TES MALE SES
À ie ATATSARS or eu 3
É LIVERT NE) : ACC | NAT T 2 P F2 ë
Ÿ RSR AVE ' A4
[Pad er
En n attaquant personne, la République française restait inattaquable.
Que l'Homme que M. Raymond Poincaré a voulu être se
lève ! Qu'il cesse de ruser ! Qu'il cesse de se ravaler à la me-
9 . + » “ ’ sure d'un politicien subalterne que les événements ont surpris
° " . ] AE = e ] d . d , : ’
et qui n a su ni les prévoir ni les dominer. Quand on a réalisé, n o o e 1 So
comme lui la totale ambition de sa vie, quand on a accompli,
comme lui, dans toute son inflexible rigueur, la tâche entre-
prise, et quand il ne reste plus pour la parachever qu à la
sceller de sa signature, on signe !
Jose m'inscrire contre la sentence de Morhardt, qui exalte et flétrit à la fois dans M. Poincaré un criminel à moitié sublime, de haute stature, atteignant Îles plus redoutables féaux de l'humanité, les Attila, les Gengiskhan, les Mahomet et les Bismarck. Tous ceux qui auront lu ce livre lui dénieront ce genre de responsabilité. Je ne conteste pas l’âpreté de l'ambition sèche qui l'a tendu
depuis son entrée dans la vie politique : mais je nie la conception d'ensemble qui confond les origines de sa carrière publique avec les origines mêmes de la guerre.
Il a trouvé sa voie dans les tournants et les recoins de la
| diplomatie ministérielle, à travers de petits incidents, | créés ou exploités avec une application mêlée de fourberie. Cest là son chemin de Damas dans le sillage d'Is-
volsky, qui l’a séparé de Georges Louis. La diplomatie de
l'ambassadeur, modeste et fructueuse, se défait des
Xe » Ê 8 ?
écueils, proportionnait ses gestes aux difficultés, sans
prendre la massue d'Hercule pour écraser un insecte :
l ses succès n'auraient coûté à la France ni complications mi risques. M. Poincaré na peut-être pas l'esprit __ géométrique de son parent Henri, mais 1l n'a pas joe non plus l'esprit de finesse dont Pascal a dit magistrale-
Îl n'est question que d’avoir bonne vue, mais il faut l'avoir bonne ; car les principes sont si déliés et en si grand nombre, qu 1l est presque impossible qu’il n’en échappe. Or, l’omission d'un principe mène à l’erreur : ainsi, il faut avoir la vue bien nette pour voir tous les principes, et ensuite l'esprit juste pour ne pas raisonner faussement sur les principes connus.
Certains esprits étant accoutumés aux principes nets et grossiers se perdent dans les choses de finesse. On les voit à peine, on les sent plutôt qu'on ne les voit. On a des peines infinies à les faire sentir à ceux qui ne les sentent pas d’euxmêmes : ce sont choses tellement délicates et si nombreuses, qu il faut un sens bien délicat et bien net pour les sentir, et juger droit et juste selon ce sentiment, sans pouvoir le plus souvent le démontrer par ordre. Il faut tout d’un coup voir la chose d’un seul regard et non pas par progrès de raisonnement, au moins jusqu à un certain degré.
Paul Cambon s’en réfère implicitement à Pascal, en avouant à Stéphen Pichon que M. Poincaré, en 1913, aurait fini par nous brouiller avec tous nos amis. Son amb:tion, sa faculté maîtresse, s’est défiée d’une imperfection qui l'inclinait devant Georges Louis. Une vanité qui ne s accommodait pas de ces méthodes le rejeta dans les bras d'Isvolsky, et décréta la chute de Georges Louis. Mais, ne pouvant expliquer ni cette injustice, ni sa dépendance, ni sa politique subordonnée à des manœuvres étrangères, 1] mentit. Dans ce mensonge éclate sa culpabilité. J'ai démontré l’une par l’autre, la culpabilité par le mensonge. Ils feront corps dans l'Histoire.
C'est grande pitié que, dans la veillée tragique où, parincompréhension réciproque, les peuples poussèrent jusqu à l’hÿpéresthésie du moi l'idolâtrie de leurs figures natio-
nales, les pilotes aient été presque tous frappés de cécité :
: AG: $ » ee “ :
<: À 2 c : ) | 4 A tt Ve 07 13 2 SES 4 : w Lire += Le ne # LPS DE NT A fe FLY SEX Le D der Os < x TR (EX à F ea. 0 £ pes ee * dr de D 7 : À Æ |
réflexion, la prévoyance et la patience.
a : nr ne sara met ei. Eli EE NDS —" "1e 8 Le ee D AR TE eee ART NE TG RE Te trs AE ns o pr ! : ) - «
| ln j Lg
ou de délire. Préposés, comme empereurs, rois ou présidents, pour éviter les chocs inutiles, ils ont plongé dans le’vide. Loin de se défendre contre cette ivresse toxique, ils accélérèrent les rencontres mortelles, croyant rendre le coup imoffensif, en devançant l'adversaire, persuadés qu une vitesse supérieure dans l'attaque brusquée serait la meilleure sauvegarde, Quand, trente ans d'affilée, on chauffe les masses à blanc, avec la menace du danger imminent, les chefs ne commandent plus : ils sont menés.
Lord Cromer;, ce pur et rude Anglais qui administra l'Egypte conquise en vieux Romain de la grande époque impériale, a écrit en 1915 une lettre au Times sur le danger de guerre dans les démocraties modernes. Pour lui, au lieu de diminuer, 1l s’est accru par la décadence des régimes conservateurs. Oui, dirons-nous, la Démocratie a pour idéal la paix : elle y va sûrement pour achever la civilisation. Elle y parviendra. Mais l'éducation de chaque
individu appelé à gouverner n’est pas faite. Jusqu'à nouvel ordre, les peuples mêlés par la loi du progrès aux conflits mondiaux y entrent avec leurs passions, leurs sympäthies et leurs haines : ce n’est pas pour le triomphe et l'honneur des droits de l’{ntelligence à trancher les difiérents essentiels entre les races d'élite.
Les castes spécialisées jadis pour régler les affaires vitales d’État à État avaient une solidarité d'instruction, d'intérêts et de mœurs, de qualités et de défauts, qui limitait par des règles unanimement reconnues l’explo- à 4 sion ét la durée des guerres. Une fois abaissées les bar- N1 rières qui ramenaient sur la tête de quelques hommes le Vi poids des responsabilités, nous sommes tombés dans l'inconnu, à la discrétion des instincts qui empêchent la
pv 4 de | ty : À ; bi à os Pa M #1 CL LL, . à) L AS Vase M: indé Cine 7 on des Or | Minas AU ESS à “4 ÿ ? À } " a | 2 * AD à * ns à Y,
L'altruisme supérieur qui classe les hommes d'Etat 11 : L > A nest plus qu'un souvenir du passé. C'est pourquoi les |
SSrEs EL.
+ > " s k % ais . strié ’ A ( c- par | ù | RE \ Dr Frans tops es . dher vas: : …- L … AUS 284 * s” f - : 1 | > PR | REZ) A *:: des ” = * : AA, AD hs É 4 - 8 - va a À Û sf Zn re À deux À A Ter) Es n ten. Soit PET MFP ; EU: AÉPR Aie buses 22: SO SE " . : Ferre | on DER L Per ET netioe rt Er ue #5: D RE : : 5/0 ; 70 , EE ” Va 4 G û - 5 Pete * 2 AT 253 + 5 15 4 RE EC Pr. À + RUES ES s n ve, 0 < . ri *. a, vers & à A à . A Dsl … p ” 3 "N Hi si * Lu 4.4 ONF mé 5 Vi À (E ae pee à - Lee ee 'e PR RNEARS hrs. - té .“Q4 é ( mx ti hé . ; NE es + : + 2 t k, ” S 7 Me dt Ds A IEEL LS rie DE " ' :
j 3 + » , ».- { DeT nas : gp n 1 « ’ # .
d 3 hé RE ETS DE SET % mi rer GNT Te 7? RC LAREMX Deus AIG hour ire , pates ARS RE A . S ! dE = ù res En, LES] en nc À, a F' A a np PE “ : F- - z LEER, à R | F ; : v VE L'on: : es € ù | Me © ! : Se % ae | a «Da me; - L à G à \ | P À à >» “ 14 L 6 k'£ : : ms à # pa: » SSaiiti RON > ia es sed os réailegh ae Dr aËr, Ca M art wire ds : L à 4 : + s # # . CR PE 2 4 : £ ALL 2", + os r i ns des ' £ , j < = : : .: À À. h : è . AS | | '
ee = TC al = LRORNSRONRE" |, PENRERES
” bes— Le — b he PO het | EE GT + ot à y ù bn . 4 sa s Dow be ice 4 SRE ErrR. ni ' ET 2e re “ - ‘ SRE — a
pilotes qui ont à diriger de telles forces élémentaires peuvent d’un geste trop rapide, dans une minute d'oubli, créer infiniment plus de maux que les souverains et ministres d'autrefois. Pour n'être pas des malfaiteurs ou des fous, ils ont besoin de plus de moralité, de clarvoyance et d'humanité. N'ayant pas de responsabilité traditionnelle et d'avenir dynastique, ils sont plus enclins à risquer les parties suprêmes, le tout pour le tout. Tant pis pour nous tous, s’ils n’ont pas en eux une volonté de résistance héroïque : plectuntur Achivi. Marc-Aurèle, qui se répétait à lui-même chaque jour : « Prends garde de Césariser », devrait être leur modèle, leur maître : mais comme ils en sont loin ! Quelle ironie dans ce nom augustel
En 1914, il est évident qu’on n’a r'en observé n1 pesé, x Berlin, à Saint-Pétersbourg, à Vienne, à Paris, sauf qu'il fallait aller vite au précipice. Seuls Londres et Rome ont calculé. À Belgrade et à Cettigne, on a tablé sur la débâcle de l'Europe où Serbes et Monténégrins n'avaient rien à perdre, tout à gagner. Combien nous regrettons aujourd'hui qu’on ait écarté ici et renié avec un dédain transcendental, une méchanceté voisine de la sottise, l'équipe des professionnels et des compétents,au milieu desquels brillaient la science et la conscience de Georges Louis | N'est-ce pas la morale du drame que je viens de raconter 2 N'est-ce pas la première cause des souffrances intolérables des inquiétudes nouvelles que nous devons à des impro-
visateurs sans méfiance et sans préjugés, sans talent et sans
vertu ?
Le silence atterré des braves gens qui laissent égorger les meilleurs d’entre eux, sans lever le doigt ni ouvrir la bouche, continue à enhardir les égorgeurs, puisqu'ils ont repris leur antienne quelques jours avant l'achèvement de.
ce livre. La revue Europe ayant publié quelques fragments
des Carnets impeccables de Georges Louis, consignant au
el, xs DÉC Er : $ Pts A TP) SAP VERTE LUS *s pr
APN E" CAL ee ù
He F
CRE EE AOC SEAT LS NRA ES È* AA + SR LR MERE en Ne et her me ee SA AU UE? RTE NET LE SN ALAIN SSL EE SRE EE UPPER
/ # $ N 2 er. RÉ CS 2 à RING DT M 573 CTP AA 2% a YA 2} ©, vga h; HSE AE Et D "AT ES 6 HE = pre 8 à 32 Fri he << NE : s
jour le jour des impressions, des conversations et des con- . fidences qui ne craignent aucun désaveu, M. Raymond | Pomcaré s'est mis en campagne pour racoler au pied levé quelques démentis de complaisance.
- On l'a vu se dérobant et se couvrant derrière son ancien + chef de cabinet pour expliquer l’emploi des fonds secrets destinés à la presse. M. Dæschner se retranche derrière la modestie des sommes allouées par le Parlement, qui se . } montaient à un million seulement en 1912, pour dégager . à son chef. Mais la correspondance méphistophélique … d’Isvolski démontre largement que son amour pour la __ | presse française, dont il s’entretenait si fréquemment avec le Président du Conseil de 1912 et avec le Président de la République de 1913, lui dictait d’incessantes sollicita- | tions auprès de son propre gouvernement. C’est ainsi quil comprenait l’aide mutuelle de deux pays et les obli- gations de l'Alliance. Ainsi s’allongèrent des listes inter- … minables d’apports russes, dont les contingents s’ajou- * taient à ceux dont M. Dæschner garantit la moralité, et la 2% distribution plutôt inoffensive, Les publications qui s’en- tassèrent dans les colonnes de l'Humanité, dont les souvenirs de Georges Louis n'affaiblissent ni la précision, ni | l'authenticité, ont fait toute la lumière ; elles ont trait | presque uniquement au dédoublement des fonds secrets | affectés en France à l'ingérence concertée de deux gouvernéments pour ravitailler des organes de publicité trop . résistants ou susceptibles d'accepter des encouragements
étrangers. | Quant aux certificats, obtenus sous la pression de certaines solidarités gênantes, ils pèseront de peu de poids auprès des notes si loyalement enregistrées par l'historien |} infaillible qu'était Georges Louis. J'ai moi-même, dans L les pages où il m'a mis personnellement en cause, vérifié la prodigieuse fidélité de ce maître en interviews dont la
CNE: NX 0 AN L MEL" NI GARE
RE ht pd bo qe à qu en ce pa he
# ü im del
sd s « TEA su 4 té rt bf LL ent. as 4 der? * Es AU ail lk 7 "2% 4. LE PR TE EE. MR 11 : Par : 7 - de. | Lé +
y APT L4 L EE Fi h del. L
rédaction n’a jamais altéré, soit dans l'expression des idées, soit dans la nuance de mots, les paroles et les pensées de ses interlocuteurs. D'ailleurs les documents ofhciels qui remplissent ce livre ajoutent sur le fond du sujet, qui est le conflit de Georges Louis avec Isvolski et M. Poincaré, des confirmations absolues : les détracteurs des Carnets auront du mal à présenter celles-ci comme apocryphes ou remaniées pour le bon plaisir des insinuations maises d'un M. Jean Bernard.
Tout ce travail piteux de dégradations calomnieuses sur le passé irréprochable et les services innombrables de Georges Louis a été encore cuisiné par un publiciste dont Mermeix, roi du genre, sera probablement jaloux, par M. Pierre Albin. Pour moi c'est une vieille connaissance. C'est lui qui en 1914, durant les mois qui précédèrent la ouerre, ma porté dans mon cabinet de directeur de l'Éclair les fameux Documents verts. Il insistait. dans une suite de visites pressantes, pour quils fussent publiés sous ma responsabilité dans mon propre journal.
Il est évident que M. Pierre Albin ne pouvait pas tenir ces pièces secrètes de lui-même ou de ses dossiers, quil les avait reçus d’une personne qualifiée pour les posséder légitimement, soit un ancien ministre, soit le Chef de l'État, soit encore un haut fonctionnaire interposé, autorisé et encouragé, pour que le coup réussit. Car c'était un coup. À ce moment, à la veille de l'attentat de Sérajévo, 1l y avait de la lourdeur dans l'air et des difficultés croissantes dans les rapports de Paris avec Berlin. Les Docu- … ments verts que l'Allemagne sans doute prétendrait avoir été volés dans son ambassade, contrairement aux règles de l'exterritorialité, auraient pu entraîner, une fois publiés, des demandes formelles d'explication, aggravées ensuite [2 r une demande d’excuses et un ultimatum pour fur. |. Etait-ce là le but de M. Pierre Albin et le piège tendu à ma , |
4 N'a : C JUS, VA Ée PA Ép ÿ GS ÉHESSAr k ASS ASS -
Fe D
PRÉC LR PIN Pet DK 7 ( 1 ENT ne ON LS ï : + em É : ; - + Le
En
candeur par ceux qui me l'avaient envoyé? En tout cas je
me suis débarrassé de la proposition suspecte en invitant
d'autres à publier en mon lieu et place, s'ils en avaient envie. Or c'est ma répudiation claire et nette qui a été interprétée par l'Action Française, puis reprise par M. Lescouvé, Procureur général, dans mon procès de 1923, pour
m’accuser d’avoir tenté de provoquer la guerre au profit
de l'Allemagne.
Cette fois nous avons la satisfaction d'apprendre par M. Albin que l'intérêt de la Patrie exigeait la démission instantanée de Georges Louis, et le départ de sa femme pour Saint-Pétersbourg, suivi de son retour immédiat, après la révocation de son mari. Îl vaut la peine de reproduire le morceau définitif, la péroraison diffamatoire de
l'article bourré des arguments moisis et fielleux de [2 : æ ? ? à & Ê] e.p M. Poincaré contre la capacité, la santé et l'activité de
Georges Louis, ainsi que de pointes acrimonieuses contre
ses défenseurs :
Si, néanmoins, la réalité est bien celle exposée par
Mne Louis, il ne restera plus à l'opinion française, justement
révoltée de voir un ambassadeur de France, par delà la mort,
et la veuve de cet ambassadeur, Française par le mariage, armér d’une s#fgumentation erronée et ambigu la propagande
ennemie, il ne restera plus à cette opinion, pour enlever toute
portée à la publication, qu’à retenir certains faits troublants,
des propos tenus et qu'on répète dans les salons, des accointances fâcheuses avec un ménage célèbre encore à Biarritz,
dont le mari finit au peloton d'exécution.
Et à conclure qu’un grand dignitaire de la Légion d'hon-
. neur et sa veuve ont été capables de sacrifier l'intérêt de leur | pays à une rancune personnelle.
- L'histoire de la guerre européenne nous a heureusement, par ailleurs, apporté le réconfort de quelques héroïsmes.
Lai pe
“a di:
Te AT PE Ve T4 Min “sn