L'HOMME ET L'ÉCRIVAIN
Les œuvres expriment le fond même de l'artiste. Ses paroles disent la valeur de ses pensées et ses gestes habituels, ses goûts, ses ordinaires préoccupations crient la qualité de son âme.
Le sérieux de l'art de Georges Le Brun apparaît dans les habitudes de sa vie. Comme pour tant d’autres, à se créer une originalité frappante avec les excès mêmes de sa manière, il y avait pour lui la possibilité qu’il connût un succès prompt et facile.
Mais, ayant voué un culte à l’art, il en faisait une sorte de religion. [1 en voulait être le prêtre austère et digne. Pour ne déchoir point dans l'exercice de ses rites, 1l préféra chercher ailleurs l'assurance de son pain quotidien. Al vécut d'une profession étrangère, peu accaparante et où il se réservait de larges espaces libres.
Ainsi loisir lui était fait qu'il s’adonnât à son art en toute probité, sans aucune pensée de lucre, selon son inclination propre et au gré de sa pente personnelle.
Aucune idée du dehors n’adultérait son idée du dedans pour lui dicter une direction extérieure à elle-même.
l'incliner vers un penchant artificiel ou voulu. “
La même probité règne dans tous ses actes ‘abs
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Les CURE SR PE ESC
La grande charmille. Neige.
Aquarelle.
Elle est dans ses lectures, Il recherche les grands maîtres, les honnêtes ouvriers du verbe et de la pensée.
Il vit à Xhoffraix, avec Flaubert. Il va aux sources mêmes de l’art et de la littérature. C’est un érudit, non par l’inutilité du détail historique, de la vaine connaissance archéologique, mais par une assimilation patiente de la substance antique et moderne, des moëlles mêmes de la pensée humaine. .
C'est tout cela qu'il transsubstantie dans son art concentré, cela même qui prête, à cet art, son air de résumé éternel, hors des écoles et au-dessus des temps.
Il a exprimé aussi ce fond d'idée et de sentiment par l'écriture. Il reste de lui des pages d’art, des impressions de visite à des sanctuaires d'élection, de pieux pèlerinages à quelques centres de pensée éternelle. Quelques-unes furent publiées dans des revues. Il garda le reste par devers lui, comme ayant été écrit pour lui et quelques proches.
Ce sont de belles pages. Elles sont révélatrices de son érudition, de sa sensibilité, de ses conceptions d'artiste. Par le style, elles caractérisent aussi l’homme. Le style littéraire est un peu différent du style pictural, ou, pour mieux dire, il exprime une autre face de son esprit, apparue ici et là, en quelques œuvres, où il vise davantage au pittoresque, s’abandonne, une heure, aux recherches de sentiment ou de couleur.
Mais les dessous de sa pensée littéraire, comme les dessous de sa pensée picturale, comportent toujours une solide armature logique. à
Aussi bien nous a-t-il paru être d’un haut intérêt,
comme une illustration entre les autres illustrations, de
publier ici quelques passages d'un de ses récits de voyage.