MARIETTE, VALENTIN
VALENTIN, sortant de la chambre à gauche.
C’est entendu, Mariette, je vais partir pour Lyon, prendre les commandes de monsieur Thévenin; ne te dérange pas... pour me reconduire, surtout ne dérange pas le petit. (Regardant dans la chambre.) Que c'est gentil une maman de vingt ans qui donne à déjeuner à un héritier de trois mois... Plus souvent que je quitterai mou domicile... avant que ma surprise soit arrivée... Trois heures! elle devrait déjà être ici... et je ne vois rien sur la route.
MARIETTE, dans la chambre à gauche.
Es-tu prêt?
VALENTIN, regardant au fond vers la route.
Je boutonne mes guêtres.
MARIETTE, paraissant, elle a un petit panièr au bras.
Comment ! tes guêtres, je les ai là dans mon panier à ouvrage.
VALENTIN
Je voulais dire ma cravate... je cherche ma cravate.
MARIETTE
Es-tu fou?... je viens de le la mettre.
VALENTIN
C’est ma foi vrai... ce n’est pas ça qui me manque, mais il me manque quelque chose.
MARIETTE
Tu ne veux donc pas aller à Lyon aujourd’hui? tu ne veux donc pas aller chercher des nouvelles de Georges? il doit avoir écrit à son père! tu ne l’aiules donc plus, Georges?
Ne plus l’aimer, lui, mon lieutenant, que je n’ai quitté que l’an dernier au licenciement do l’armée delà Loire 1 ... Ne plus l'aimer, lui qui m’a donné un si beau certificat, que, lorsque je suis reveuu chez monsieur Thévenin, mon ancien patron, ce digne homme n'a dit en mettant la maiu daus la mienne: « Valentin, tu