‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 57 sur 97 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

CÉCILE, puis D’ANGERVILLE et VALLEDO.

CÉCILE, reconduisant quelqu'un qu'on ne voit pas.

Soyez tranquille, madame Valeutin ; aussitôt qu’il y aura du nouveau, j’irai vous prévenir.

D’ANGERVILLE, entrant avec Yallcdo par la droite.

A qui parlez-vous doue, Cécile ?

CÉCILE

A une marchande de soierie, monsieur le baron ; elle venait pour savoir à quelle époque on attendait madame cl mademoiselle. J’ai répondu à madame Valentin que je l’ignorais... (u’AngerviUe renvoi» Cécile d'un geste.)

VALLEDO.

Madame Valentin... c’est, je crois, une parente de ce jeune homme compromis un instant dans l’alfaiçe Dauberval.

d’angerville. t

Monsieur Georges Thévenin ? a

VALLEDO.

Il devait être au nombre des insurgés qui, au péril de leurs jours, ont attaqué l’escorte de Dauberval et ont permis à ce malheureux de gagner la frontière... La mort presque subite du colonel a mis fin aux poursuites... D'ailleurs on n’avait que des indices, les preuves manquaient. * r

d’angerville.

J’en suis bien aise pour ce jeune homme.

VALLEDO.

Vous le connaissez ?

d’angerville.

Je ne l’ai jamais vu... Monsieur Georges Thévenin, je l’ai su, a rendu un service signalé à madame d’Angerville et à Marie,., uu soir dans la cour des Tuileries...

VALLEDO.

J’ai entendu parler de cet accident... tout autre à la place de monsieur Thévenin eût agî ’cpmme lui... il a eu le bonheur de se trouver là... voilà tout.

d’an GERV ILLE.

Sans doute... pourtant je m’iuléresseà ce pauvre jeune homme; s’il n’a plus à craindre la cour prévôtale, il est sous le coup des poursuites des créanciers de son père, monsieur Thévenin, mort insolvable et dont il a accepté la succession... On appelle cela de la délicatesse, de la loyauté, c’est de la folie... Voilà un jeune homme dont l’avenir est perdu... Je l’aurais aidé volontiers, à cause de cet accident des Tuileries; mais il s’agit de sommes importantes, et un père ne se démunit pas de son argent au moment de marier sa fille, n’est-ce pas, mon gendre?

VALLEDO.

Vous me donnez un titre que j’ambitionne depuis que j’ai vu votre adorable /ille... Êtes-vous sûr que madame la baronne et mademoiselle Marie approuveront ce que vous avez résolu?

Diqi

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