‹ Georges de PodiébradChapitre 83 sur 183 · ASSEMBLÉES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉES PROVINCIALES

pement des assemblées provinciales ou sjeidf qui, à ce moment, par la force des choses plus qu'en vertu d'un plan préconçu, devenaient plus fréquentes et étendaient leurs attributions. Au milieu de l'intérim du pouvoir, elles prenaient en charge quelques-uns des devoirs désertés par la royauté et essayaient de reconstituer une administration. L'usage se répandait en même temps qu'elles déléguassent aux Diètes des députés, et les États ne se croyaient pas toujours autorisés à trancher les questions importantes quand tous les Cercles n'avaient pas envoyé des représentants. Le dernier mot de cette évolution eût été la substitution du système parlementaire moderne aux congrégations féodales ; la chambre des communes en Angleterre est sortie d'une transformation analogue. Les réunions de districts auraient eu aussi l'action la plus heureuse sur les progrès de l'esprit public, et elles seraient devenues, comme les assemblées des comitats hongrois, la base solide de la constitution et comme la forteresse de l'indépendance.

Les rois se montrèrent en général assez hostiles à ces assemblées, et ils étaient dans leur rôle, parce que la mobilité des diètes, en favorisant toutes les surprises, leur laissait au moins une chance de relever leur autorité. Mais les nobles, qui arrachèrent tant de concessions àVladislas, auraient sans grande peine triomphé de ses résistances sur ce point ; malheureusement, ils n'en aperçurent pas assez clairement la nécessité et ils ne surent pas par un dernier effort mettre au-dessus de toute contestation leur droit de convoquer les sjezdy ' ?

Le régime représentatif eût exigé d'eux un abandon partiel de leurs droits et une abdication momentanée entre les mains de leurs élus, et leur orgueil imprévoyant préférait à la sécurité l'incohérence et les périls d'une liberté indéterminée.

I. Sur les sjezdy voir la très remarquable monographie de M. Bohusias Rieger, Les districts et leur organisation (en tchèque), Prague 1889. M. Bohusias Rieger, le tils du célèbre orateur bohème, le petit-tils de Palatsky, continue dignement l'illustre famille dont le nom est inséparable de la renaissance slave en Autriche.

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