‹ Georges LouisChapitre 84 sur 145 · AR EE · texte numérisé non relu

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Ayant eu la garde de cette alliance, il avait le droit de se féliciter de ce que, loin de péricliter, ses racines s'étaient fortifiées grâce à lui. Il écrivait le 25 mars 1912 :

S1, dans ce que m a dit M. Sazonoff de l'exposé qu'il compte faire à la Douma, ]j ai relevé particulièrement la phrase concernant « le continuel échange de vues entre les deux Gouvernements sur toutes les questions à l'ordre du jour », c’est parce qu elle montre que le Gouvernement russe, conformément au désir qui a été exprimé l'année dernière à la tribune de notre Sénat, reconnaît la nécessité du perpétuel contact qu exige la pratique de l'Alliance.

[Il suffit de se reporter à la correspondance des premières années de l'Alliance pour constater que ce contact est aujourd'hui beaucoup plus étroit qu'il n'était autrefois.

Toutes ces citations, dont 1l me serait facile d’augmenter le nombre, sont irrécusables sur les résultats excelents qu avait obtenus la diplomatie de Georges Louis quand un nouveau ministère s'installa en janvier 1912. Les débuts furent cordiaux, et pas un mot, pas une ligne ne permet de croire que le Président du Conseil, choisi

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pour développer une politique sincèrement nationale, ait eu dans l'ambassadeur un adversaire ou un collaborateur mécontent. N'’a-t-1l pas tenu à saluer son chef dans ce télégramme qui devait faciliter les meilleures relations :

Saint-Pétersbourg, 17 janvier 1912

Le Ministre des Affaires Étrangères vient de me dire que la

formation du ministère que vous présidez produit la meilleure impression. [] m a en même temps exprimé sa très vive satisfaction de votre premier éntretien avec l'Ambassadeur de Russie à Paris.

Comment en moins de quatre mois de si belles dispositions de part et d'autre ont-elles abouti au divorce du 8 mai 1912?

Georges Louis, dont la pénétration n'a pas cessé d'être au-dessus de tout éloge, avait le vif sentiment que la politique française trouvait devant elle un mur derrière lequel il se passait quelque chose. Si le Gouvernement de M. Poincaré n'a pas su avant le mois d'août que la guerre était au fond des contrats signés en dehors de nous par l'Italie avec la Russie et par les agents russes avec Îles États balkaniques, c’est qu’il n’a pas écouté son ambassadeur, et, en essayant de le briser, en le diminuant, en l'obligeant à se défendre lui-même au lieu de continuer son travail d'information et de surveillance, 1l s'est privé de l'agent indispensable pour prévenir la guerre balkanique, lui barrer la route et empêcher la guerre mondiale. Dès le mois de janvier, Georges Louis appelait l'attention sur la politique austro-russe-italienne dont Isvolsky était l'inventeur et le metteur en scène :

ser Lu = CET SE + mn, .

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