‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 91 sur 97 · ACTE V. t · texte numérisé non relu

ACTE V. t

tenant, le cordial que tout à l'heure ton ami m’a fait prendre, a réchauffé mou sang et ranimé mon cœur.

MARIE

Quel espoir!

GEORGES

Cette force qui m’est rendue, j’en veux profiter pour reconquérir mon bien.

PAUL

Mais enfin, quel est ton espoir? le baron d’Angcrville ne le donnera pas Marie.

GEORGES, avec evaltation. .

Je la lui volerai, alors!

MARIE

Oh!

MARIETTE

Taisez-vous !

PACL.

Georges! quel égarement est le tien! Si tu savais?...

GEORGES

Je sais, car mon cœur me le dit, qu’elle cède à la menace, à la persécution. Oui, à présent que j’ai bien réfléchi à ses paroles... elles sont si odieuses, qu’elles ne peuvent pas être vraies.

MARIE

Comme il m’a bien jugée!

GEORGES

On la marie demain, dit-elle... je l’enlève cette nuit et nous fuyons ensemble.

PAUL

Elle n’y voudra pas consentir.

GEORGES

Si elle refuse, j’appelle sur moi la colère d’un rival, la veu- , geauce d’un père ..

PAUL

Georges, ce que tu as dit là, lu ne le feras pas.

Pour en douter, lu me connais bien peu.

PAUL

C’est parce que je te connais, au contraire, que je puis te dire encore, avec assurance : Non, tu ne le feras pas !

GEORGES

El qui pourrait m’en empêcher?

Toi-même !

PAUL

GEORGES

Puisque je ne crains pas de me perdre !

PAUL

Malheureux!... Tu ne perdrais que Marie;

GEORGES

Moi?

toi, tu es déjà perdu.

Oh!

MARIE et MARIETTE.

PAUL

Pardonne-moi, Georges... ce secret que je voulais laire... c'est ton projet d’enlèvement et de fuite qui me l’a fatalement arraché. Sachant le malheur qui te menace, je ne pouvais pas laisser condamner Marie à revenir bientôt, seule, abandonnée et pauvre Veuve en deuil, s’humilier sous le pardon de son père.

GEORGES

Paul, ce que tu fais là est bien... Ces paroles qui ont dû tant te coûter, il était généreux à toi de me les dire; j’aurais pu douter jusqu’à ce jour de ton amitié que j’y croirais maintenant, (il tecd la maia à Paul.)

PAUL

Ta main ne tremble pas.

GEORGES

Mon cœur est ferme aussi, tu peux donc tout me dire. Est-ce toi qui as si bien jugé que ma vie allait s’éteindre?

PAUL

Non, niais un illustre docteur qui, tout à l’heure, était près de toi... c’est lui qui en a flxé le terme.

MARIETTE

Oh! oh! mademoiselle!...

Écoutons , ma sœur , écoutons !

GEORGES

Et ce terme, il est prochaiu, dis?

PAUL

Hélas! à moins d’un miracle, Georges... demain peut-être.

MARIE Cl MARIETTE.

Demain !

• GEORGES

Et ce principe de mort, il est en moi, n’est-ce pas, depuis que j’ai sauvé Marie et sa mère?

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