Kachniaiiii, Rciclisfrcsch.. p. 1)3 et i)<S
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mis du roi. Après l'abolition officielle des Compactats, il essaya d'entraîner tous les partis dans un effort patriotique commun; les Catholiques ne répondirent pas à son appel, mais se renfermèrent dans une réserve pleine de menaces. Dès qu'ils ne lui apportaient pas un appui sans arrière-pensée, les plus graves complications étaient à craindre, et la prudence la plus élémentaire ordonnait de prévoir une révolte et de s'y préparer. Sans bruit, mais avec sa décision habituelle, Georges s'assura les moyens, sinon de la prévenir, du moins de la réprimer. Les châteaux royaux furent mis en état de défense et leurs garnisons augmentées; les capitaines suspects, remplacés par des officiers sûrs; les principaux postes, confiés à des utraquistes éprouvés ou à des amis personnels du roi.
De toutes les provinces de la couronne, la Silésie était la plus agitée et la plus douteuse. Une expédition heureuse contre Breslau aurait eu de grands résultats, et le succès était possible. La ville, très populeuse, très riche, protégée par des remparts derrière lesquels elle brava plus d'un assaut, n'aurait peut-être pas résisté cependant à une attaque sérieuse. Le gouvernement était passé aux mains d'une démocratie plus turbulente que constante et moins héroïque que bruyante. A la moindre apparence de danger, l'effarement succédait aux rodomontades. Georges reculait devant une exécution, pris de pitié à la pensée de ruiner la seconde capitale du royaume '. Puis il savait que le pape recourrait aux mesures extrêmes pour sauver Breslau et que l'entrée de son armée en campagne serait le signal d'une guerre générale. Ici encore, la temporisation ne fut-elle pas une imprudence? N'aurait-il pas été plus sage d'accepter le combat au moment où toutes les conditions extérieures étaient favorables et avant que ses ennemis fussent prêts?
I. Cette pitié du roi nous est confirmée par une lettre de Hcimbourg : « Sed quia Siesia principatus est rctini Bohtmiae et \'ratis!a\ ia secunda scdcs regni nuncupatur, nialuit rex pietate notari quant crudciitatis insimulari. » (Palatsky, Urkioidenbtich, ShSi. U ne faut pas cependant oublier que Hcinibourg peut bien aVuir nu peu exagéré les -icrupules du r<'i.
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Il est pennis de le penser. Quoi qu'il en soit, Georges préféra à la conquête violente de la province une invasion en détail, une prise de possession lente, étendit ses domaines, occupa a peu près toute la Silésie supérieure et occidentale, enserrant la capitale dans un réseau de châteaux-forts, avec l'espoir que cela lui donnerait à réfléchir et la dégoûterait de ses projets belliqueux. En même temps, en Bohême, toute tentative d'insubordination était impitoyablement réprimée. Sur ce point le roi était inflexible, bien résolu à maintenir ses droits et à briser toutes les résistances. Le pape, toujours à l'affût de tout ce qui pouvait affaiblir le monarque hérétique, encourageait les révoltes et prenait les rebelles sous sa protection, sans souci de leur\aleur morale ou de la justice de leur cause. .Mais le roi était ici sur un terrain solide et bravait fièrement les menaces.
La terrible peste qui ravagea la Bohême de i4()3 à i4<)4, fut une nouvelle source de conflits entre le roi et les nobles. Les morts nombreuses avaient éveillé bien des convoitises; les seigneurs réclamaient certains domaines : le roi se les adjugea; la tutelle de riches héritiers : il la retint.. De tous ces seigneurs, aucun n'était plus avide queZdéniek de Sternberg, et aucun ne fut plus irrité des refus du roi, parce qu'il le regardait comme son obligé et son débiteur. L'union entre eux avait été longtemps intime : en iqStS, Zdéniek avait été le premier à s'agenouiller devant Georges en lui donnant le titre de roi, et son exemple avait entraîné l'assemblée. Pendant longtemps il suffisait que Gcorgi^s préiendit qu'une chose était blanche, et c'était de la neige, qu'elle était noire, et c'était un corbeau. On pouvait prévoir que cette cordialité ne serait pas éternelle. Très jaloux de ses privilèges, possesseur de biens immenses et toujours hanté du désir de les arrondir, Zdéniek représentait, en effet, en face de l'idée nationale, l'idée féodale. Il était catholique, mais plus ambitieux que fanatique, et la religion ne fut pour lui qu'un moyen et un prétexte. Son influence, son audace et ses richesses en faisaient le chef naturel des mécontents.
Au printemps de iq'o, une certaine agitation se mani-
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festa dans le pa}'s. Quelques seigneurs catholiques tenaient des conciliabules, parlaient de leurs droits menaces, des libertés du ro3'aume violées. D'abord très peu nombreux, — ils n'étaient encore que cinq lorsque pour la première fois ils exposèrent leurs griefs à la diète (Prague, 1465), — ils étaient seize à la fin de l'année. Ils n'entraînèrent pas tous les Seigneurs, ni même toutes les familles catholiques, mais ils se trouvèrent assez puissants pour former une ligue qui se donna pour mission de défendre les privilèges du pa3's contre les usurpations ro3'ales (28 novembre): ce fut l'Union de Zéléna-Hora (Griinbcrg' '. C'était un symptôme grave et une complication redoutable! Le point d'appui que le pape avait vainement cherché dans les Etats voisins, il le trouvait maintenant en Bohème. Les Ligueurs eurent grand soin, il est vrai, de séparer leur cause de celle de Paul II, de n'inscrire sur leur drapeau que le mot : libertés publiques. Ils conservaient ainsi l'espoir d'entraîner les Seigneurs calixtins, évitaient surtout, ce qu'ils redoutaient fort, la défection et peut-être l'insurrection de leurs propres sujets utraquistes; puis, en conservant une attitude indépendante de Rome, ils comptaient se faire payer plus cher leur alliance. En somme, cette distinction importait peu. Il était fatal que, dans un temps plus ou moins rapproché, l'accord se fît entre tous les ennemis de Podiébrad; les mécontents politiques iraient se perdre dans le gros des troupes catholiques. L'intérêtévident duroi était de traiter avec ses adversaires. Aucun sacrifice n'aurait dû lui paraître trop dur pour étouffer dans son germe une révolte qui, si on ne la coupait pas dans sa racine, allait se répandre rapidement et mettre en péril l'existence même de la monarchie. Seulement il ne suffit pas qu'une entente soit désirable, il faut encore qu'elle soit possible -. Était-ce le cas ici? Quelles étaient les visées