MARIE, GEORGES
MARIE
Georges, pourquoi donc avoir pris un prétexte pour vous pré senter ici... Mon protecteur de Sombref, notre sauveur des Tuileries, ne doit-il pas toujours être bien accueilli à l’hôtel d’Angerville?
GEORGES
Mademoiselle, je n’ai pris pour être admis ni prétexte, ni déguisement, je suis en effet ce que je parais être, un pauvre commis aux gages du successeur de mou père. Si je suis venu ici, si j’ai voulu vous voir, c’est que j’avais une restitution et un adieu à vous faire.
MARIE
Une restitution... un adieu? je ne vous comprends pas... et d'abord, asseyez-vous... votre pâleur m’épouvante.
GEORGES
Votre bonté m’encourage, et j’aurai, je pense, assez de force pour vous dire ce qui m'amène.
MARIE
Je vous écoute, mon ami.
GEORGES
Grâce à l’asile que vous m’aviez accordé au château d’Angerville, grâce au zèle de deux amis dévoués, j'avais pu gagner la frontière; une somme d’argent me fut envoyée par Mariette et me fit vivre jusqu’au jour où il m’a été permis sans danger de revenir à Lyon. J’appris en arrivant que Valentin et sa femme avaient vendu leur petite chaumière de Limonest... c’était le prix tout entier de cette chaumière qu’ils m’avaient envoyé.
Dignes cœurs I
GEORGES
Par leurs soins, nos créanciers avaient appris déjà que, maigre ma misère, je n’entendais pas profiler du bénéfice de la loi, et que j’acceptais toutes les dettes que m’avait léguées mon père. Le