‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 96 sur 97 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

tu donnais dix ans de ta vie; je sacrifie le bonheur de la mienne pour rachetër l'honneur de nia mère.

GEORGES

L’honneur de ta hière !

MARIE

Valledo avait en son pouvoir des lettres qui condamnaient ma mère! Georges, ma main était le prix de ces lettres... Pour les anéantir à jamais, j’ai promis nia main.., j’ai donné ttia vie.,, GEORGES, tombant à genoux.

Marie, ma noble Marie, tu pouvais te laisser accuser; toi, l’auge de la pureté, le martyr filial? Toi, qui sauves ta mère!

Tu vois bien, Georges, que Ce sacrifice était indispensable. Si j'avais jni méconnaître mon devoir, je ne serais pas digne de ton amour.

GEORGES, voyant Marie qui s’éloigne.

Ainsi tu viens nie dire un dernier adieu !

MARIE

Tu ne m’as pas compris... Je viens pour ne plus te quitter... je viens pour mourir avec toi !

GEORGES

Toi, mourir I Non, la vie, la beauté , la jeunesse, ne peuvent s’unir dans la mort avec celui qui n’a plus d’avenir... Laisse-moi partir, Marie; je ne veux pas que tu meures; je ne veux pas que tu me voies mourir. Laisse-moi, laisse-moi.

MARIE

Je ne te demandes pas si tu veux ou non que je vive... Ta volonté , les ordres ne changeraient rien à nia destinée. J’ai calculé le temps et compté les souffrances... Maintenant, j’en suis sûre, toute la science humaine serait impuissante à me sauver. Touche nia main; le poison qui me tue l’a déjà glacée!...

GEORGES, épouvanté.

Ahl

MARIE

Mais tu ne vois donc pas que ce qui a fait ma force et soutenu mon courage, c’est que je me suis dit: Pour racheter l’honneur de ma mère, je porterai le nom de Valledo sur la terre une heure; et puis après, à toi, Georges! A toi pour l’éternité, (poussant un cri.) Ail! (Elle arracbe son voile.)

GEORGES, la soutenant.

Marie! je t’en supplie, regarde-moi Dis-moi qu’on peut te

sauver encore !

MARIE, doucement.

Non... Adieu, adieu! Georges!

GEORGES, courbant la tète ven elle.

Mon Dieu ! retenez la vie qui lui éehappe. Marie! Marie!...

MARIE, le repoussant d'nne main defaillante.

Non, que tes lèvres n’effleurent pas même mon front... Laissons à notre amour toute sa pureté... Tu me donneras ton premier baiser dans le ciel... Adieu!

GEORGES, qui la soutient, la contemplant avec effroi et douleur.

Marie! Marie! (poussant un cri.) Ah! plus de voix, plus de regard, plus rien!... Ah! c’est impossible, mon Dieu! Et ne pouvoir la secourir. (il la dépose sur un fauteuil.) Mais il y a du monde ici. Qu’on me chasse, qu'on me tue; mais qu'on la sauve. (.Allant ouvrir.) Du secours!... Par pitié, du secours! Marie se meurt!...

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