‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 32 sur 97 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

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GEORGES

Alors, fout en regrettant le noble drapeau tombé avec l’Einpereur, je me disais, celui qu’on nous donne a eu ses jours de gloire aussi... Puis on avait remplacé notre colonel, trop compromis en 1813, par un ancien, officier de notre régiment, que nous estimions tous; royaliste de race et de convictioq, il n’avait cependant pas abandonné le sol natal pour suivre scs princes à l’étranger. La patrie en péril l'avait trouvé au premier rang de ses défenseurs... pendant vingt ans il avait donné son sang pour elle... Au retour des Bourbons, il reprit avec joie la cocarde qu'avaient honorablement portée ses ancêtres... Nommé colonel, il rassembla tous les officiers de notre régiment, et les trouvant, pour la plupart, découragés et silencieux... il leur dit, avec l'accent loyal d’un honnête homme: Mes amis, mes enfants, je respecte vos croyances, comme autrefois vous avez respecté les miennes... Je ne vous demande que de faire votre devoir, comme j’ai fait le mien... servez le roi, comme j’ai servi l’Empereur. Vive le colonel! fut la réponse unanime... Mais à quelques jours de là... nous apprîmes qu’un nouveau chef nous était donné; dans ce chef je reconnus Andréa Vivjani, un Génois, qui avait lâchement déserté la veille de la bataille... Plutôt que d’obéir à cet homme, Mariette, j’ai brisé mon épée... Le drapeau peut changer, l’honneur militaire ne change pas, et l’on n’est pas digue de commander à des Français quand ou a trahi la France.

MARIETTE

Bien dit, Georges.

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