‹ Georges de PodiébradChapitre 44 sur 183 · V2 PROGRICS DE L AITORITK ROYALE · texte numérisé non relu

V2 PROGRICS DE L AITORITK ROYALE

sent sur eux. ». Goorges de Podiébrad, dont les ancêtres ne comptaient pas parmi les familles les plus influentes et les plus riches du pays, était lié à la plupart des grandes maisons par des liens de parenté très étroits, et ces alliances ne lui furent pas inutiles pour arriver au pouvoir. Après la mort de Ladislas, il ne trouva aucune opposition du côté des seigneurs. Furent-ils décidés par des promesses spéciales? C'est possible. Mais en principe, pourquoi auraient-ils été contraires à l'élévation au trône d'un des leurs? Quel meilleur moyen d'assurer leurs usurpations? C'était le dernier mot de la révolution féodale et son couronnement.

Ils avaient compté sans leur hôte. Georges avait un trop vif sentiment de ses devoirs de roi pour laisser péricliter entre ses mains l'autorité qui lui avait été confiée. Il s'appu3a sur les Chevaliers et les villes et écarta de plus en plus les Seigneurs, Pour rendre quelque crédit à la ro3'auté, il recourut aux seuls moyens possibles alors, les mêmes précisément qu'employa au siècle suivant le restaurateur du pouvoir central, le frère de Charles-Quint, Ferdinand F''". II choisit en général parmi la petite noblesse ses conseillers, nationaux ou étrangers, étendit les attributions du Conseil aulique et du Tribunal de la cour, qui relevaient exclusivement du souverain, au détriment du Conseil et du Tribunal du pa\"s qui ne dépendaient que de la diète et où les Seigneurs étaient en majorité ; surtout il s'efforça de reconstituer le domaine de la couronne. Tandis, en effet, qu'il fallait un vote des Etats pour lever un impôt public ou assembler l'armée nationale, le roi était seul maître des revenus des propriétés ro}ales et les administrait à sa guise. Dans une société que dominaient encore les idées et les habitudes du moyen âge, les ordres du souverain n'avaient quelque chance d'être écoutés, que s'il était d'abord le plus grand seigneur, c'est-à-dire le plus riche propriétaire du pays. Après les dilapidations du dernier demi-siècle, la tâche de reconstruction n'était pas aisée; il .s'y employa fort activement, peutêtre avec une hâte un peu impatiente. Il alla à plusieurs reprises jusqu'à la limite de son droit : il lui arriva de rete-

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nir des biens sur lesquels ses prétentions étaient peu justifiées par les anciennes coutumes, de refuser aux seigneurs, malgré la tradition, la tutelle des orphelins riches, leurs parents; ils y tenaient fort, car, suivant les usages tchèques, si le pupille venait à mourir, l'héritage appartenait au tuteur. Ce s\'stème, appliqué assez àprement et suivi avec beaucoup de constance ', permit à Georges de réunir en quelques années des possessions considérables. Son autorité s'était accrue en raison directe de ses richesses, et il pensa qu'il était assez solidement assis sur son trône pour fonder une dynastie et briguer la couronne pour son fils. La logique des circonstances l'y poussait, et son patriotisme l'y exhortait. L'histoire nous apprend à quelles destinées sont réservées les républiques oligarchiques, et les souvenirs du dernier interrègne étaient trop récents pour que la majorité de la nation ne redoutât pas de voir se rouvrir l'ère des discordes civiles et des compétitions au trône.

Il n'en est. pas moins vrai que les Seigneurs étaient fort mécontents et avaient quelque raison de l'être. En consentant à l'élection de Georges, ils n'avaient certes pas cru se donner un maître. Cet homme qui prétendait les traiter comme des sujets, qu'était-il, sinon l'un des leurs? Ce pouvoir, dont il abusait, de qui l'avait-il reçu, sinon de leur choix? Ils l'auraient volontiers flétri comme un renégat de la noblesse, et ses prétentions leur paraissaient odieuses et ridicules. De bonne heure, ils s'essayèrent à. l'opposition, d'abord timidement, avec plus de résolution quand les relations avec la papauté se tendirent. En 1461, quelques seigneurs avaient refusé de suivre le roi dans une expédition qu'il avait annoncée, et le bruit courait en Allemagne qu'une insurrection était imminente en Bohème -, Ces projets n'aboutirent pas : Georges était très populaire, très énergique, et on ne se risquait pas volontiers contre lui. Bientôt les nouvelles de Rome rendirent quelque espérance aux enne-

1. Ainsi s'expliquent les iicciisalioiis d'avielité et d"avarice.

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