‹ Georges et Marie drame en cinq actesChapitre 95 sur 97 · SCENE XX · texte numérisé non relu

SCENE XX

GEORGES, MARIE

MARIE

Georges, VOUS m attendiez, uie voici. (Ellepuussc le verrou de la porte.)

GEORGES, qui est resté muet et freppé de surprise à l'aspect de Marie, parvient avec effort à prononcer son nom.

Marie ! Marie !

MARIE

Celle qui tient la promesse de Marie d’Angerville se nomme maintenant la comtesse de Valledo.

GEORGES, balbutiant.

La comtesse de Valledo... Ali! j’avais donc bien vu tout à l’heure... c’était lui! et je me croyais le jouet d’une illusion... et je me flattais d’avoir fait justice! L’illusion, c’était sa mort; la réalité, votre mariage I (il :nmbc dans uo fauteuil.)

MARIE

J’étais dé jà parée pour cet horrible sacrifice, que j’espérais encore qu’il ne s’accomplirait pas. Le comte de Valledo avait laissé à l’hôtel une lettre qui ne devait être remise au baron d’Angprville que si son gendre futur n’avait pas reparu à l’heure fixée pour la cérémonie. L’heure avait sonne, et mon père venant à moi avec cette lettre ouverte, me dit : Je crains que la mort ne m’ait dégagé envers monsieur le comte de Valledo, il a dû se battre ce matin avec monsieur Georges. Dieu in’a punie du mouvement de joie qn’a ressenti mon cœur, car à peine mon père avait-il fini de parler que la porte s’ouvrit. Le comte de Valledo, horriblement pôle, s’avança vers moi; il me pria d'excuser un relard dont il n’avait pas été maître, et invita le baron d’Angerville à donner le signal du départ. Georges, vous dire ce que j'ai souffert à l'aspect de cet homme, c’est impossible... Se montrer vivant à moi... c’était me dire que vous étiez mort. Dans mon affreuse anxiété,

t e n’osais interroger que scs yeux, et ses yeux presque imino- >iles et toujours muets ne m’ont rien révélé. 11 m’a fallu pendant deux heures subir le supplice de l’incerlilude ; et quand tout a été fini, lorsque je leur ai échappé pour venir ici accomplir une sainte promesse, je no savais pas meme encore si j’allais vous revoir.

GEORGES

Me revoir!..., me revoir. pour m’apprendre que vous avez menti deux fois à vos serments, et que vous êtes la comtesse de Valledo... mais vous me tuez, madame; ah! c’est odieux ce que vous dites là.

MARIE, à Georges.

Georges! loi qu’après Dieu j’accepte seul pour juge, souviens-toi que, dans l’espoir de satisfaire les créanciers de monsieur Jacques 'ïhévenin, tu voulais te condamner à l’exil.

GEORGES

C’est vrai. Eh bien?

MARIE

Eh bien! e’esl toi-mème qui me justifie; Ion dévouement ma inspiré le mien... Pour conserver sans tache le nom do, ton père ,

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