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Le 8 avril, Georges Louis, que préoccupent les sentiments de Sazonoff à l'égard des chances bonnes ou mauvaises courues par la flotte italienne, se souvient de plus en plus qu'Isvolsky lui avait dit en juillet 1909, avant même d'aller à Racconigi : « L'idée de M. Tittoni, c'est d'arriver à une entente austro-italo-russe dans les Balkans, et c'est aussi la mienne.» Cette triple entente balkanique était évidemment très favorable aux intérêts italiens : mais pourquoi la Russie y trouvait-elle si bon compte ? Sazonoff crut devoir en donner une explication plus ou moins satisfaisante, qui en cachait sans doute une autre :
Si le Ministre russe redoute un désastre de l'Italie, « c'est, m'a-t-il dit, en raison de l’orgueil qu en éprouverait le monde musulman et des graves difficultés auxquelles devraient alors s'attendre les Puissances qui sont en contact avec l'Islam ». D'autre part, après nous avoir laissé comprendre qu il souhaïtait que la flotte italienne pût atteindre le Bosphore, il a ajouté, pour expliquer tout au moins son absence d'inquiétude dans l'éventualité de l’arrivée de l'Italie devant Constantinople, « qu’elle était la seule Puissance qui pourrait y aller sans pouvoir y rester ». |
Il est possible d'admettre que si en février la Russie souhaïtait, et si aujourd’hui elle va jusqu à conseiller une prompte action de l'Italie, au cas où les risques ne seraient pas trop grands, dans les Dardanelles, c’est uniquement pour hâter la fin de la guerre.
Mais on peut aussi se demander si la flotte russe de la Mer Noire resterait immobile dans le cas où celle de l'Italie arriverait devant Constantinople. Je pourrais poser la question dans un de mes prochains entretiens avec M. Sazonoff:
Voilà peut-être un des premiers motifs pour lequel Sazonoff prit en mauvaise part l'insistance de Georges
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