Constitution de Vladislas, art
PHOGRKS DE I.A NATIONALITK TCHKQUE 4O9
comme le prouvent les chroniques; les étrangers doivent être chassés du pays; chaque prince a pu constater la vérité de ce que disait Kojata, au nom de tout le peuple, à Vratislas, notre premier roi : tu as de tes Tchèques et de tes hommes l'honneur, mais des Allemands et des autres étrangers tu n'as que le mensonge. Car aucun étranger ne vient en Bohême pour le bien de l'État, mais pour son propre gain, et pourvu qu'il fasse sa fortune, peu lui soucie le bien public ' ».
Cet ensemble de dispositions est complété par les lois qui règlent la transmission des propriétés : le roi ne peut aliéner aucun de ses domaines sans l'autorisation de la diète; il est défendu à tout habitant de vendre à un étranger des domaines, terres, villes ou châteaux, à moins d'une autorisation spéciale des Etats; l'étranger qui s'aviserait d'enfreindre la loi, serait purement et simplement évincé, et le domaine reviendrait au roi ; l'autorisation de la diète ne sera donnée que si l'acquéreur jure qu'il n'a pas d'autre seigneur héréditaire que le roi de Bohème et promet de se soumettre aux lois.
Les écrivains allemands protestent avec indignation contre ces ordonnances, crient à la persécution et à la barbarie. « Si l'histoire, s'écrit dramatiquement M> Schlesin^ ger, demandait une expiation pour les cruautés qui sur les bords de l'Elbe et dans l'Allemagne du nord ont acconripa-' gné la dénationalisation des Slaves, les Allemands de Bohême au xve siècle, saignants de mille blessures, l'ont largement payée -. » Ces déclamations ne doivent pas nous émouvoir outre mesure : heureux les Polonais de Posen, pour ne parler que d'eux, s'ils n'avaient jamais connu d'autre tyrannie! La législation tchèque, relative aux étrangers, est sans doute opposée aux doctrines libérales qu'a répandues la Révolution française, et qui d'ailleurs sont aujourd'hui si tristement contestées; mais elle ne pré-