Cp. Grûnhagen, Gesch. Selilèsitins, I. p. 338 et
TCHEQUES ET MAGYARS 13.''
sinon un danger, au moins un embarras. Symptôme plus grave : les catholiques, qui étaient demeurés soumis au roi jusqu'alors, étaient de plus en plus troublés dans leur conscience, et la résolution des plus hardis n'allait qu'à ne pas prendre les armes contre lui, mais non à le secourir. Cette timidité s'emparait aussi des autres princes, et, si les mieux disposés risquaient encore quelques observations a Rome, il n'avait à compter sur aucun secours effectif.
Même dans ces conditions si inégales, Georges soutint sans désavantage l'assaut de la coalition catholique, et, à le voir ainsi balancer la fortune, on se prend à regretter qu'il n'ait pas cru devoir accepter plus tôt le combat et que ses lenteurs aient laissé à ses adversaires le temps de s'organiser et de se renforcer. Mais, d'autre part, ses tergiversations semblent naturelles et se justifient, dès que l'on pense à la violence des passions déchaînées et aux épouvantables souff"rances du pa3's. Il ne lui était plus possible d'empêcher l'invasion de la Bohême, et les bandes hongroises, renouvelant les fureurs des croisés, ruinaient le pays pour se consoler de ne pas pouvoir le conquérir. Même à ce moment-là d'ailleurs, en dépit des justes colères provoquées par tant de dévastations et d'atrocités, il. songeait à un compromis, le désirait, l'attendait. Il ne croyait pas surtout à une guerre sérieuse avec Mathias, ne voyant dans son défi qu'une folie de jeune homme. Il gardait dans un coin de son cœur un peu de tendresse pour ce roi qu'il avait si longtemps appelé son fils. Pendant l'hiver de 1469, Mathias s'était imprudemment aventuré en Bohême : il fut surpris dans une position désavantageuse et cerné par l'armée hussite beaucoup plus nombreuse, près de Vilemov. Les Hongrois, aff'aiblis par les privations et le froid, étaient perdus; les Tchèques brûlaient d'impatience de venger leurs souf" frances sur « l'ennemi de la patrie » ; de toutes parts accouraient des pa3'sans, armés de faux, de fléaux, de haches, de pieux. La désillusion et la tristesse furent extrêmes quand on apprit que le roi signait une trêve avec les Hongrois, leur accordait une libre retraite, sans même exiger un traité,