‹ Georges de PodiébradChapitre 169 sur 183 · Actes de la v. de Pl^en, i5oo. Cité par Sabina, p · texte numérisé non relu

Actes de la v. de Pl^en, i5oo. Cité par Sabina, p

406 PHOGUKS nr, I.A NA I If)NALri i: K.lli.QI i:

mierzitsc (Lcitmeritz), Khroudim, Litoniychl, sont redevenues slaves. A Ousti sur l'Elbe ;Aussig), le conseil iniinicipal est encore purement allemand en 1443, et toutes les chartes, jusqu'à celle par laquelle Podiébrad, en i43i), confirme les privilèges de la commune, sont en allemand ou en latin. — Depuis 1469, tous les documents otliciels sr^nt en tchèque; cela dure jusqu'en 1628, et la population oublie l'allemand avec une extrême rapidité '. — La commune de Koutna-Hora décide, en 1470, que les conseillers sortant de charge ne devront pas présenter pour leurs successeurs des étrangers ou d'autres personnes hostiles au calice; résolution d'autant plus remarquable que Koutna-Hora avait toujours passé pour un des centres les plus complètement soumis à l'inlluence germanique et qu'après les Compactats, d'assez grands efforts avaient été faits par Sigismond pour y rappeler les Allemands. Dans la région des Monts Métalliques, Teplitse reste tchèque jusque vers la lin du xvi'^ siècle. Des villes qui sont aujourd'hui en plein territoire allemand, où l'on n'entend que par hasard un mot tchèque, sont alors ou complètement slaves ou sérieusement entamées par l'immigration: ces progrès sont sensibles surtout dans le nord et le nord-ouest qui forment aujourd'hui la forteresse des yVllemands de Bohème. Cheb même, Cheb (Eger), qui n'est pas cependant encore définitivement réuni à la Bohème, mais garde son autonomie et ses institutions spéciales et que rattachent à l'Empire sa situation et des relations constantes, très hostile longtemps aux hérétiques, renferme une importante minorité tchèque et est au moins une ville mixte : de même à Khomoutov (Komotau), à Karlovary (Karlsbad), où l'atlkience des étiangers ne suffit pas à compenser l'impulsion générale; Machtiov, (Maschau), à l'ouest de Zatets, est peuplée d'hérétiques qui ne parlent que le bohème et au milieu desquels se perdent quelques étrangers. Les contrées de Przimda (Frauen-

I. Guiil. Fcistner, Gcsch. dcr Konigl. Stadi Aussi^ bis /uni .lahrc 1.^47. — Reichcnbcrii i8y3.

PROGRl':S 1)K LA NATKJNAI.ITi; TCHKQUIC 407

bcrg), Takhov, Plan,Tepl, Boukhov, Kadan, n'ont pas encore été occupées par les colons allemands ; vers le sud, la ligne de séparation des deux nationalités est beaucoup plus éloignée de Prague que de nos jours : Khrounilov et Nové-Hradv (Gratzen) sont tchèques, et les contreforts de la Foret de Bohème ne seront peuplés par les Bavarois et les Autrichiens que beaucoup plus tard '.

Les étrangers ne se risquent pas^ sans hésitation dans un pays dont l'opinion publique leur est franchement hostile; ils ne se hasardent qu'en compagnie d'un interprète -. Lorsqu'ils ont franchi la frontière, ils croient pénétrer dans un autre monde. Le rédacteur des Archives du Conseil de Gœrlitz oppose sans cesse la Bohème à l'Allemagne, u Lorsque je revins en Allemagne, après mon séjour en Bohème, nous dit-il, mes habitudes, mes vêtements, nies longs cheveux blonds que je soignais comme les Tchèques et qui flottaient sur mes épaules et presque jusqu'à ma ceinture, me donnaient l'air d'un barbare et presque d'un païen. »

Les Tchèques ne se contentaient pas d'une possession de fait, les lois sanctionnaient leur triomphe et les protégeaient contre toute surprise. Le slave est désormais la seule langue oHicielle. Dès 1480, la diète de Moravie ordonne que les actes insérés dans les Tables du pays devront être écrits en tchèque. En 1492, la diète provinciale de Kralové-Hradets demande que l'on établisse la même règle en l>ohême pour évitei" les confusions et les erreurs. La pro-

I. Les Allemands occupent déjà la contrée comprise entre Cheb (Éger), Kynzwart, Ostrov(Schlackenwerd), Hrozniétiii (Lichtenstadt), Przisetchnitsc (l'ressmi/.j et Khoinoutov, la chaîne des Munts Métalliques jusqu'à Kœnigstein, (qui lait lougicmps partie de la Bolièmc), le Niederland ou le bassi'n de la Neisseet les contreforts du lechtied (Jcchkci:), d'importants ilôts vers la frontière de la Moravie, en particulier la contrée de Niémetsky-Brod (i)euisclibrod). C'est à peu près ie seul point sur lequel les territoires allemands soient au)..Lird'liui moins étendus (pi'au xv siècle. — Cp. Cholts, La Salinnaltté tchèque, Prague 1881 ; l'.endi , Die Deutschen in liœhme».

■J. liut/.hach, Chniiiica riiirs /[jliiciidcii Sdiiilcrs, Ralisi>.,nnc ini'm,

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position, communiquée aux autres assemblées provinciales, est accueillie avec enthousiasme et transformée en loi par la diète de 1496 '. Dans les tribunaux, le tchèque est la seule langue admise, et il n'est ûiit aucune exception même pour les étrangers ^ En i5o5, les comtes Schlick, très hostiles à la nationalité slave, essaient de protester, veulent se servir de l'allemand dans un de leurs nombreux procès ' on leur répond qu'on ne saurait donner suite à aucune affaire qui n'est pas introduite en tchèque. Dans les discussions de la diète, les actes diplomatiques, les relations avec les provinces annexes, le tchèque est seul employé; les privilèges accordés aux villes sont rédigés en slave, même quand la majorité de la population est restée allemande. En i5i6, les représentants de Breslau et des six villesdeLusace demandent qu'on leur traduise un document tchèque ; les seigneurs s'y refusent absolument : ce n'est pas la coutume, répondent-ils à toutes les doléances. Leur susceptibilité, quelque peu intolérante, les entraîne quelquefois à de périlleuses maladresses; lorsque, en 1647, ils sollicitent contre Ferdinand P"" l'appui des Silésiens, dont ils connaissent cependant les sentiments slavophobes, ils leur écrivent en tchèque, ce qui ne dut certes pas contribuer à leur gagner les sympathies de Breslau.

C'est en tchèque que le roi prête serment, en tchèque qu'il doit présenter ses demandes aux États. Les indigènes seuls arrivent aux bénéfices ecclésiastiques. Comme la diète s'est réservé le droit de conférer l'indigénat, elle est sûre de ne pas être envahie par les étrangers. « Les étrangers ne doivent occuper aucune charge publique, de la première à la dernière, écrit Vchehrd, ils ne doivent pas même être tolérés dans le pays. C'est ce qui s'est passé sous nos rois à la sainte mémoire, sous le bienheureux et saint Spytihniev, sous Brzetislas son père, sous le bienheureux et saint Sobieslas, et sous d'autres princes et rois postérieurs,

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