BOURGEOIS ET PAYSANS
c'est qu'elles offrent asile aux serfs fugitifs. — En i5i4, une épouvantable jacquerie avait éclaté en Hongrie ou la situation des paysans était affreuse : Les Kouroutses, les croisés, au nombre de 'plus de soixante mille, saccageaient les châteaux et répandaient la terreur dans le royaume. L'on craignit un moment que la révolte ne se propageât en Bohême : des frissons avant-coureurs révélaient l'agitation, les paysans ne cachaient pas leur sympathie pour les Kouroutses, « révoltés à cause des injustices et des torts qu'ils subissaient ». « La même chose se produira en Bohême, dit le Vieux Chroniqueur, à cause de lein^ injustice '. »
Au milieu de cette émotion, un appel à l'insurrection aurait mis le pays en feu. En i5i6, les villes déclarèrent qu'elles entendaient revenir à l'ordre de choses tel qu'il existait sous Charles IV, qu'elles ne tiendraient aucun ■compte des nouveaux règlements et défendraient les paysans qui feraient cause commune avec elles. L'autorité des seigneurs était encore toute récente, contestée : de temps en temps, des insurrections partielles éclataient. Dans le district de Krzivoklat, au sud de Kolin, des bandes armées s'organisèrent et se grossirent rapidement ; les bandits qui ravageaient le pays et qui n'étaient souvent que des serfs fugitifs, accouraient de tous côtés, les insurgés furent bientôt plusieurs centaines; l'énergie et la rapidité des mesures prises par les seigneurs indiquent assez que leurs inquiétudes étaient vives -. Bien que les rebelles n'eussent tenu nulle part contre les troupes tr^p supérieures envoyées contre eux, le souvenir de cette équipée ne fut pas sans doute une des moindres raisons qui décidèrent les nobles à faire quelques concessions aux communes et à signer avec elles le traité de Saint-Venceslas. Quand ils rouvrirent les hostilités, les communes reprirent la tactique qui leur avait si bien réussi, 'parèrent soigneusement la