SCENE XV
GEORGES, PAUL, les Officiers.
Singulier garçon que ton Valentin, niais sujet précieux pour préparer tes étapes.
GEORGES
Oui; peu s’en est fallu la nuit dernière, mes amis, qu’il n’eût pas aujourd’hui à s’occuper de mon logement.
TOUS
Bah ! comment cela?
GEORGES
Par suite d’une infamie, d’une trahison... hier j'avais quitté le village de Ligny pour suivre en reconnaissance un capitaine d’étatmajor... je m’étonnais de le voir tant s’approcher des avantpostes de l’ennemi. « Avez-vous peur? » me dit-il. Pour toute réponse, je poussai mon cheval en avant. Soudain, nous sommes enveloppés par un détachement de cavalerie anglaise... j’arme mes pistolets... l’officier d’état-major me retient... il me dit que la cause de l'Empereur est perdue, et que si je veux comme lui changer de cocarde, mon avenir est assuré : sans les cavaliers qui me désarmèrent, j’aurais puni le misérable... Lui, furieux "de .n’avoir pu m’entraîner dans sa trahison , osa me désigner au chef du détachement anglais comme prisonnier de guerre.