des événements et des situations, leur action toute-puissante sur les systèmes et les hommes. Le monde ne s'ouvre qu'à ceux qui acceptent ses conditions; pour faire une place aux Frères, la société exigeait d'eux qu'ils commençassent par la reconnaître.

D'importantes modifications traduisirent bientôt d'une manière extérieure les graves changements accomplis. Les Frères abandonnèrent peu à peu celles de leurs cérémonies par lesquelles ils marquaient le plus nettement jusqu'alors leur séparation des autres communions chrétiennes, ne contestèrent plus la valeur des sacrements conférés par les prêtres romains, n'exigèrent plus aussi rigoureusement le second baptême des néophytes. Un esprit de conciliation et de tolérance souffla dans l'Unité; les nouveaux directeurs firent preuve d'ailleurs d'autant de prudence qu'ils avaient montré de décision et de coup d'œil. Ils ne poussèrent pas leur victoire jusqu'à ses conséquences extrêmes, ne perdirent pas de vue le véritable but à atteindre, la rénovation des âmes par l'adoration du Christ. Débarrassés de leur rigueur excessive et comme atténués par l'expérience, les principes de Kheltchitsky se montrèrent féconds, et l'Unité

1. M. MùUer a prouvé qu'entre l'Unité primitive et celle qui fut reconstituée par Loukach, il n'y a presque de commun que le nom. Loukach né cite presque jarriais les opinions de Kheltchitsky que pour les combattre; sur la doctrine de l'Eucharistie en particulier, il se rapproche très sensiblement de la doctrine taborite que les premiers Frères au- contraire repoussaient absolument.

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