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l".t pdiiruiiii Paul conseiA ail sur ('iC(>i;i:,cs un terrible a\anlaL;e, et toul le uioiuie le sejilail, le pape, le l'oi, les lieutl'es.
(hra\ait-il, lui, p^ur reienii' les pi'inees \(»isins dans son alliane'e ou dans la neutralité: — ('ne theofie, des iiiots, la solidaiite tles lois en lace des usurpations thecKi'atiques ; Cette Considération niorale renipoftei'ait-elle toujotn's sur la fiche prinie *.|LrolVrait la (AU'ie ; la Hohenie a qui detf(')neia rheretic|Ue: 11 \iendiait lorcenient un moment où Ta- \entiu'e tentei.iit quelque ambition. (]e qti'il }■ a d'étonnant, ce n'est pas qu'un pieteiidant se s(jit pi'éscnté pour executei' les hautes (eu\ les de la couf pontiticale, c'est que ce pfetendant ait ete si loni; a rencontrer. 11 faut que la cfainte qu'inspirait la puissance de (jcoi'ges ait été bien \ive, sa viirilance et son habileté diplomatiques bien lemai'qtiables pour que, pendant plusieurs années, personne n'ait essa\ é de mettre la main sur le splendide héritai^e qu'on avait déclaré oii\ert. Pour le moment il était tranquille du côte de l'extérieur, mais l'état des esprits en Bohême cornmencait a lui causer quelques inquiétudes.
(ifàce a la paix et a l'ordre que le roi a\ait maintenus, la prospérité du pa} s était grande. Pn mémoire de Marini nous apprend que Georges lui a\ait demandé un projet pour améliorer les monnaies, augmenter le rendement des mines d'or et d'argent, accroître les ressources financières du souverain et développer le commerce. Les mesures que propose Marini ne sont, en gênerai, ni bien nouvelles ni très heureuses '. mais les questions du l'oi nous apprennent de quelle manière il entendait son metiei' de prince, et quel large intérêt il p()rtait a totis les besoins de son peuple. Plus d'ailleurs que des («rdonnances spéciales, le rétablissement des tribunaux, la sécurité des routes, l'apaisement des esprits a\aient ramené le tra\ail et la richesse. Les traces des guerres ci\ iles s'elVaçaient rapidement. P'P;niversite, en complète décadence depuis la Révolution, avait
1. I.c iiiciiKiirc de Mfiniii a ctu pul^liij dans le \'%-hor litcr. sfa> otclicskc,
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retrouvé un peu d'activité et d'animation, bien que l'intolérance des calixtins en eût bientôt éloigné de nouveau les catholiques '.
Une des suites les plus fâcheuses de l'hérésie avait été de séparer la Bohême du reste du monde, et cela au moment même où le souffle de la Renaissance fécondait les esprits et où fermentait une civilisation nouvelle. Les Tchèques fuyaient les universités étrangères où ils étaient suspects et mal vus ; les relations intellectuelles avec les autres contrées étaient difficiles et rares; ils s'enfermaient dans un isolement farouche, s'absorbaient dans des discussions théologiques, et leur activité s'épuisait dans des luttes dogmatiques, quelquefois sans grand intérêt. Malgré ces entraves et bien que l'époque ne soit certainement pas riche en œutres supérieures, l'influence du gouvernement de Georges se manifestait jusque dans la littérature. La théologie perdait du terrain : un certain effort se marquait pour se dégager des travaux trop exclusifs où s'était si longtemps épuisée toute l'énergie cérébrale des Tchèques. Quelques catholiques rapportaient de leurs voyages ou de leur séjour en Italie le goût de l'antiquité et le propageaient autour d'eux. iEneas Sylvius, qui avait été le précurseur de l'humanisme en Bohême, était resté jusqu'à sa mort en correspondance avec quelques-uns des érudits tchèques les plus distingués, entre autres Procope de Rabenstein. A l'Université, maître Grégoire de Prague expliquait et commentait Virgile, et parmi ses auditeurs se trouvaient deux hom-^ mes, destinés à une célébrité fort inégale, mais remarquables l'un et l'autre par la largeur de leurs idées et l'étendue
1. De 1420 à i4"o, pendant dix ans, il n'y bacheliers; de 1430 à 1433, sept bacheliers e de l'Université avaient été usurpés ou eneai
'y a pas une seule promotion d-:
en tout. Presque tous les biens . - — irpés ou engagés. Les facultés de droit, de
théologie et de médecine avaient presquecomplètement disparu. Sous le gouvernement de Podiébrad, il y a quelque amélioration, malheureusement bientôt arrêtée par les querelles religieuses. Les catholiques de l'Université curent plus d'un tort; là aussi, Georges paraît s'être efforcé de tenir la balance égale entre les deux partis et de s'opposer aux mesures intolérantes. Cela ne lui fut pas toujours possible. (Tomek, Gcsdi. Pragcr Univ., p. 124 et sq.)
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de leurs connaissances, "Victor Cornélius et Jean Chlekhta de A'chehrd. Le mouvement était encore très restreint, assez. indilVérent, pour ne pas dire plus, au grand public; les belles-lettres, la littérature proprement dite étaient même tout a tait misérables : mais il faut se garder d'en conclure il un affaiblissement de la puissance créatrice tchèque pendant cette période et à la décadence intellectuelle de la nation.
Tous- les moments ne sont pas favorables a l'éclosion des grandes œuvres littéraires. Les productions de preniie'- ordre, celles qui chlirment les générations futures par leur beauté sublime et sereine, demandent pour naître le calme et la paix; pour que les doctrines se résument dans une de ces théories définitives qui provoquent et fixent l'attention, il faut qu'elles soient sûres du lendemain et n'aient pas il lutter pour l'existence; l'histoire n'est possible que quand le combat est terminé et les haines éteintes. Le caractère distinctif de l'époque de Georges, c'est d'être une époque militante. Elle n'a ni poètes, ni historiens : elle a des orateurs, des pamphlétaires, des satiristes.
Le xx" siècle en général n'est pas une époque de création définitive, mais de préparation. Partout la lutte pour se dégager de traditions surannées, le besoin de pensées et de formes nouvelles. Tandis que les humanistes se m.ettaient il l'école de l'antiquité, demandaient aux Grecs et aux Romains le secret de la beauté esthétique, les Tchèques se livraient il l'examen de quelques-uns des problèmes philosophiques ou politiques qui, sous une formule ou sous une autre, n'ont cessé de s'imposer aux âmes. Quel que soit le drapeau qu'ils suivent, utraquistes comnie Rokytsana et VenceslasKoranda, mystiques comme Kheltchitsk}', ultramontains comme PaulZidek et Hilaire, politiques tels que Jean de Rabcnstein et Guillaume de Rabi, ils mettent à la recherche de la vérité une passion sincère et une raison hardie. Qu'ils écrivent en latin ou en tchèque, — ce qui devient un usage toujours plus fréquent, — ils représentent avec une singulière audace et une curieuse précision les so-
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lutions di\ crscs que l'on peut adopter dans ces redoutables et graves questions des rapports de l'Eglise et de l'Etat, de la libre recherche, des droits de la conscience.
Et, ce qui fait l'extrême intérêt de cette période, c'est que les débats ne sont pas circonscrits entre quelques savants. Le premier résultat de la réforme religieuse a été de faire descendre la philosophie de la chaire : il a fallu s'adresser a la discussion publique, à la conviction individuelle. Certes, ces polémiques théologiques nous paraissent bien creuses aujourd'hui et fastidieuses. Mais n'oublions pas que c'est le premier éveil public de l'esprit d'examen, le premier exemple d'une nation qui cherche et qui pense! Jusqu'alors on avait cru et obéi; maintenant on réfléchit et on choisit. C'était un des griefs principaux des Catholiques que cet appel au peuple en matière de foi, et l'évèquc Jost de Rosenberg condamnait vertement ces hommes « qui veulent transformer tous les Hdèles en docteurs, au lieu de suivre l'exemple de l'Eglise : elle leur apprend seulement les choses qui leui" sont nécessaires », et ils ne s'aperçoivent pas « que ceux qui sont trop instruits deviennent des incrédules'. " A'aines protestations et regrets superflus! Certains principes, une fois proclamés, sont invincibles, et leurs conséquences se développent avec l'irrésistible puissance d'une force naturelle. Une des séductions les plus redoutables de la liberté, c'est que ceux qui la combattent sont obligés de se servir d'elle. Les Catholiques, pour conserver leui's partisans, invoquaient à leur tour leur jugement, suivaient leurs adversaires sur leur terrain de polémique, et devenaient ainsi malgré eux les agents de l'alFranchissement général.
De la le très rapide développement de l'imprimerie en Bohème, si rapide que quelques patriotes tchèques ont revendiqué pour leur pa)'s l'honneur de l'avoir inventée, et vu dans Gutenberg, Jean de Kuttenberg. Dès 1468, on imprimait à Plzen une Chronique de Troie, et avec une telle