GASTON DOUMERGUE
Dans une seconde lettre, écrite à tête reposée, bien pesée, le malheureux ministre, conscient de la vilaine opération dont 1l était l'exécuteur par ordre, essaya de mettre d'accord sa soumission et ses regrets sincères en
e | e 9 » e rendant quelque justice aux talents qu'il n’emploierait plus et aux longs services si mal récompensés :
Paris, le 17 Sonate 1914
LE PRÉSIDENT DU CONSEIL, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, A MONSIEUR GEORGES LOUIS, AMBASSADEUR
J'ai l'honneur de vous faire savoir que/pour répondre à votre désir, j'ai, à la date du 12 de ce mois, soumis à la signature de M. le Président de la République un décret aux termes duquel vous êtes admis à faire valoir vos droits à une pension de retraite. |
Au moment où se rompt ainsi le dernier lien qui vous attachait au Département, je suis Leureux de vous remercier, au nom du Gouvernement de la République, des éminents services que vous avez rendus au cours de votre longue carrière, et en dernier lieu comme Ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Permettez-moi d'insister tout particulièrement sur la place si importante que vous avez tenue en ces dernières années dans les conseils du Gouvernement, comme principal collaborateur du Ministre des Affaires Étrangères. Chargé d'un
des premiers emplois de l'Etat dans une période où les affaires extérieures suscitaient les plus graves difhcultés, vous n'avez pas peu contribué, en prêtant au Ministre le concours de votre jugement éclairé et de votre labeur écrasant, à la solution favorable et pacifique de nos différends, et vous avez été l’un des artisans de la politique qui, par de longues et délicates négociations, nous a conduits à l'installation définitive du protectorat français au Maroc. Je suis certain que le Département gardera le souvenir de votre précieuse collaboration.