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Arrivé à Paris sain et sauf, après une alerte assez chaude, Georges Louis ne triomphait qu’à moitié : il n’en avait pas moins franchi le premier degré dans son ascension nouvelle. Le 13 mai, il pouvait se redire à lui-même que les angoisses du 8 mai n'étaient plus qu'un souvenir. Presque naufragé, il ne savait pas quel accueil lui réservait la terre ferme ; mais il l’abordait, bel et bien rescapé. Son retour hâterait inévitablement la défaite d’une camarilla incorrigible, qui neutralisait sa présence. A Saint-Pétersbourg il n'avait pas les mêmes chances d’écra: ser dans l'œuf la conspiration pondue et couvée rue de Grenelle, à l'ambassade d'Isvolsky. Il repéra bientôt le moment où elle avait pris corps, où elle s'était cristallisée.
Ces précisions obtenues sur place lui remirent en mémoire des bruits oubliés, semés jadis dans la presse
russe en avril 1910. Une dépêche assez alambiquée de l'Agence Havas les avait démentis :
Saint-Pétersbourg, 24 avril
Les Novoïé Vremia et d'autres journaux ont accueilli le bruit du prochain rappel de M. Louis, ambassadeur de France.
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