‹ Georges LouisChapitre 19 sur 145 · VENTRE · texte numérisé non relu

VENTRE

à Lu MTS.

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On annonce, de source autorisée, que ce bruit est complètement infondé.

En 1910 l'ambassadeur passait pour avoir trop peu de tendresse pour la politique anglaise. L'imputation fausse venait-elle de source allemande comme l'ont prétendu les journaux russes? C'est assez douteux. Mais il n'y a pas de fumée sans feu. Ce canard n'aurait pas volé tout seul. En 1912, Georges Louis n’était pas loin de supposer une afiliation de l'intrigue nouvelle à l'ancienne, une paternité analogue. Les relations volages et les convictions changeantes d’Isvolsky ne lui disaient rien qui vaille. Tantôt germanophile, tantôt germanophobe, au gré de ses besoins ou de ses rancunes, sans principes, pas plus nationaux que moraux, celui-ci sautait d'un camp européen dans l’autre. Kokovtzoff n’a-t-il pas rapporté à Georges Louis cette boutade de Guillaume II à Port-Bal-

tique ?

Vous êtes le Président du Conseil. Vous êtes Russe. Vous voyez tout au point de vue russe. C'est parfait. Je sais qui j'a devant moi. Si je n’aime pas Isvolsky, c'est parce qu'on ne sait jamais ce qu'il est. Tantôt 1l est Anglais, tantôt il est Japonais, tantôt Italien, et l’on ne sait jamais ce qu'il sera demain.

D'où soufflait le vent dans la tête d’Isvolsky ? De quand datait son emprise sur le gouvernement français? Le 1 1 avril, lorsque M. Poincaré écoulait dans une lettreintempérante sa bile contre Sazonoff, le charme de l’ambassadeur russe n’agissait pas encore sur lui. Mais en quelques jours il avait changé du tout au tout. Avant, les directives du Président français s'esquissaient timides et irrésolues.

Elles flottaient à la dérive à travers des incertitudes cons-

tantes, dans le va-et-vient des impressions contradictoires

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