‹ Georges de PodiébradChapitre 94 sur 183 · S TRANSFORMATION DES VILLES · texte numérisé non relu

S TRANSFORMATION DES VILLES

L'intervention du roi arrêta cette fois la guerre, et, depuis lors, les haines n'en vinrent plus à cet état aigu, mais elles couvaient sous la cendre. Lorsque, avec Ferdinand, la royauté reprit quelque autorité, les nobles, au lieu de s'unir aux communes pour la contenir, applaudirent à tous les coups qu'elle leur porta, abandonnèrent les bourgeois après les avoir compromis, se réjouirent de leur malheur et l'exploitèrent. Il n'y eut jamais d'alliance durable et sincère entre l'aristocratie et les villes, et ce fut certainement une des causes profondes de la ruine des libertés publiques.

Les communes subirent elles-mêmes la contagion des idées dominantes à cette époque. Leur administration perdit peu à peu le caractère démocratique qu'elle avait revêtu pendant la période hussite; appauvries par la décadence financière du pays, les impôts trop lourds, la révolution économique qui, au xvf siècle, modifiait si profondément les habitudes du commerce, atteintes par la décadence morale qui gagnait peu à peu le peuple tout entier, elles se laissèrent de plus en plus envahir par les doctrines oligarchiques et furent dignes de prendre place à côté de l'aristocratie féodale, à laquelle elles n'inspiraient plus ni inquiétude ni même jalousie. En trahissant les idées démocratiques, elles perdirent leur force parce qu'elles perdirent leur raison d'être.

Le salut pour elles eût été dans une alliance étroite avec les paysans : des souvenirs récents les y invitaient, les violences des nobles parurent un moment les y décider. En 1487, on n'avait pas soumis à leurs représentants le célèbre décret qui condamnait au servage les habitants des campagnes, et elles refusèrent quelque temps d'en reconnaître la validité. Un des griefs des seigneurs contre elles,

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