La Politique de l'Equilibre
S1 | Entente anglaise avait été une Alliance, l'Allemagne aurait reculé devant une coalition à trois têtes. Mais l'Entente na joué que grâce aux fautes extraordinaires du Chancelier de Berlin. Rien n'était plus troublant pour nous que cette incertitude, Quant à l'Alliance russe, si M. Poincaré a craint qu'elle ne lui échappât, c’est lui qui
. a rendue glissante en outrepassant son caractère défensif e + LE c e Saisi par la terreur d'être isolé et surpris par les événe-
ments, 11 subit la folie contagieuse qui, dans la dernière semaine de juillet 1914, s'est emparée de presque tous les gouvernants européens. Jamais le mot du Président Wilson ne parut plus évident qu'aujourd'hui, hors des emballements vertigineux qui ont fait chercher le salut dans un remède pire que le mal, dans les mobilisations portant en elles la guerre inévitable : « Si l’on avait discuté la guerre pendant seulement une semaine, elle n aurait pas éclaté. »
En faisant ronfler les moteurs, en accumulant les dé-
crets qui donnaient de nouveaux éléments à la panique universelle, les responsables s’nifligèrent les démentis
les plus humiliants, oubliant leur vie entière, leurs déclarations cent fois répétées, leurs promesses et leurs ser- ments. Les papiers récemment publiés sur François- Joseph attestent la profondeur de son antipathie pour les : Prussiens, et même pour les Allemands, et“les" facilités : qui s'offraient de maintenir dans son indépendance l'infortuné monarque, allié malgré lui des Hohenzollern.