‹ Georges de PodiébradChapitre 167 sur 183 · Zlircst'iiiiatlinj tclicqiic, jv 1(14401 s · texte numérisé non relu

Zlircst'iiiiatlinj tclicqiic, jv 1(14401 s

::. i4i)li. Ce s<iiit les propres paroles de N'chehrd.

.î. Nicolas Konatch de Hudichtkov, 7 134G, traduit la chronique bohème d'.Eiieas Sylvius, i3io, — revue et corritjcc par Veleslavin i583, — desdialoijuesdc Lucien, etc. Ulrich \'clcnsky de Mnichov, -j- après i532, pulilie des lraduction^i de Lactance, Krasnie, Marsilc Ficiii, etc. Jean Tcheska: le livre des anciens sages, vers 1 3oo. Ciréjioirc Hrouby de Jelen, -|- i 314: traductions de Pétrarque. \'alla. Pontanus, diverses œuvres de Ciccrou, saint Basile. s.iini (l\prien.

LA LANort: Tr.HlCniF.

l'clégancc, au charme du grec; par les divers ornements du style, par la meilleure composition des mots, elle depasse le latin, qui n'arrive pas ou n'arrive qu'à grand peine à suivre le grec. Je n'ignore pas que le latin a été plus travaillé et ennobli par le travail de ses écrivains, mais je parle de la nature, de l'essence des deux langues. Si les anciens Tchèques avaient travaillé avec autant d'ardeur que jadis les Romains à développer leur langue, le bohème serait beaucoup plus riche et plus abondant que le latin. »

Tant de patriotisme eut sa récompense; de ce long labeur et de ces eflbrts obstinés sortit la langue du xvr siècle, si souple, si sonore, d'une si noble allure; lors de la Renaissance contemporaine, les écrivains qui ont réagi contre la barbarie du win' siècle et rendu une littérature et une langue à la Bohème, se sont formés à l'école des écrivains de cette période; parle style comme parle cœur, ils sont les disciples de Vchehrd et de ses émules. — La première condition pour l'éclosion d'une grande époque littéraire, c'est que la forme ait atteint un certain degré de perfection, mais ce n'est qu'une condition ; au moment où elle fut écrasée, la Bohême était à peine en possession de l'instrument, le temps lui fut refusé pour s'en servir.

Personne ne pouvait soupçonner encore combien les jours de vie étaient strictement comptés au peuple tchèque. Les pressentiments de Vchehrd ne s'appuyaient sur rien, et la sollicitude qu'il déployait pour défendre et enrichir la langue, pouvait paraître au moins exagérée : jamais, en effet, l'indépendance nationale n'avait semblé moins menacée, et le triomphe du slave n'avait été plus incontesté.

Depuis la Bulle d'or (i356), la Bohême, où la suzeraineté impériale a toujours été fort douteuse en droit et nominale en fait, formait un royaume absolument souverain. Charles IV avait tranché en sa faveur toutes les questions controversées : le roi rend et fait rendre la justice de sa seule et pleine autorité; les habitants ne peuvent être cités devant aucun tribunal étranger; tout appel aux tribunaux de l'Empire est nul de plein droit, et l'appelant est

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puni ipso fado par la perte de son procès. Les résolutions des diètes et les ordonnances des Empereurs ne sont pas exécutoires en Bohème ; l'Empereur n'y convoqutt jamais de diète, n'y possède aucun domaine, n'a pas le droit de pénétrer sur son territoire; le roi nomme à tous les fiefs, dispose des bénéfices ecclésiastiques; l'investiture qu'il reçoit s'applique non à la couronne, mais à l'Electorat, et l'Empereur ne contrôle ni ne confirme l'élection du souverain. — Le litige qui avait duré pendant plusieurs siècles, était donc résolu définitivement ; la Bohème était absolument autonome et indépendante; les Empereurs germaniques, après avoir réduit peu à peu leurs prétentions, avaient abandonné jusqu'à toute pensée de revanche. Ils avaient bien assez d'affaires sur les bras sans aller encore se compromettre avec ces Slaves qui n'avaient pas en général porté bonheur à leurs prédécesseurs, et leur ambition, fort modeste, allait désormais, non pas à étendre leur intluence de l'autre côté des montagnes, mais à se défendre contre l'ingérence des rois tchèques dans la politique allemande. Lorsque Maximilien créa le tribunal d'Empire (i49'2) et les Cercles (i3i2), il ne fit aucune mention de la Bohème : elle ne payait pas d'impôts, ne fournissait pas de soldats, ne parlait pas la même langue; à quel titre la rattacher à l'Empire? Le seul lien qui existât entre les deux pays, tout personnel et intermittent, était le droit du roi de Bohème à prendre part à l'élection des Empereurs : à plusieurs reprises, les souverains et les princes allemands essayèrent de le rompre ; les Tchèques protestèrent, ce qui n'était pas d'une inspiration très heureuse : ils voyaient dans leur privilège un titre d'honneur, des occasions de gain et un moyen d'étendre leur infiuence à l'étranger, et d'ailleurs c'était une prérogative sans contre-partie, un droit qui n'entraînait pas de devoir; ils se maintinrent dans cette condition anormale, continuèrent à revendiquer le privilège de donner des chefs à un Empire dont ils ne subissaient plus l'autorité.

Le désarroi croissant de l'Allemagne, les troubles politiques et religieux, l'affaiblissement du pouvoir central

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