‹ Georges LouisChapitre 28 sur 145 · mai · texte numérisé non relu

mai

[Je vous écris] à la hâte quelques lignes au sujet de l’incident très désagréable pour moi avec Georges Louis.

Vous savez que dès le commencement j'ai considéré cette affaire comme très délicate et difficile, que j ai longtemps hésité à en parler à Poincaré, et ne m y suis décidé qu'après avoir reçu votre lettre, dans laquelle vous m écriviez que « la coupe de votre longanimité était pleine ».. Je me suis décidé, le cœur gros, à le mettre au courant, de la manière la plus confidentielle, des froissements et malentendus entre vous et G. Louis, sans le presser et sans demander son rappel, mais en lui indiquant seulement, que, dans l'intérêt des relations francorusses, 1l serait désirable dans un avenir plus ou moins éloioné, de le remplacer...

Malheureusement, ici encore, s’est afñrmé l'esprit brutalenent direct de M. Poincaré, tout à fait ignorant des formes et les procédés diplomatiques.

Au lieu de garder ses conversations entre nous, et, après avoir pris la décision de déplacer Louis, d'attendre tranquillement pour cela un moment favorable, il en a avisé Georges Louis, en dépit de ma prière mstante de conserver à toute cette affaire un caractère rigoureusement secret, et a mis au courant tous ses collègues du Conseil des Ministres, auxquels 1l a proposé d'examiner la question de la nomination d’un nouvel ambassadeur à Saint-Pétersbourg. Une fois que le rappel éventuel de Georges Louis était connu de quatorze ministres, une indiscrétion de la presse était inévitable.

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