‹ Georges de PodiébradChapitre 155 sur 183 · I. Vybor, II, p. i43(j · texte numérisé non relu

I. Vybor, II, p. i43(j

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maison et ne perdra pas son temps à bavarder. Elle n'achètera et ne vendra rien sans l'aveu de son mari, sera économe pour pouvoir être charitable. Elle assistera régulièrement au service divin et préparera le samedi ce qui est nécessaire pour le dimanche, afin de consacrer au Seigneur ce jour tout entier. Quand les enfants sont jeunes, le père s'entendra avec la mère pour que l'un ne loue pas ce que l'autre n'a pas approuvé. Qu'ils ne montrent pas aux enfants leur tendresse naturelle, mais les élèvent dans le respect, la crainte de Dieu et les vertus chrétiennes. « Qu'ils les habituent à l'obéissance. Quand on dit à un enfant : fais ceci, il faut qu'il le fasse; laisse ceci, il faut qu'il le laisse. » Tous les frères doivent être traités de la même manière, surveillés, pourvus de ce qui leur est nécessaire, mais non habitués à la gourmandise et au luxe. Que leurs parents les instruisent par leurs exemples et leur enseignent à connaître et à servir Dieu.

Les décrets passent ainsi en revue toutes les conditions et tous les moments de l'existence, partout avec le même souci de précision et de netteté. Il y a là un dessein évident de saisir l'homme tout entier, de lui dicter sa conduite non seulement dans les circonstances solennelles, mais à tous les moments, à toutes les heures. On a parlé à ce propos de simplicité excessive et même d'enfantillage; n'est-ce pas plutôt la preuve d'une profonde connaissancede l'àme humaine et d'une habileté inconsciente, mais supérieure? Seule, une surveillance de tous les instants assouplit et façonne les volontés ; les principes généraux, trop vagues, n'y suffisent pas. Le Frère n'est pas chrétien de nom, par occasion; la morale évangélique forme autour de lui comme une atmosphère hors de laquelle il ne saurait vivre; elle est plus qu'une loi, -elle est une habitude. Sans doute les défaillances individuelles n'ont pas manqué parmi eux; en général cependant, ils ont réalisé leur programme. Toujours relativement peu nombreux, tenus en éveil par l'observation jalouse de leurs adversaires, débarrassés parla persécution de tout ce bagage compromettant

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de pusillaniincs et de sceptiques qu'attire le succès, ils firent une réalité de ce qui dans la plupart des autres sectes chi-étiennes n'était qu'un souvenir et un idéal. Ce n'est déjà pas une si niédiocie originalité que d'agir comme l'on parle et de pratiquer sa foi.

La direction nouvelle imprimée à l'Unité avait eu pour résultat presque immédiat de lui amener de très nombreux adhérents, recrutés dans les classes les plus diverses; beaucoup attendaient pour ainsi dii'e à la porte, rebutés jusqu'alors par dets exigences trop rigoureuses; dès qu'on l'eut entrebâillée, ils s'y précipitèrent, maixhands, bourgeois, chevaliers, seigneurs; une secte jusqu'alors sans autorité et sans crédit était en train de devenir un parti avec lequel il faudrait compter. Les progrès des Parères nous sont attestés par l'attention que commencent à leur accorder les Catholiques. Jusqu'alors ils étaient demeurés assez indifférents, plutôt satisfaits d'une diversion qui affaiblissait les Calixtins ; leur inquiétude s'éveille, leurs polémistes entrent en campagne, le pape Alexandre VI ordonne à l'inquisiteur Henri Institoris de se rendre en Bohème et en Moravie ', pour y convertir les hérétiques vaudois et brûler leurs livres. Assez peu satisfaits du résultat de leur campagne littéraire ^, les Catholiques s'adressèrent au roi, et le /rès doux prince se laissa aisément persuader. Désarmé contre les Utraquistes trop forts et protégés par les traités, il n'était pas fâché de donner à l'Kglise une preuve facile de son dévoueinent. Les premiers décrets de V'iadislas (i5o()) ne visaient que ceux des Picards qui habitaient sur les domaines de la couronne ou dans les villes royales; son autorité n'allait pas plus loin, et les résolutions de la diète obligeaient seules le!i seigneurs. Or, si le clergé utraquiste rivalisait de zèle avec les prêtres catholiques, les laïques manifes-

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