‹ Georges de PodiébradChapitre 56 sur 183 · I. Tomck, VII, p · texte numérisé non relu

I. Tomck, VII, p

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Rodolphe de Lavant, qui a\ait remplacé .lost de Rosenberg coiiune L'vèque de Breslau, personnellement atteint par la ruine de ses domaines, se repentait oLi\ertement de ses conseils be]lie]ueLix ; il n'ani'ait jamais pousse le pape a tme iiiptLire, s'il avait connu la loi-ce \éritable des hérétiques. La tei'ieur lui inspii-ajt une mansuétude inattendtie : VV.vangile, disait-il, ne demande pas la moi"t du pécheuf '. A Breslau même, le commeice ai'iété, les relations intenompues, les alertes continuelles avaient sini^uliéremeni attiédi les premières ardeurs -.

En Bohème, le zèle de l'administrateur catholique ét.n't paralysé par l'indiflerence générale, et ses menaces pro\oquaient quelquefois une résistance ouverte : les nt)bles utiaquistes chassaient de leurs domaines les prêtres qui s'entêtaient à exécuter les ordres d'Hilaire. Les seigneurs rebelles, très fatigués, se reposaient volontiers sur AUithias du soin de mener à bonne fin l'entreprise, regrettant déjà au fond de l'âme le roi qu'ils avaient trahi. Au dehors, Topinion, un moment ébi^mlée, revenait à Podiébrad : son énergie et ses succès l'entoui'ajent d'une sorte d'aLn"éole. Une politique bien entendue n'ordonnait-elle pas de le sou tenir conti"e un adversaire dont on connaissait le peu ^le scrupules et dont le triomphe, en réunissant la Bohême a la Hongrie, aurait compromis l'équilibre de TKurope orientale.-' Quelques princes de l'Kmpire a\ aient conser\é a\ec (reorges des relations très aniicales : ils JLigèreni le moment

I. Kschciiloer, cd. latine, 217. Cp. druiihagcn, p. '.^2?. Haiis une rcimiim a Trcbiiitz, janvier 1471, on se lamentait, el un des conseilleis dei^laia ipi'il fallait se SDiiniettre à la volonté, des dieux el aux planètes qui coniinand;iieiU il la destinée des honiines. ■■ 1 ..lisse/.-nioi donc tranqin'lle avec \(>s planètes, réjiliqua le tiuc d'd'lls : s'il n'\ ;i\ail pas eu seulement ces deux maudites planètes de l'reshui, le j^iieur Jean Duster et le chantre Nie. Tempelteld ! V'oilii les planètes du tliable qui ont empoisonné la patrie. » -- (tétaient les deux démai^ogiies ijui avaient été les principaux instigateurs de la i^uerre ci\ile.

1. Les ennemis les plus achaiMics tle l'odiébrad Commeni;;iienl enx-meuies à être t^agnés par le tiécouragement général. « Ah ! seigneur, s'écriait lenipcU'eld, qui eût pensé que la puissance des hérétiques fût si grande! » Les prédicateurs qui, jusqu'alors, avaieni lonjours poussé aux mesures cxlrcnies. recommandeiU (.lésorm:iis l:i modération ei le calme.

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venu de reprendre leurs projets d'intervention. Les princes saxons envoyèrent au pape une ambassade, et les dispositions de la Curie semblèrent beaucoup moins hostiles. Un des cardinaux avait même eu le courage de prendre en main la cause du réprouvé, et Paul II n'opposa pas aux médiateurs une fin de non-recevoir absolue ; il avait été évidemment étonné de la défense de Georges. Bien que son intelligence fût trop courte pour qu'il se rendît précisément compte du discrédit que causait à l'Église une lutte trop longtemps indécise et dans laquelle le beau rôle était certainement du côté des hérétiques, il était tourmenté par une vague inquiétude. Quel serait son embarras si les succès du roi de Bohème devenaient plus décisifs ou même si sa résistance se prolongeait ! Ne valait-il pas mieux essayer de traiter avant que la retraite prît l'apparence d'une déroute ? Les nouvelles qui lui arrivaient de tous côtés l'y engageaient. Frédéric III avait de nouveau rompu avec Mathias, qu'il accusait de l'avoir indignement trompé ; de Hongrie même, les renseignements étaient fâcheux : quelques-uns des magnats les plus influents, très irrités du despotisme du roi, préparaient un soulèvement. Enfin Podiébrad, par un acte de génie diplomatique, venait d'enlever à la ligue toute chance sérieuse de succès.

Pour conjurer les périls dont la coalition hongroise et catholique menaçait la Bohême, il avait renoncé à tout espoir de fonder une dynastie, et il avait fait élire pour son successeur par les Etats tchèques le fils de Casimir de Pologne, Vladislas (1469) '. C'était une de ces parades imprévues dans lesquelles se révélait la grandeur de son esprit et de son âme. Il fermait sa carrière, comme il l'avait ouverte, par un coup d'éclat, véritable coup de théâtre, aussi inattendu et aussi décisif que l'avait été jadis la prise de Prague. Il sacrifiait au bien de son peuple ce qui tient le plus au cœur de l'homme, ses espérances, l'avenir de sa race, et cela, non pas sous la pression de la nécessité et pour écarter une défaite iné-

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