G. LOUIS
22 juin 1912
J'ai demandé à M. Sazonoff de prier l'Empereur de me recevoir en audience particulière. Le Ministre fera part à Sa Majesté mardi, qui est son jour de rapport, du désir exprimé à ce sujet par le Gouvernement de la République, et il est probable que Je serai reçu à Péterhof dans le courant de la semaine.
25 juin 1912
L'Empereur me recevra après-demain jeudi à midi. Je viens d'en être informé par Sazonoff.
27 juin 1912
L'Empereur m a donné audience aujourd'hui à Péterhof et s'est entretenu très longuement avec moi des diverses questions qui intéressent les deux gouvernements : guerre italoturque, situation dans les Balkans, affaires d'Extrême-Orient, prochaine entrevue des deux Empereurs, renforcement de la flotte de la Baltique et votre prochain voyage en Russie.
Sur tous ces points, Sa Majesté m a tenu le langage le plus satisfaisant. Je résumerai par télégrammes séparés les différentes parties de cet entretien, que l Empereur a conclu par
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ces mots : « Entre la Russie et la France rien ne doit, rien ne
peut changer. »
27 juin 1912
Au moment où l'audience allait prendre fin, j ai fait allusion, suivant vos instructions, à l'incident qui me concernait, et J ai demandé à Sa Majesté s’il était vrai © que l'on eût produit contre l'Ambassadeur de France quelque grief autorisé ».
«— De moi, a répondu aussitôt l'Empereur, aucun.»
La dénégation fut si précise et si prompte, et l'Empereur s'était montré si bienveillant pendant tout l'entretien, que je n'ai cru pouvoir ajouter aucune autre question.
Tout le monde dit aujourd’hui, dans les salons en contact avec la Cour, que ce n’est ni l'Empereur, ni son Gouvernement qui ont fait parler M. Isvolsky. Ce n'est pas même M. Sazonoff, quoique ce dernier ait cherché un peu à couvrir son prédécesseur. C’est la Grande Duchesse Wladimir qui par ses conversations non autorisées a amené tout ce bruit. Elle avait déjà et très vivement mécontenté dans des circonstances analogues l'Empereur Alexandre IT, qui ne pouvait souffur cette Parisienne du Mecklembourg. Nicolas IT n’admet pas plus que son père l'ingérence de la Grande Duchesse dans les affaires de l'État. On affirme ici qu'il le lui a fait sentir, et que c'est pour cela que ni elle, ni ses fils n ont accepté de paraître aux fêtes de Moscou. |
Il était impossible au critique le plus chagrin de mordre sur une correspondance qui mettait l'ambassadeur en belle posture et la France en bonnes mains. Il y a quelque malice dans la manière dont Georges Louis dosa ses informations et distilla pour ainsi dire le récitde son entre-
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