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renouvela la même cérémonie loyaliste en reprenant possession de son ambassade. Un rédacteur de la Peters- ,e 7 1h d ü) bourghaïa Gazetta obtint d’être reçu presque immédiatement le 13-26 mai, et son procès-verbal fit un agréable ACTA . 5 d " TE pendant à l'interview de l’Écho de Paris :
La question que nous posons concerne les bruits sensationnels du départ de M. Georges Louis, qui, ces temps derniers. ont rempli les colonnes de la presse russe et française.
L Ambassadeur appelle tous ces bruits des bétises.
Voici les propres mots dont s'est servi M. Louis, s’exprimant cette fois dans la langue diplomatique, voici la déclaraton que l'Ambassadeur de France nous autorise pleinement à imprimer :
« Je déclare catégoriquement que tous les bruits de mon départ de Pétersbourg à cause du climat, de ma santé et encore plus pour des motifs politiques sont faux.
€ Je reste à mon poste. »
Oui, ces motifs étaient faux : mais les bruits ne l’étaient pas. Leur démenti chevaleresque couvrait la politique française. M. Poincaré aura-t-il le front de l’opposer à la véracité des carnets de Georges Louis, dont l'attitude, noblement insincère, fut correcte jusqu'aux extrêmes subtilités de l'euphémisme? Avant de repartir, il passait en revue dans sa tête les questions à résoudre qu'il aurait voulu poser et auxquelles 1l ne fut pas répondu. Cette notation précieuse, dont le brouillon ne se lit pas sans émotion, mesure l'écart entre la satisfaction qu'il exprimaïit et ses tourments professionnels : |
Je vais être interrogé à Saint-Pétersbourg.
Dans quelles conditions je repars?
À-t-on télégraphié à Pétersbourg ?
Quel langage Poincaré doit-il tenir autour de lui?
Quelle situation aurai-je là-bas d
Que dois-je dire à Sazonoff 2
Suis-je assuré que je serais tenu au courant en temps utile, et de la suite donnée à cette affaire si elle en a une? Le serai-Je par le Ministre lui-même?
Tous les journaux ont dit que l'ambassade de Pétersbourg avait été offerte à Deschanel le dimanche 139 Mon rappel était donc décidé.
On a dit dans les journaux que vous prendriez une décision après avoir été à Saint-Pétersbourg. Cela veut dire que pendant trois mois l'Ambassadeur de France sera tenu en obser- Vation par le Gouvernement français. Quelle autorité aura votre Ambassadeur dans ces conditions d
On a parlé du ralentissement de mon activité extraord;naire.Sur quel point ai-je omis de renseigner mon Gouvernement? Je souhaiterais que l’on comparât ma correspondance avec celle de mes prédécesseurs.
Comment avec une presse aussi nerveuse que la nôtre laisser durer cet incident ?
Georges Louis, en faisant le tour des difficultés laissées pour compte, marquait son angoisse et son dénuement. Que penser du patriotisme de ceux qui le renvoyaient ainsi, ne pouvant exercer son mandat qu’en effigie, sans force et sans vertu? Etranger aux habiletés parisiennes, 1l ne chercha pas même à prévenir le moindre journal, soit en France, soit en Russie, pour que l'opinion sentiît la beauté de son sacrifice. Il s’en alla désarmé, les mains vides, s'en remettant à ses chefs. Loin d’honorer cette tenue irréprochable, M. Poincaré en prit avantage pour préparer à coup sûr un deuxième assaut. À ses yeux l'honnêteté de Georges Louis n’était qu'une faiblesse. Isvolsky et lui s'en prévalurent pour s’entourer de pré-
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