DEPOSITION DE WILLIAM COLE
J'ai toujours demeuré chez la princesse de Galles depuis son mariage ; la première visite que lui fit sir Sidney Smith à Montague-House remonte à Tannée 1802.
J'ai remarqué que la princesse était trop familière avec sir Sidney Smith.
Un jour, je crois que c'est vers le mois de février de cette année, la princesse me donna ordre de lui apporter quelques tartines ; je les lui apportai dans la chambre bleue. Sir Sidney Smilli y était; je fus surpris de l'y voir; il fallait qu'il fût entré par le parc. S'il était entré par Blackheath, il eût été obligé de passer par la chambre où j'étais.
Après avoir laissé les tartines , je revins au bout de quelque temps dans la chambre, et sir Sidney Smith était assis sur le sofa, très-près de la princesse. Je le regardai ainsi que Son ÂltesseRoyale. Elle aperçut mon coup d'œil et vit que je remarquais la manière dont il était assis; ils parurent un peu confus l'un et l'autre lorsque j'entrai dans la chambre.
Quelque temps auparavant, un soir, vers minuit, je vis un homme entrer dans la maison par le parc, enveloppé dans une redingote; je ne donnai pas l'alarme, parce que je vis que ce n'était pas un voleur.
Peu de temps après que j'eus vu la princesse et sir Sidney Smith assis ensemble sur le sofa, le duc de Kent m'envoya chercher et me dit que la princesse serait fort aise que je me chargeasse de faire le service en ville, parce qu'elle avait plusieurs commissions à y faire faire,
et pour lesquelles elle avait plus de coniiance en moi qu'en aucun autre.
Le duc me dit encore que la princesse avait pensé qu'il me serait plus agréable d'apprendre ceci par lui que par Siccard.
Depuis ce temps-là, je n'ai jamais plus servi à Montague- Ilouse que par occasion, lorsque la princesse m'envoyait chercher.
Vers le mois de juin 1802, je remarquai que la princesse était devenue très-épaisse, et à la fin de la même année elle me parut devenue très-mince. J'en fis la remarque à madame Sanders, qui me dit que la princesse était en effet beaucoup plus déliée de la taille qu'elle n'avait été.
Je n'eus aucun soupçon que la princesse fût grosse.
M. Lawrence, le peintre, avait coutume de venir à Montague-House. Vers la fin de \S0\ , pendant qu'il peignait la princesse, il a couché à la maison deux ou trois nuits de suite. Je l'ai souvent vu le soir, à onze heures et à minuit, seul avec la princesse; il y est même resté quelquefois jusqu'à deux heures du matin.
Un soir j'aperçus M. Lawrence dans la chambre bleue, après que les dames s'étaient retirées. Au bout de quelque temps, lorsque je supposai qu'il était rentré dans sa chambre, j'allai voir si tout était en ordre. Je trouvai la chambre bleue fermée à clef, et j'entendis parler tout bas dans cette chambre. Je m'en allai.
Signé : William Cole.
Diîposilion fuile sous serment dans l'hôtel de lord Grenville, dans Downiiig-Strcct, le 6 juin 1806.
Signé : Spencer, Grenville.
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