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278 CEORGES LOUIS

Jonnart :« M. Jonnart ne fait aucune réponse, n'exprime aucune opinion sans que M. Poincaré en ait connaissance et y soit consentant. » Rappelons aussi qu'il a circonvenu tous ses ministres, M. Briand le premier, pour les persuader que Louis était hors d'état d'obtenir l'armement de la Russie sur les frontières allemandes. Rappelons encore que, Président de la République, il est allé de sa personne chez Delcassé, qui répugnaït à l'acceptation, pour qu il remplaçôt Louis. Quelle misère de se dérober derrière l'irresponsabilité présidentielle pour imiter le geste de Ponce-Pilate ! — Est-ce une erreur, est-ce un mensonge? M. Poincaré a dit : « Au commencement de l'année 1912, le Gouvernement que je présidais avait trouvé les liens des deux pays un peu relâchés. » M. Poincaré s'est agréablement vanté : pour se décerner l'honneur d'avoir rapproché la France et la Russie, il simule une mésintelligence qu'il aurait fait cesser en prenant le pouvoir. Nous emprunterons ses propres expressions : ( Le roman nest pas de l'histoire. » L'année 1911 est celle d'Agadir : nous avons vu que la Russie montra quelque répugnance à nous aider militairement en cas de rupture dans le conflit marocain. Elle se retranchait derrière les clauses défensives de l'Alliance, faite, d'après notre alliée, pour des intérêts vitaux et non des intérêts secondaires. Georges Louis demanda une audience de l'Empereur, qu'il obtint le 7 septembre 1911, et lui expliqua l'importance d'une affaire qui n’était pas seulement coloniale, qui engageait la France comme la Caucase engage la Russie. L'Empereur acquiesça, déclarant une fois de plus que rien ne séparerait la France de la Russie, À la même époque les Chefs d'Etat-Major des deux armées s'étaient rencontrés pour accentuer encore la force et l'union militaire des deux Etats. Louis, dans son rapport, après l'entrevue, concluait en termes justement satisfaits :

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et grâce à lui la situation ne pouvait être meilleure. Il n'y

Votre Excellence se souvient au’après avoir été prendre les ordres de l'Empereur le Général Gilinski avait déclaré au Chef d Etat-Major général de notre armée le 31 août : « L'Empereur ne se dérobera pas à ses engagements. »

Dans le procès verbal signé aujourd'hui par les représentants des deux armées, cette déclaration a pris la forme suivante : « Le Général Gilinski a affirmé hautement la volonté du Gouvernement impérial de remplir scrupuleusement les obligations que lui impose la convention militaire. »

Îl est dit en outre dans le préambule du procès-verbal : «Les deux Chefs d'Etat-Major déclarent d'un commun accord que ces mots ( guerre défensive >» ne sauraient être interprétés dans le sens de guerre que l’on conduira défensivement. Îls affirment au contraire la nécessité absolue pour les armées russes et françaises de prendre une offensive vigoureuse, et autant que possible simultanée. »

Ces rédactions, nettes et précises et le moment même où élles sont adoptées, montrent bien quels sont les sentiments du Haut Commandement russe et mettent hors de doute les intentions de l'Empereur, puisque leur sens général et leur portée ont été déterminées non pas seulement par les instructions du Général Soukhomlinoff, mais par celles que l'Empereur a données directement au Général Gilinski.

Ainsi Georges Louis voyait l'Empereur quand le besoin s’en faisait sentir, comme il convient à l'égard d'un souverain qui se réserve pour agir dans les grandes circonstances : il eût été ridicule et inconvenant de chercher à l'entretenir tous les mois ou toutes les semaines, comme

. Poincaré s’est permis sans rire de le faire croire au Parlement, Une pareille billevesée aurait dû déclasser sa diplomatie chez la portière. Et non seulement Louis voyait l'Empereur, mais il était écouté, traité avec faveur,

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