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un programme avec lequel il fallait compter, soit pour adhérer les yeux fermés, soit pour préserver la France de responsabilités qui ne l’auraient pas asservie impunément.
Questionnaire du 14 février 1912.
Il serait désirable de s’entendre sur la manière de voir et d'agir en vue des éventualités suivantes :
a) Une crise intérieure (gouvernementale) en Turquie ;
b) Une démarche active de l'Autriche (Sandjak, Albanie) ;
c) Un conflit armé entre la Turquie et une Puissance balkanique (Monténégro, Grèce, Bulgarie).
Les questions pratiques qui s’y rapportent et qu'il s agirait d'étudier sont :
Jusqu'où laisserait-on aller les événements ?
De quels moyens moraux dispose-t-on pour influencer les acteurs directs des événements éventuels ci-dessus indiqués?
Par quelles mesures pratiques pourrait-on appuyer une action diplomatique?
Georges Louis ne se trompa pas sur la sigmification de ce canevas, qui n'était communiqué à aucune Puissance avant nous et sur lequel Sazonoff espérait nous engager. Dès le 15 février, il écrivait à M. Poincaré :
Ce sont, avec encore quelque réserve dans les mots, les plus grosses questions que la Russie puisse soulever vis-à-vis de son Âlliée.
Mais pour nous mieux vaut consentir à les examiner dans des conversations académiques que de risquer d'être entraïnés par la rapidité des événements à la suite de la Russie, sans avoir pu ni discuter son action, ni poser nos conditions.
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Georges Louis n'entend rien brusquer, encore moins brouiller les cartes : mais 1l devine qu'il est sur la piste de guerte. Il ne s'arrêtera plus désormais pour faire sentir à Paris le sérieux de la situation. Il a som de rappeler ce qu 1l a déjà dit sur l’idée de Tittoni adoptée par Isvolsky d'une entente austro-italo-russe dans les Balkans, et 1l poursuit, le 21 février 1912 : |
Îlest certain que ce programme est aussi celui de M. Sazonoff. Mais, dans un rapprochement austro-russe, 1l s'emploie activement en faveur des intérêts italiens.
J'ajoute que jusqu'à présent 1l n’y a rien de changé dans les sentiments de la Russie vis-à-vis de l'Autriche. On se rapproche de l'Autriche bien moins pour s’unir à elle que pour la surveiller et la contenir. À ce point de vue, la politique russe et la politique italienne semblent faites pour s'entendre.
[Il n'est pas exact de dire que la Russie veut « se consacrer en toute quiétude aux affaires d'Asie » et «s’absorber en Mongolie et en Perse, comme autrefois en Mandchourie ».
C'est tout le contraire qui est vrai, et nous avons intérêt à ne pas nous y tromper. Pour M. Sazonoff comme pour M. Isvolsky, ce nest ni en Chine ni en Perse, mais dans les Balkans que
la Russie doit porter actuellement le principal effort de sa politique.
La visite du roi de Monténégro à Saint-Pétersbourg coïncidait avec l’aide-mémoire du 14 février. Ce prince remuant, besogneux et sans scrupules, venait généralelement en Russie pour flatter à son profit les susceptibilités russes contre l'Autriche. Le 30 décembre 1911, Georges Louis télégraphiait à Paris :
De même que Votre Excellence, M. Sazonoff considère comme imaginaires les informations données par le Roi de
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