ACTE V. t
tenant, le cordial que tout à l'heure ton ami m’a fait prendre, a réchauffé mou sang et ranimé mon cœur.
MARIE
Quel espoir!
GEORGES
Cette force qui m’est rendue, j’en veux profiter pour reconquérir mon bien.
PAUL
Mais enfin, quel est ton espoir? le baron d’Angcrville ne le donnera pas Marie.
GEORGES, avec evaltation. .
Je la lui volerai, alors!
MARIE
Oh!
MARIETTE
Taisez-vous !
PACL.
Georges! quel égarement est le tien! Si tu savais?...
GEORGES
Je sais, car mon cœur me le dit, qu’elle cède à la menace, à la persécution. Oui, à présent que j’ai bien réfléchi à ses paroles... elles sont si odieuses, qu’elles ne peuvent pas être vraies.
MARIE
Comme il m’a bien jugée!
GEORGES
On la marie demain, dit-elle... je l’enlève cette nuit et nous fuyons ensemble.
PAUL
Elle n’y voudra pas consentir.
GEORGES
Si elle refuse, j’appelle sur moi la colère d’un rival, la veu- , geauce d’un père ..
PAUL
Georges, ce que tu as dit là, lu ne le feras pas.
Pour en douter, lu me connais bien peu.
PAUL
C’est parce que je te connais, au contraire, que je puis te dire encore, avec assurance : Non, tu ne le feras pas !
GEORGES
El qui pourrait m’en empêcher?
Toi-même !
PAUL
GEORGES
Puisque je ne crains pas de me perdre !
PAUL
Malheureux!... Tu ne perdrais que Marie;
GEORGES
Moi?
toi, tu es déjà perdu.
Oh!
MARIE et MARIETTE.
PAUL
Pardonne-moi, Georges... ce secret que je voulais laire... c'est ton projet d’enlèvement et de fuite qui me l’a fatalement arraché. Sachant le malheur qui te menace, je ne pouvais pas laisser condamner Marie à revenir bientôt, seule, abandonnée et pauvre Veuve en deuil, s’humilier sous le pardon de son père.
GEORGES
Paul, ce que tu fais là est bien... Ces paroles qui ont dû tant te coûter, il était généreux à toi de me les dire; j’aurais pu douter jusqu’à ce jour de ton amitié que j’y croirais maintenant, (il tecd la maia à Paul.)
PAUL
Ta main ne tremble pas.
GEORGES
Mon cœur est ferme aussi, tu peux donc tout me dire. Est-ce toi qui as si bien jugé que ma vie allait s’éteindre?
PAUL
Non, niais un illustre docteur qui, tout à l’heure, était près de toi... c’est lui qui en a flxé le terme.
MARIETTE
Oh! oh! mademoiselle!...
Écoutons , ma sœur , écoutons !
GEORGES
Et ce terme, il est prochaiu, dis?
PAUL
Hélas! à moins d’un miracle, Georges... demain peut-être.
MARIE Cl MARIETTE.
Demain !
• GEORGES
Et ce principe de mort, il est en moi, n’est-ce pas, depuis que j’ai sauvé Marie et sa mère?