‹ Georges de PodiébradChapitre 71 sur 183 · IO PAIX DE KOUTNA-HORA · texte numérisé non relu

IO PAIX DE KOUTNA-HORA

convention mal taillée, que la lassitude imposait aux factions. La rupture d'une partie de la nation avec Rome avait créé des besoins nouveaux, et de ces besoins sortait une constitution politique nouvelle. Remarquable exemple dans le monde moral de la loi de l'adaptation des organes au milieu : de l'impuissance des sectes rivales naissait un des plus nobles sentiments de la conscience moderne, le respect d'autrui, la tolérance.

Le traité fut en somme assez bien observé. Vladislas, averti par les derniers incidents, avait renoncé à ses plans ambitieux de restauration catholique ; son inertie gagna les derniers partisans de la Curie. Les deux partis conservèrent leurs positions et parurent renoncer à tout désir de conquêtes. Les papes avaient oublié la Bohème : après plus d'un demi-siècle d'etforts stériles, ils ne s'occupaient plus de l'hérésie tchèque ; la période des guerres hussites était terminée.

L'armistice se prolongea jusqu'au moment où les progrès de la Réforme allemande réveillèrent l'énergie de l'Eglise, et où, menacée, non plus seulement sur un point secondaire et lointain, mais dans sa puissance tout entière et jusque dans son existence, elle rassembla ses forces dans un suprême élan pour rétablir son autorité. L'œuvre abandonnée par Vladislas fut reprise par Ferdinand I, mais avec de tout autres qualités de persévérance, de vigueur et de prudence.

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