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Louis. Des indices nombreux font foi que la Russie cherchait un boute-en-train pour intervenir elle-même à son heure dans les Balkans. Sazonoff, conseillé par [svolsky, avait intérêt à cacher son jeu et à répondre le moins possible aux interrogations trop curieuses. La lettre de Georges Louis du 1} avril revient sur ce sujet capital :
Voici ce que M. Sazonoff m'a dit hier au sujet des Dardanelles : « À mon avis, on n'a pas le droit d'empêcher l'Italie d'y aller, puisque le forcement des Dardanelles pourrait être pour elle un moyen de hâter la paix. Mais les risques sont grands, et vous savez qu à mes yeux un désastre italien, que ce soit en Tripolitaine ou dans les Dardanelles, serait un malheur pour nous tous qui avons des sujets musulmans. D'autre part, il est certain qu à Berlin on ne verrait pas avec plaisir la flotte italienne arriver devant Constantinople. Mais que ferait l'Allemagne, que ferait l'Autriche? Je l'ignore. »
« Et vous ? » ai-je demandé. « Et la flotte russe de la Mer Noire? »
« Notre flotte ne bougerait pas à l’arrivée de la flotte italienne, m'a répondu M. Sazonoff, dussé-je encourir une fois de plus les foudres de la presse, »
Le Ministre n’a pas ajouté, mais j ajoute pour lui: À moins d'un ordre inattendu de l'Empereur.
Il faut toujours compter avec cet imprévu, surtout quand l'Empereur est loin de ses Ministres.
Malgré la fréquence des rappels de Georges Louis sur la communauté des intérêts russo-italiens, M. Poincaré n’en comprit pendant plusieurs mois n1 le caractère, n1 l'importance. À plus forte raison, la solidarité de Tittoni et d'Isvolsky était pour lui lettre: close: Je me souviens qu'il me dit un jour : 4 Je me demande pourquoi, lors-
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