‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 3 sur 97 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

M me BROUCK, puis UN PETIT Paysan, (au dehors en sonne une fanfare.

Madame Brouck sort de la chambre A droite; elle parle à quelqu'un qu'on ne

voit pas.)

M me BROUCK, sortant de la chambre.

Attendez, mam’zelle, je vais savoir ce que c’est.

LE PETIT PAYSAN, venant du fond.

Maîtresse Brouck, v’ià un détachement de Français qui arrive.

M me BROUCK.

Est-il possible!... des troupes par ici, à présent... et celte voyageuse qui s'est arrêtée chez nous, ce matin, avec sa fille... elle ne revient pas.

LE PETIT PAYSAN

Soi-disant, elle voulait gagner Bruxelles où sont les alliés.

M“ e BROUCK.

Oui, mais à peine arrivée, elle apprend qu’il y a eu hier un combat à Ligny.

LE PETIT PAYSAN

Un vrai massacre... Aussi les gens de l’endroit se souviendront du seize juin dix-huit cent quinze.

M me BROUCK.

Parmi les blessés français, ou nomme à celle dame le colonel Dauberval, et aussitôt la voilà partie pour Ligny, laissant sa fille sous ma garde... Au fait, elle ne pouvait pas l’exposer à traverser le pays occupé par deux armées ennemies... et puis, tout était tranquille ici... El voilà des militaires maintenant!... quel embarras! veiller sur une belle 'demoiselle de dix-huit ans... en temps de guerre!... quand on a déjà lanl de peine à se défendre soi-mème. (Écoutant.) Dieu me pardonne, on dirait que le détachement prend possession de notre maison.

LE PETIT PAYSAN, qui a été vers l’escalier.

Juste... les officiers s’installent dans la salle basse... nous sommes envahis.

M œe BROUCK.

El personne que nous deux pour répondre ! Hier, mon mari et nos postillons ont été mis en réquisition par les Prussiens. (Bruit au dehors.)

LE PETIT PAYSAN

Entendez-vous!... ils crient en bas... Donnez-moi les clefs de la cave, je vais essayer de les calmer.

jjiud jjROUCK, lui donnant les clefs. *

C’est cela... moi, je vais prévenir cette pauvre demoiselle du danger. (Le petit Paysan sort. M mo Bruck entr' ouvrant la porte de droite.) La maison est pleine de soldats, matn’zelle !... ne vous montrez pas!... si on se doute qu’il y a ici une jeune et jolie voyageuse, je ne réponds plus de rien. (La porte se referme vivement.)

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