‹ Georges LouisChapitre 16 sur 145 · POINCARÉ · texte numérisé non relu

POINCARÉ

À eux seuls ce néanmoins et ce volontiers valaient un long poème. Que de peine pour composer une attitude, que de tiraillements se devinaient dans ces quatre lignes arrachées de mauvaise grâce !

M. Poincaré était inconsolable de l’indiscrétion malencontreuse qui l'acculait à se soumettre. Il fit chercher inutilement le coupable par sa police : lui-même en séance du Conseil interrogea chacun de ses collègues. Tous l'évincèrent poliment. En tournant et retournant sa plume pour autoriser le retour de Georges Louis, il songeait que le guet-apens si bien machiné avait fait long feu. La flamme du pétard allumé de travers lui brûlait les doigts : tout était à recommencer. Il se demandait comment, ayant perdu la première manche et craignant de perdre la seconde, il gagnerait la belle, Il reprit courage en réfléchissant que tout fonctionnaire, d’après les statuts administratifs, lui appartenait, qu’il en gardait le sort entre ses mains, à sa discrétion. Tant que la déconvenue ne s'ébruiterait pas, n avait-il pas le temps de trouver une solution? Isvolsky garantissait le silencé à Saint-Pétersbours : pour l'organiser autour de lui, à Paris, Paléologue veillerait. Mais 1l échoua par la complication même de ses finasseries et leur mise en œuvre trop précipitée. En somme il n aboutit qu au scandale international. Un journal allemand, la Rheinisch-Westfälische Zeitung, l'étendit complaisamment dans un article du 17 mai 1912 :

M. Sazonoff, ministre des Affaires étrangères de la Russie, vient de faire une demande comme il s’en rencontre rarement dans l'histoire de la diplomatie. Il a réclamé d'une

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