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Aux grands maux les grands remèdes! Il est écrit que celui qui tire l'épée périra par l'épée. La publicité perverse étouffant la voix de Georges Louis ne sera corrigée que par une publicité loyale, celle de Némésis. C'est dans l'ordre, La naïve question, parfois si niaise, qui sauva la mise et la face de tant de baladins parlementaires : Doit-on le dire? est-elle de saison? Les fraudeurs attendent de la pusillanimité ou de la mollesse générale une prescription bienheureuse. Osons l’interrompre. Toutes les consignes pâlissent auprès des intérêts majeurs qui seront restaurés avec la figure de Georges Louis. Nous sommes las du charlatanisme et des phrases.
. Le général Bonaparte criait à un plénipotentiaire autrichien, féru de ses titres ancestraux : « La République rançaise est comme Je soleil. Aveugle qui ne la voit pas. » a Vérité est aussi brillante que la République du négociateur de Leoben, Mais entre la splendeur de ses rayons et nous, ses adorateurs, s interpose une coterie, dressée aux embuscades vénitiennes, et la version offcielle.
Poincaré l'a signée de son nom impressionnant. Elle est à la fois la plus malveillante et la plus autorisée par sa Situation prépondérante dans l'Etat, par l'immense re-
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nommée dont il jouit. Il a la rage d'imposer son infaill'bilité. Pour elle il s’est fait l'avocat du diable. Ses plaidoyers sont comme le chapeau de Gessler : malheur à qui ne les salue pas ! Malheur aux hommes qui ne cadrent pas avec l'effet théâtral qui convient à ses rêves d’ubiquité et d’éternité ! Non content d’escamoter ses émules, il mystife les siècles futurs ; forgeant des légendes de toutes pièces, il les installe et les divinise dans ses discours à satiété. La répétition est son arme de prédilection. Plus il sait contestables ses affirmations, plus 1l les renouvelle : à force de retouches, de grattages, de finasseries oratoires, jouant la difficulté perpétuelle, il fait circuler et rend vraisemblables les contre-vérités les plus cyniques. Pour déconsidérer Georges Louis, il est descendu d'autant plus bas que le salut de sa politique était fonction de sa thèse, de son roman.
Jusque-là il ne briguait n1 la gloire d’un Alexandre Dumas père, ni le tour de main d'un Ponson du Ferrail. Ce n’était pas son genre. Orateur infatigable au Palais ou au Parlement, clair, régulier, disert, toujours prêt, c'est un écrivain didactique et un juriste retors. Îl a tout lu et s’en souvient, grâce à une mémoire imbattable. Dans les débats les plus variés, 1l étale la science d'un Monsieur Je Sais Tout, extraite de Joanne ou de Baedeker, insi- Quent les méchantes langues. Ses démêlés avec Georges Louis l’ont fait romancier.
Pour se présenter aux Chambres en beauté, 1l a tantôt brodé, tantôt nié purement et simplement les faits, en vertu de l’adage : 4 Tout mauvais cas est niable. » 5es fantaisies audacieuses ne lui ont pas nuï jusqu 1CI : NOUS verrons si ses romans tiennent tête aux documents dont :1 à fait litière ou s’est dispensé de faire état. Sinon ce sera l'écroulement de ce petit Nabuchodonosor aux pieds d'argile. Comment, pourquoi s'est-1l enferré? Est-ce par
terreur nerveuse? Est-ce par dédain superbe de la culture primaire des majorités complaisantes qui l’applaudirent les yeux fermés? Ou bien, seul détenteur des archives de son Département, s'est-il cru immunisé contre la plus légère indiscrétion ?
Interrogé à la Chambre des Députés les 5 et 6 juillet 1922, 1l s'est réfugié pour démentir ses interlocuteurs dans les commodités de la fiction. L'Extrême Gauche pensait faire merveille en exploitant l’incompréhensible renvoi de Georges Louis. Mais elle n'avait en mains ni pièces ni preuves : l'incident se noya dans les flots d’une éloquence onctueuse et captieuse. M. Poincaré poussa la mansuétude envers l’ex-collaborateur défunt jusqu à l'attendrissement qui désarme. Par ce coup de partie, ce subterfuge providentiel, cette comédie éhontée, il esquiva le cap des tempêtes.
nADe ces deux séances mouvementées où il fut serré
€ près, retenons bien qu'il a pesé tous les termes de ses déclarations façonnées de longue date, qu’elles sont indéniables, Prononcées dans une salle au complet, devant des tribunes pleines, déposées au Journal Officiel, il est impossible de les amender ou de les désavouer. À l'abri es contrôles, au-dessus des sanctions, il a dit ce qu'il voulait dire, comme il le voulait, persuadé que ses paroles groupées, interprétées à sa guise, resteraient immuables in œlernum. Si sa véracité sort amoindrie ou honnie de l'examen comparatif des textes, nous serons fixés : il s en est moqué, étant pour lui lettre morte et pour l'oppo- Sitlon ferra incognita. Les falsifications lui appartiennent : elles ont été coordonnées dans un but spécial avec des intentions non douteuses. En présence d’auditeurs Inaptes à la riposte, sa ruse coutumière a mis exclusivement en vedette ce qui le sert, reléguant au troisième plan tout
| £ qui ramène sur la piste de ses responsabilités. Avec
GRORGES LOUIS 47
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°NFHE 258 GEORGES LOUIS Li des façons à lui, très différentes de celles de Clémenceau, : Mit il pratique non moins que le Tigre l'art des alibis. | FR Parcourons les colonnes de l'Offciel. Elles nous pro 4 ht: mènent à travers les dénégations véhémentes et les récr- | 45e tatifs pompeux, où la sérénité dans l'aplomb n'accuse n1 N HE tremblement ni émoi. Si nous savons les lire, commeon EE épèle un télégramme secret, nous surprendrons les arrièrehi: pensées, les inquiétudes masquées. Par son amour pour # ERA tel détail, par son oubli de tel autre, c'est lui qui nous 18 : indique les points sensibles, ses plus intimes intentions nl dans leurs replis les plus cachés. Vis-à-vis de Georges hi © Louis, son jeu paraîtra le plus faible du côté oùilsest | nr cru le plus fort, s’estimant s1 bien gardé que pas une ligne EE À génante de ses cartons ne serait exhibée hors de leurre- | ni à paire. Fourberie d’une singulière habileté sans la contreut épreuve ! Mais voilà le vrai drame, cent fois plus passion-
nant que son médiocre roman, de facture mesquine’et qui repose sur un faux |
Dans les deux batailles parlementaires, si disputées et
si chaudes, où le cri de ralliement fut Georges Louis, les
chasseurs se flattaient d’acculer M. Poincaré dans une |
impasse : ils chargèrent à fond. Ce tournor mortel,
aboutissement de polémiques enragées, roulait sur une
inculpation fameuse, Poincaré la guerre, mscrite des mil-
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