‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 80 sur 97 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

MAC-DOWEL, PAUL.

PAUL, sortant de la maison, et apercevant Mac-Dowel qui ;nlre par le fond.

Sir Mac-Dowel!

MAC-DOWEL.

Parbleu! il faut bien que je vienne vous trouver ici, chez noire ami Georges, puisque vous n’èles pas rentré de la nuit.

PAUL

Je vous ai envoyé Valentin; il a dû vous dire que ma présence auprès de Georges élait indispensable.

MAC-DOWEL.

Voilà justement ce qui m’amène. Si vous vous établissez ici, j’y reste; mais il ne s'agit pas de moi... Allonsd’abord an plus pressé. Parlez-moi de votre pauvre ami.

PAUL

Après son énergique sortie à l’hôtel d’Angerville, soutenu par la surexcitation fébrile , il marcha quelque temps d’un pas ferme , puis tout à coup je le vis porter la main à sa poitrine comme pour indiquer que le sang l’étouffait... Ses jambes fléchirent, et si je n’eusse été là pour le recevoir dans mes bras, c’est sur le pavé de la rue qu’il serait tombé évanoui.

MAC-DOWEL.

Et celte faiblesse est encore une des suites de sou accident de la cour des Tuileries... Vous le disiez bien : ce malheureux jeune homme n’en pourra jamais être complètement guéri.

PAUL

Les symptômes qtii se sont manifestés cette nuit m’ont effrayé à un tel point, que je n’ai plus osé me laisser guider par nies seules lumières... J’ai eu recours à relies du docteur llcrsaut, l’un des maîtres de la science, et quoique le mal ait, en apparence, cédé à mes soins, j’ai mandé ce matin monsieur Hersant auprès de mou ami, mais saus que Georges ni personne ici puisse soupçonner qu’il s’agit d’une consultation.

MAC-DOWEL. v

El que dit voire confrère?

PAUL

Il venait à peine d’arriver, quand votre présence ici m’a été révélée; il n’u donc pu encore se prononcer... Pourtant, dès les premiers mots , j’ai compris qu’il partageait mon opinion sur la nécessité pressante, absolue, d’un climat plus doux pour notre malade.

MAC-DOWEL.

Paul , vous ne pouvez pas le confier à d’autres soins que les vôtres ; mais comme vous ne pouvez pas non plus m’abandonner

R our lui, c’est convenu, nous emmènerons monsieur Georges à laples... et quant au Vailedo, s’il teut une réponse à sa lettre, c’est dans la patrie du Vésuve qu’il viendra la chercher.

PAUL

Le comte de Vailedo aurait écrit à Georges?

MAC-DOWEL.

Non , mais à moi ; il me prie de porter son cartel à notre ami Georges, et de régler moi-même les conditions du combat.

PAUL

Ce combat, Georges l'accepterait avec joie; mais dans l’état de faiblesse où il est, nous ne devons pas permettre une rencontre où notre ami trouverait indubitablement la mort; son cœur ne faillirait pas, mais sa main ne peut tenir une épée... H faut donc qu’il ignore la pro\oeation de Vailedo; lui en faire un secret, ce n’est pas mettre obstacle à une lutte loyale, c’est empêcher un assasinat.

MAC-DOWEL.

Vous avez, raison.

Page 1