‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 92 sur 97 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

PAUL

Oui, voilà ce qui te tue, mou pauvre Georges!

GEORGES

Mais ne pleure doue pas... je vais revoir mon père, et c'est pour elle que je meurs...

MARIE, en larmes, venant tomber aux pieds de Georges.

Georges, pardonnez-moi le mal que je vous ai fait.

Marie, vous étiez encore ici ?

MARIE

Georges, quand je vous ai dit ces cruelles paroles, je ne savais pas, moi, que vous alliez mourir.

GEORGES

Et que vous importe à présent ou ma vie ou ma mort?

MARIE

Que m’importe!... mais ma vie est la tienne, Georges, ta mort ma condamnation... Georges, lu dois me pardonner; Georges, tu dois vivre... Georges je l’aime toujours!...

GEORGES

Que dites-vous!... O Marie I si d’autres que nous vous entendaient!

MARIE

Avec uu amour tel que le nôtre, devant un malheur tel que le tien, que me fait à moi l’opinion des autres, le jugement du monde entier? Qu’il me calomnie, qu'il me flétrisse, ce monde; son mépris n’atteindra pas jusqu’à mon cceur, et sa voix n’est pas assez

I missanle pour dominer celle qui me crie : Tu ne peux pas laisser e doute et le désespoir à celui qui meurt pour t’avoir trop aimée.

GEORGES

Non, jamais trop, Marie, mais assez pour ne pas vous croire quand vous même vous vous êtes accusée.

MARIE

Lorsque je m’accusais, j’ignorais que vos jours fussent menacés; alors j’ai pu comprimer mon cœur et dévorer mes larmes ; je me disais, il a comme moi la force de souffrir, qu’il me maudisse aujourd’hui, j’ai l’avenir pour me justilier ; mais vous allez. mourir, Georges, mourir pour moi, et vous me croiriez parjure, c’est impossible!... Oui, pauvre condamné à qui je devais le bonheur pour prix de tant d’amour; oui, tes souffrances ne sont pas au-dessus de mes tortures, car je t’aime, entends-tu bien!... Je l’aime!... je t’aime!...

GEORGES

Mon Dieu, qui avez voulu me donner une telle joie, donnez-moi la force! donnez-moi la vie!

MARIETTE

Ah! c’est bien, mademoiselle, ce que vous avez dit là!... c’est très-bien.

PAUL

Le malheureux, il succombe à son émotion.

MARIETTE

Georges, mon frère!

MARIE

Sauvez-le, monsieur, sauvez-Ie.

GEORGES

Rassurez-vous, mes amis, ce n’est rien... Un moment ma vue s’est troublée et le sang s’est arrêté à mon cœur, mais il a repris son cours ; je n’ai fléchi que sous le poids du bonheur, le bonheur ne tue pas, Marie. ,

’ MARIE

Ainsi, mon ami, vous pouvez encore m’entendre ?

GEORGES

T’entendre et te voir... ah ! oui, toujours, toujours!

MARIE

Je vous dois l’aveu d’un secret, Georges. Ce secret n’est pas le mien... je ne puis le dire qu’à vous seul, et nous devons tous les deux l’emporter dans la tombe.

MARIETTE, au fond.

Valledo!

\ PAIT., à Georges.

Georges, quelqu’un vient.

MARIE, effrayée.

.Si l’on me trouve ici, je suis perdue, Georges, qu’on ne me voie pas.

GEORGES

De ce côté, vous pouvez sortir... je vous accompagne, et vous me direz,..

MARIE, sur le seuil de la porte.

Non ; demain, Georges, je te reverrai.. . je te le jure, je te reverrai.

(Georges, Mac-Dowel et Marie entrent dans la maison, Mariette sort à droite, après avoir ouvert la grille.)

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