MARIETTE, MARIE
Nous pouvons causer, ma bonne Mariette, personue ne viendra nous interrompre.
MARIETTE
D’abord, mam'zelle, je dois vous a\ouer qu’il ne s’agit pas de soieries.
MARIE
Je m’en doutais bien.
MARIETTE
Tantôt, sur l’album de Georges, vous avez ajouté un dessin.
MARIE
En effet... le souvenir d’une histoire.
M ARIETTE
Qu’on vous a contée, n'est-ce pas?... Eh bien! je la sais aussi cette histoire: il s’agit d’une belle demoiselle en danger, qui a trouvé asile la nuit chez un jeune officier... Eh bien! setvice pour service , mam’zelle , confiance pour confiance; ce qu’on a fait pour celle que vous connaissez... je le demande pour quelqu’un qui m’intéresse... La belle demoiselle a passé la nuit dans la chambre d’un jeune homme, je vous supplie de recevoir cette nuit un jeune homme dans la vôtre.
MARIE
Moi!
MARIETTE
Il y va de sa vie; car on ne fera pas grâce à ceux qui ont délivré le colonel Dauberval...
MARIE
Un des sauveurs du colonel !... el vous vous intéressez à lui... C’est Georges, n’est-ce pas?... c’est Georges!
Eh bien! oui, c’est lui... pauvre frère, je ne puis le cacher chez moi !.. on le prendrait : on l’y a déjà vu ; mais dans le château d’un bon royaliste comme monsieur d’Angerville, il ne court aucun risque... Ce n’est pas ici qu’on s’avisera de le chercher.
Oh! non, sans doute...
Eh bien ! mam’zelle?
Qu’il vienne.
Ici?...
MARIE
MARIETTE
MARIE
MARIETTE
MARIE
Dame!... amenez-le bien vite.
MARIETTE
L’amener... mais il est tout arrivé, mam’zelle.
MARIE
Où cela?...
MARIETTE
Là, sur le balcon, derrière la fenêtre. (Elle va l’ouvrir.) Viens, mon frère ; je te disais bien que mam’zelle d’Angerville te recevrait.