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PROJET D'UNE ACADÉMIE DE CHIRURGIE

il importait de les rendre tous favorables à la nouvelle institution; aussi, l’article 29 spécifiait que les chirurgiens non classés parmi les académiciens ordinaires, « étant censés adjoints à l'académie, » prendraient place dans ses rangs chaque fois qu’ils auraient à lire une « observation » importante; leurs travaux seraient ensuite imprimés avec ceux de la Compagnie.

L’utilité du projet était incontestable, mais Mareschal et la Peyronie avaient des détracteurs et des ennemis : on laissait entendre au roi qu’une Académie composée de « barbiers » prêterait au ridicule, et que les lettres patentes approuvant son établissement soulèveraient les moqueries. Heureusement, le cardinal de Fleury, premier ministre, aimait à s'occuper de questions chirurgicales : tout récemment, 11 témoignait de l’intérêt aux efforts de Morand pour introduire en France la taille latérale. Les deux chirurgiens purent le convaincre des avantages de leur conception, et la bienveillance du ministre leur valut celle du comte de Maurepas, secrétaire d'Etat de la maison du roi, qui régentait tous les Corps savants. Le docteur Dubois d'Amiens, secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine, écrivait en 1855 :

« Mareschal et la Peyronie étaient deux hommes qui se complétaient en quelque sorte l’un par l’autre. Mareschal n’exerça pas moins d'influence à la Cour pendant la minorité de Louis XV que sous le règne de Louis XIV, et il faut lui rendre cette justice qu'il La fit toujours tourner au profit de la chirurgie. En s’associant la Peyronie, 1l avait fait le plus heureux choix : celui-ci, en effet, compensait ce qu'il y avait de trop dur dans le caractère de Mareschal. Mareschal, âgé de soixante-quatorze ans lors de la fondation de lAcadémie, se reposait sur la Peyronie de tout ce qu’on pourrait appeler la partie administrative, mais, par la fermeté, je dirai presque par la violence de son caractère, il faisait taire tous ceux qui avaient voulu s’opposer à l’établissement définitif de la Compagnie (1). »

Le 19novembre 1731, Georges Mareschal recevait de Maurepas la lettre suivante :

«J'ai, Monsieur, rendu compte au roi du projet de lettres

(1) Mémoires de l’Académie impériale de médecine, 1855.

patentes et de statuts que vous m'avez remis pour autoriser l'établissement d’une Académie de chirurgie à Paris. Sa Majesté juge à propos de suspendre d’accorder ce titre Jjusqu’à ce que l’expérience ait fait connaître les avantages que le public en peut retirer, mais elle m’a ordonné de vous écrire qu’elle approuve que les assemblées académiques de chirurgie soient continuées dans la forme prescrite par le règlement que Sa Majesté en a approuvé; elle souhaite même être informée des progrès que fera cet établissement, afin d’être en état de juger s’il est assez utile pour mériter d’être autorisé par des lettres patentes; on en a usé de la même manière pour les autres Académies. Comme Sa Majesté a réglé le nombre des chirurgiens de la ville de Paris qui doivent composer les assemblées académiques, vous voudrez bien m'envoyer un état de ceux que vous croirez à propos d’y admettre et le diviser par classes, ainsi qu'il est porté par le règlement ci-joint. Lorsque vous m’aurez envoyé cet état, je le présenterai à Sa Majesté et je vous informerai des ordres qu’elle m’aura donnés.

« Vous connaissez, Monsieur, les sentiments avec lesquels je vous suis plus parfaitement dévoué que personne du monde. »

Ainsi, les statuts rédigés par les deux premiers-chirurgiens étaient approuvés sans modification, et le roi faisait savoir qu’il jugerait les résultats de l’Académie avant de lui donner une entière consécration : Mareschal et la Peyronie procédèrent immédiatement au choix des dix membres libres et des soixante membres ordinaires devant constituer la Compagnie, et, au commencement du mois de décembre, ils en adressèrent la liste au comte de Maurepas. Parmi les maîtres désignés se trouvaient Jean-Louis Petit, chirurgien dont le médaillon figure au fronton de l’école de,médecine; le lithotomiste Morand; les anatomistes Garengeot, Verdier et Ledran; les accoucheurs Puzos et Peyrat; les futurs « démonstrateurs » la Faye et Arnault; le physiologiste Bassuel, connu plus tard pour son étude sur la systole du cœur; les excellents praticiens Guérin père et fils; enfin Houstet, Malaval, Andouillé, Baget, Pibrac, Foubert, Duverney, etc. Le 11 décembre, Maurepas écrivait à Mareschal :

« J’ai, Monsieur, présenté au roi l’état des maîtres chirurgiens

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de la ville de Paris que vous proposez pour former la Société académique de chirurgie. Sa Majesté approuve votre choix et vous voudrez bien en donner avis à chacun d’eux. Je vous suis, etc. » à

Le nom par lequel le secrétaire d'Etat désignait la nouvelle Compagnie fut seul en usage dans les documents officiels pendant quelques années, mais le public lui reconnut dès sa création celui d’ «Académie de chirurgie (1) ».

La première séance de la « Société académique » eut lieu Île 18 décembre 1731, dans la « salle des assemblées (2) » de Saint- Côme, sous la présidence de Georges Mareschal; des soixante-dix maîtres convoqués par le premier-chirurgien, soixante-huit s’étaient rendus à son appel. Le directeur J.-L. Petit, le vicedirecteur Malaval, le secrétaire Morand, les secrétaires adjoints Ledran et Garengeot, le trésorier Bourgeois entouraient Mareschal. On lut d’abord le projet de règlement, et la lettre ministérielle dont l’Académie tenait son existence, puis la liste des membres libres et ordinaires fut proclamée. Enfin, Mareschal, annonçant que la seconde séance aurait lieu par exception le lundi 24 décembre (3), « exhorta ceux qui se trouvaient à l'assemblée à mériter de plus en plus par leur zèle la protection du roi qui, par le nouvel établissement, faisait un honneur singulier aux chirurgiens de Paris (4). »

Si les maîtres désignés pour faire partie du Corps savant accueillaient avec satisfaction l'annonce de sa création, les autres ne cachèrent pas leur mécontentement, car «le choix de Mareschal pouvait devenir celui du publie (5) »; craignant que leur clientèle ne diminuât au profit des académiciens, ils s’oppo-

(1) Ou d’Académie de Saint-Côme. (Mercure de France de novembre 1732; Journal de Barbier de janvier 1733.)

(2) De 1707 à 1711, la Communauté des chirurgiens de Paris avait élevé devant l’amphithéâtre, à la place de l’ancienne maison de Saint-Côme, un bâtiment plus vaste, contenant une salle aménagée pour les réunions des confrères; ce fut Mareschal qui inspira cette œuvre et en régla les détails. Au rez-de-chaussée, sous la « chambre du conseil », se trouvaient les « charniers » de Saint-Côme; par un acte du 3 septembre 1716 (Archives nationales, L 897, p. 157), le premier-chirurgien du roi termina les contestations élevées à leur sujet entre sa Communauté et le curé de la paroisse. (Voir BLONDEL, Architecture française, t. IT, p. 84 et suivantes.)

(3) Les réunions devaient avoir lieu le mardi de chaque semaine, maïs le mardi 25 décembre était le jour de Noël.

(4) Bibliothèque Mazarine, À 15268, p'e 6, première séance de l’Académie.

(5) Examen impartial des contestations des médecins et des chirurgiens, par M.De B..., 1748, in-12.

sèrent de toutes leurs forces « à un arrangement si contraire à leur intérêt ». Au sortir de la première séance, les prévôts Serres et Crestellet du Plessis déclarèrent que la nouvelle Société était «un monstre engendré dans le sein de leur Compagnie», et, voulant contrarier ses réunions, ils annoncèrent une démonstration anatomique pour le mardi de chaque semaine. Mareschal eut connaissance de leur attitude; le 24 décembre, Morand lut aux cinquante-sept académiciens présents une lettre que Maurepas avait écrite la veille au premier-chirurgien :

«La Société académique de chirurgie devant tenir ses assemblées, Monsieur, à Saint-Côme, tous les mardis depuis trois heures après-midi jusqu’à cinq heures, l'intention du roi est que ce jour-là les prévôts de Saint-Côme ne puissent indiquer d’autres exercices pendant le temps destiné pour ces assemblées; vous voudrez bien les en faire avertir afin qu'ils s’y conforment. Je vous suis toujours, Monsieur, très parfaitement dévoué. »

Les études spéciales de l’Académie commencèrent le 31 décembre 1731 : pour donner l’exemple, Mareschal avait décrit l’opération par laquelle 1l délivra une malade de sa curieuse pierre stercoraire, en novembre 1727 (1), et la séance débuta par la première lecture de cette observation; d’après l’article 30 des statuts, les mémoires étaient d’abord entendus sans interruption, à la seconde lecture, les académiciens présentaient leurs critiques, et l’assemblée jugeait définitivement le cas après la troisième. Le même jour, on s’occupa de la question à poser pour le prix de 1732 : le résultat des discussions prouve que Mareschal et la Peyronie entendaient conduire effectivement les études de l’Académie. Quatre-vingt-deux questions furent rédigées; sur ce nombre, « le comité du prix » en réserva neuf, puis, aucune ne lui paraissant répondre aux intentions des fondateurs, 1l en indiqua deux autres. Mais les premierschirurgiens n’apprécièrent pas ces sujets de concours, et, le 22 janvier 1732, la Peyronie, venant présider la séance, indiqua celui qu'il proposait de concert avec Mareschal : « Pourquoi certaines tumeurs doivent être extirpées.et d’autres simplement ouvertes; dans l’une et l’autre de ces opérations, quels sort les

(1) Voir p. 442 de cet ouvrage.

cas où le cautère est préférable à l’instrument tranchant, et les raisons de préférence. » L'Académie ne pouvait pas mettre ses présidents en échec, et, après une discussion de pure forme, la « question des tumeurs » réunit la pluralité des suffrages.

Les académiciens se montraient assidus aux réunions, et Mareschal, auquel on communiquait après chaque séance la liste des assistants, constatait avec satisfaction que leur nombre n’était jamais inférieur à cinquante. Un seul, Me Bertrand, receveur de la Communauté de Saint-Côme, avait refusé sa nomination, déclarant ne pas approuver une fondation contraire aux droits de la corporation. Pour empêcher certains autres confrères de suivre cet exemple, Mareschal signala au secrétaire d'Etat la conduite du dons et,le 20 mars 1732, Maurepas lui mandat :

« Le sieur Bertrand, l’un des chirurgiens de la ville de Paris que Sa Majesté a nommés, Monsieur, pour composer la Société académique de chirurgie dont elle a permis l’établissement à Saint-Côme, ne s’étant pas encore présenté aux assemblées, Sa Majesté m’ordonne de vous écrire de faire procéder dans la première assemblée à l'élection d’un sujet pour le remplacer. Vous voudrez bien m'envoyer les noms de ceux qui auront été proposés, afin que Sa Majesté puisse déterminer son choix. Je vous suis, etc. »

Conformément aux statuts, l’Académie établit par scrutin public une liste de six candidats, et le roi désigna Me Chauvin pour remplacer Bertrand.

Mareschal ne négligeait rien pour donner la plus grande notoriété au nouveau Corps savant; le 23 juillet 1732, il adressait à ses lieutenants la copie des statuts de l’Académie et leur notifiait le sujet du concours de chirurgie : « Je vous invite, écrivait-il dans sa circulaire, à vous joindre à nous pour les progrès de l’Académie, et vous prie d’exhorter les maîtres chirurgiens de l’étendue de votre lieutenance à nous faire part de leurs découvertes (1). » Sur l’ordre du premier-chirurgien, le secrétaire Morand avait communiqué « aux auteurs du Mercure français et des Nouvelles littéraires » un extrait du règlement : le Mercure inséra dans son numéro de décembre 1731

(1) Archives de l’Académie de médecine.

une notice où figuraient le compte rendu de la première séance et le résumé des statuts de la Compagnie. En des lettres datées des 28 décembre 1731 et 14 janvier 1732, la Gazette de Hollande annonçait la réunion en Académie de « soixante-dix des plus célèbres des chirurgiens», et l'ouverture prochaine du concours pour le prix annuel de cette Société. Enfin, les journalistes de Trévoux consacrèrent un long article aux mêmes faits : « Perfectionner principalement par la voie de l’expérience et de l’observation l’art ou la pratique de la chirurgie, écrivaient-ils au mois de janvier 1732, c’est un but si singulier, si intéressant, d’une si vaste étendue, si propre à exciter et soutenir l’émulation, qu'il méritait lui seul qu’une Académie en fit toute son occupation et son étude, et c’est l’entreprise d’une Académie de chirurgie, instituée nouvellement en cette ville sous la protection du roi (1).»

Après cette élogieuse publicité, on s'étonne de ne pas rencontrer dans les Commentaires du doyen une protestation de la Faculté de médecine contre la nouvelle entreprise de Mareschal et la Peyronie. Si les docteurs laissaient passer une telle occasion d’entraver les progrès de Saint-Côme, c’est qu'à ce moment ils luttaient contre le premier-médecin du roi, l’empêchant de rénover la médecine par une fondation analogue à celle des premiers-chirurgiens. Le 17 décembre 1731, la Gazette de Hollande avait inséré la lettre suivante : « On parle d'établir deux Académies, l’une de médecine et l’autre de chirurgie, qui seront composées de quarante membres chacune; on travaille actuellement au projet de cet établissement qui sera très utile pour perfectionner ces deux arts : tous les médecins du royaume feront part à leur Académie des nouvelles découvertes qu'ils feront, tant dans les maladies que dans la manière convenable de les traiter; les chirurgiens en feront de même. » Le correspondant du journal était bien renseigné : la création de l’Académie de chirurgie fut bientôt officielle, mais l’autre projet ne devait pas aboutir. Après la mort de Dodart en 1730, la charge d’archiâtre avait été accordée au vieux docteur Chirac, qui la briguait depuis longtemps : l’ex-médecin du régent entretenait avec les deux premiers-chirurgiens du roi d’intimes

(1) Journal de Trévoux de janvier 1732, p. 181.

relations d'amitié; quand il vit Mareschal et son survivancier obtenir l’organisation d’une Société d’études chirurgicales, Chirac reconnut l'utilité d’un pareil établissement pour la science médicale, et, le 12 janvier 1732 (1), il écrivit au docteur Baron, doyen de la Faculté, l’avertissant qu’il « préparait » une Académie de médecine, composée des plus savants docteurs du royaume et placée sous la haute direction du premier-médecin du roi.

À cette nouvelle, une profonde émotion s’empara de la Faculté : elle se vit menacée de perdre sa prédominance séculaire. Le président-né de la nouvelle Compagnie, souvent un médecin de la Faculté de Montpellier comme Chirac, parviendrait certainement à imposer son autorité aux docteurs parisiens : il fallait à tout prix écarter un pareil danger. Dans une lettre du 26 janvier, le doyen répondit au premier-médecin que la fondation projetée était contraire aux droits de l’Université « Nous ne reconnaitrons jamais, déclarait-il, d’autre Académie que la Faculté de Paris. » En même temps, les docteurs adoptaient un « décret » décidant par avance que les membres de la nouvelle Compagnie seraient rayés des registres de la Faculté et exclus des consultations.

Chirac essaya en vain de faire cesser cette opposition; le 31 janvier, Maurepas mandait au doyen qu’il trouvait le décret du 26 janvier « aussi prématuré que peu circonspect », et, le 6 février, il lui ordonnait au nom du roi de le biffer de ses registres. Loin de céder, la Faculté invoqua l’appui de l'Université contre le premier-médecin. Pour éloigner de Paris les fauteurs de la rébellion, l’archiâtre obtint des lettres de cachet «<exilant » le docteur Martinencq à Arpajon et le docteur Delaleu à Nemours; mais, cette mesure surexcitant les esprits, il la fit rapporter le 1° mars. Les lettres constitutives de l’Académie de médecine étaient déjà scellées, et Chirac se préparait à braver la colère de la Faculté, quand il mourut subitement à l’âge de quatre-vingt-deux ans. Sa disparition amenait l’abandon de son projet; le recteur de l’Université écrivit le 5 mars au doyen Baron : « Je suis charmé que la Providence ait fait échouer l’entreprise des ennemis de la Faculté (2). »

(1) Commentaires de la Faculté de médecine, t. XIX, p. 813. (2) Tbid Le IR pp: 887:

En 1767, le professeur Louis, qui succédait à Morand comme secrétaire perpétuel de l’Académie de chirurgie, fit paraître dans le tome X des Mémoires de cette Compagnie l’historique de son établissement. Sur la foi du docteur Astrue, il y attribue à Chirac la conception primitive du Corps savant organisé par Mareschal et la Peyronie; c’est après les luttes malheureuses du premier-médecin avec la Faculté, écrit-il, que les deux premiers-chirurgiens, « profitant de la circonstance, » demandèrent la création d’une Académie de chirurgie (1). Si Louis eût pu consulter les Commentaires, son opinion se fût modifiée : la lettre par laquelle le comte de Maurepas notifiait à Mareschal l'approbation de son projet porte la date du 18 novembre 1731, et, le 12 janvier 1732 seulement, Chirac entrait en pourparler avec le doyen de la Faculté, essayant de le rendre favorable à sa fondation : les démarches de Mareschal et de la Peyronie furent donc antérieures de plusieurs mois à celle du premiermédecin.

A peine organisée, la Société académique de chirurgie ne perdit aucune occasion d’affirmer son importance : apprenant le 26 mars que Chirac était remplacé auprès duroipar son gendre Chicoyneau, également issu de la Faculté de Montpellier, elle décida que six membres iraient complimenter le nouveau premier-médecin, et sa déférence lui valut une lettre flatteuse : « Les suffrages d’un Corps illustre et éclairé comme le vôtre, écrivait Chicoyneau, me sont infiniment précieux. L’excellence de votre établissement m'avait toujours engagé d’applaudir à vos travaux; je le ferai à l’avenir par estime et par reconnaissance. »

Peu après, Morand demandait à M. de Boze, secrétaire perpétuel de l’Académie des belles-lettres, de composer la médaille destinée au lauréat du prix annuel; le savant numismate, adressant à Morand le résultat de son inspiration, terminait ainsi sa lettre d’envoi du 7 avril : « Il ne me reste qu'à joindre mille assurances du plaisir que je trouve à en pouvoir faire à votre illustre Société. » Le projet de M. de Boze, dessiné par M. de Boulogne, premier-peintre de Sa Majesté, portait à l’avers le profil du roi avec l'inscription : Ludovicus

(1) Mémoires de l’ Académie de chirurgie, t. X, p. 61 et 62.

quintodecimus, rex christianissmus; au revers, un jeune Apol- Jon, environné d'instruments de chirurgie, de livres et de planches anatomiques, « semblait dicter à Hygiea, déesse de la santé, des observations basées à la fois sur l'expérience et sur la théorie (1). » Au-dessous du dieu se lisaient ces mots : Apollo salutaris, et cette face de la médaille avait pour exergue : Soctetas academica chirurgorum parisiensium, 1731.

La première séance publique annuelle, conformément à l’article 28 des statuts, eut lieu le 10 juin 1732 (2) dans la « salle des assemblées » de Saint-Côme: le secrétaire Morand mentonne dans son plumitif que le sieur Guillaumot, « tapissier du clergé, » procura les chaises nécessaires, et que « les Suisses du Louvre gardèrent les portes (3) ». On trouve dans le Mercure de juillet 1732 un compte rendu détaillé de cette solennité. Mareschal et la Peyronie, retenus à Compiègne auprès du roi, avaient confié la présidence à J.-L. Petit, directeur. La cérémonie s’ouvrit par un discours de Morand; le secrétaire déclara que le nouveau Corps avait pour but le perfectionnement de l’art opératoire par l'expérience et l’observation; la faveur accordée par le roi aux chirurgiens « intéressait done absolument le publie ».—« Mais, continuait-il, en vain aurait-on été persuadé de l’utilité d’un pareil établissement, si nous n’avions pas eu pour chef M. Mareschal, qui joint à une capacité reconnue de toute l’Europe un zèle pour les progrès de la chirurgie qui l’occupe tout entier, et dont il partage les soins avec son digne successeur, M. de la Peyronie. » Ayant longuement conté les débuts de la Compagnie, les encouragements et les critiques reçus par elle, Morand annonça le sujet du prix de chirurgie pour 1732, invitant les concurrents « à soutenir leurs raisonnements par des faits de pratique choisis et bien avérés ».

La séance continua par la lecture de plusieurs études chirurgicales : tous les chefs de la Compagnie, remarque Dubois d'Amiens, «avaient voulu payer de leur personne.» On entendit

(1) Discours de MORAND à la première séance publique.

(2) « Le jeudi d’après la Trinité. »

(3) Ce détail fait commettre une erreur au docteur Dubois d'Amiens, qui dit que cette première séance eut lieu « dans une des salles du Louvre ». La Gazette de Hollande du 21 décembre 1731 avait du reste annoncé que la nouvelle Compagnie se réunirait « au Vieux Louvre »; les autres Académies siégeaient dans ce palais, mais l’Académie de chirurgie tint dès l’origine ses assemblées à Saint-Côme.

pour la deuxième fois l’observation de Georges Mareschal examinée déjà par l’Académie le 31 décembre précédent; puis huit autres mémoires furent présentés; ils émanaient de la Peyronie, J.-L. Petit, Malaval, etc. Le Mercure de juillet 1732, qui imprime n extenso le récit de Mareschal et analyse en détail tous les autres, termine ainsi l’article de dix-sept pages consacré à la première séance publique de la nouvelle Académie : « On nous pardonnera sans doute d’avoir donné un si long extrait de ces observations. Rien de ce qui peut contribuer à la conservation de la vie des hommes ne nous paraît indifférent; du reste, c’est au public à juger, par les extraits que nous venons de donner, si l’application des chirurgiens à enrichir leur art de semblables observations n’est pas la réponse la plus solide qu'ils puissent faire aux critiques qui ont paru contre eux. »

Le premier concours de l’Académie excita de l’émulation : cent treize mémoires furent adressés au secrétaire, et, dans l’assemblée publique de 1733, le lauréat fut proclamé; c'était Médalon, médecin de Versailles. En 1725, ce praticien avait pris la défense des chirurgiens contre la Faculté de Paris, écrivant un mémoire où il légitimait l’institution des cinq démonstrateurs de Saint-Côme (1):la Compagnie fut heureuse de son succès. Un premier accessit était accordé à Claude Le Cat, chirurgien de Rouen, qui devint un des plus fameux opérateurs du temps, et un second accessit au professeur allemand Basse.

Deux associés étrangers furent nommés en 1732 : le lithotomiste Cheselden, premier-chirurgien de la reine d'Angleterre, et l’anatomiste Belair, premier-chirurgien du duc de Wurtemberg. Le nombre de ces membres n’ayant pas été fixé, l’Académie pouvait s’affilier, si elle le jugeait à propos, tous les savants praticiens de l’Europe; mais, quand vint la fin de l’année 1733, une seule vacance s’était produite dans les rangs des titulaires parisiens : Georges Mareschal regrettait de ne pouvoir récompenser les auteurs des meilleures observations en les recevant dans la Compagnie; il demanda au comte de Maurepas la création de six nouveaux sièges, et, le 4 novembre 1733, le secrétaire d'Etat lui donna satisfaction :

€ Sur les représentations que vous avez, Monsieur, faites au

(1) Voir p. 487 de cet ouvrage.

roi que le nombre de soixante chirurgiens qui composent la Société académique de chirurgie n’était pas suffisant pour y admettre tous ceux qui méritent cette distinction, Sa Majesté s’est déterminée à l’augmenter de six, et elle a nommé pour remplir ces six places les sieurs Chapillon, Jardin, Ruffel cadet, Trippier cadet, Bermingham et Bagieux, qui ont donné des mémoires qui ont été très approuvés dans vos assemblées. Vous voudrez bien leur donner avis du choix que Sa Majesté a fait d’eux et les faire admettre aux assemblées de la dite Société. : Vous connaissez, etc. (1). »

Dès l’année 1734, l’ensemble des observations lues au cours des séances formait un recueil considérable, et, l’Académie songeant à faire imprimer le premier volume de ses Mémoires, plusieurs libraires firent leurs offres pour ce travail. Le 17 août, Georges, Mareschal signait la convention suivante : « Je, président de l’Académie royale de chirurgie, promets, au nom de la dite Académie, de remettre ès mains du sieur Osmont, libraire à Paris, demeurant rue Saint-Jacques, le premier tome des ouvrages de la dite Académie,en un manuscrit composé des observations de chirurgie données par ses membres ou à elle communiquées par les étrangers, et des pièces qui ont rapport au premier prix remporté sur les tumeurs, y ayant à la tête de l'ouvrage une préface qui en explique le plan et à la fin une table exacte, le tout pouvant faire quatre-vingts feuilles d’impression, et accompagné de la médaille de l’Académie développée dans une planche qui fera le frontispice, et des dessins relatifs aux mémoires, approuvé par le censeur qu’il plaira au roi de nommer pour l’examen de l’ouvrage, et ce, moyennant les clauses et conditions qui vont être expliquées. » Osmont s’engageait à livrer un in-4 avec papier et caractères pareils à ceux des ouvrages de l’Académie royale des sciences; avant de mettre ce livre en vente, il verserait entre les mains du trésorier de la Compagnie la somme de deux mille livres et lui apporterait cent cinquante exemplaires « bien reliés ».

Le premier-chirurgien ne manquait pas, malgré son grand Âge, de présider les séances du Corps savant quand son service à la Cour et sa santé le lui permettaient; du 18 décembre 1731

(1) Archives de l'Académie de médecine, premier registre de l’Académie royale de chirurgie.

au 12 juin 1736, il vint à dix-neuf reprises diriger les travaux de l’Académie (1).

Bien que modifiée plusieurs fois dans sa composition et son recrutement, la Compagnie fit rapidement progresser Part chirurgical. En 1870, le docteur Charles Daremberg commençait ainsi son cours d'histoire de la médecine : « Messieurs, le point le plus lumineux dans les annales des sciences médicales du dix-huitième siècle, c’est sans contredit la chirurgie; cet astre s'élève de notre France, du sein de cette Académie fameuse qui a régné pendant de longues années sur le monde entier; la plupart des travaux qui sont exécutés en dehors de la France sont inspirés, parfois dictés, par l’Académie de chirurgie (2). »

Le docteur Guardia, dans la Gazette médicale de Paris, analyse les résultats obtenus par la même Compagnie : « Non seulement ellereleva les chirurgiens d’un injuste abaissement, mais elle se proposa de réhabiliter une branche de l’art médical que les préjugés et l'ignorance avaient longtemps maintenue dans un rang inférieur. La fin de l’institution, c'était l’accroissement des lumières et la concentration des efforts de tous les hommes habiles et de bonne volonté qui cultivaient la chiruraie : telle fut l'intention de Mareschal, premier-chirurgien du roi (3). »

En 1768, Louis XV voulut construire un édifice répondant au développement de l’enseignement chirurgical; un arrêt du Conseil d'Etat du 7 décembre ordonna l’achat du Collège de Bourgogne (4), et Gondoin bâtit sur son emplacement une vaste école de chirurgie. Ce monument, occupé aujourd’hui par la Faculté de médecine, consacrait la réputation de son architecte : Quatremère de Quincy le regarde comme l’ouvrage le plus classique de l’époque. Au-dessus de la porte d'entrée se trouvent deux bas-reliefs représentant l’un « Louis XV agréant le plan de l'édifice », l’autre « la théorie et la pratique jurant d’être inséparables »; derrière le sommet des colonnes ioniques ornant la

(1) Premier registre de l’Académie royale de chirurgie.

(2) Histoire des sciences médicales, p. 1241.

(3) Zbid., p. 509; le docteur GuaRDIA était bibliothécaire adjoint de l’Académie de médecine. (Voir aussi l'Encyclopédie méthodique du docteur PETIT- RADEL. Paris, 1792, article Académie de chirurgie.)

(4) Fondé en 1332 par Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe de Valois, en faveur des écoliers pauvres de son pays. (Dictionnaire LAROUSSE.)

façade, on remarque cinq médaillons sculptés en bas-relief, représentant Jean Pitard, Ambroise Paré, Georges Mareschal, François de la Peyronie et Jean-Louis Petit. Le 27 avril 1775, jour de l’inauguration de la nouvelle Académie, l'hommage rendu aux plus célèbres chirurgiens français parut une juste récompense de leurs services; un jeune avocat au Parlement, plus tard jurisconsulte éminent, Gilbert de la Malle (1), s’écriait dans une ode composée en leur honneur :

Et vous, illustres maîtres, vous dont la chirurgie Au rang de ses vengeurs contemple avec orgueil Les grands noms échappés à l’oubli du cercueil, Ambroise, Mareschal, Pitard, La Peyronie,

Du haut des cieux veillez sur vos enfants;

Soyez toujours nos maîtres et nos pères,

Notre génie et nos dieux tutélaires,

Et que l’envie étouffe ses serpents (2)!

Le chirurgien Périlhe, membre de l’Académie, célébrait ainsi la nouvelle école :

Quel vaste et pompeux édifice Enchante mes yeux éblouis….

J’entre et mon œil voit les images De ces hommes de qui la main Cent fois répara les outrages

Du dieu jaloux de sang humain...

Ranimez-vous, ombres chéries, Venez jouir de ce beau jour,

Et dans nos âmes attendries Voyez le respect et l’amour.

Paré, Pitard, La’ Peyronie,

Et vous, Mareschal et Petit, Des bienfaits de votre génie

Vous allez recueillir le fruit!

L’auteur consacre une note à chacun des maîtres représentés par les médaillons : « Mareschal, écrit-il, premier-chirurgien de nos derniers rois; il fournit la carrière la plus longue et la plus brillante, et commença l’heureuse révolution qui a illustré la chirurgie française (3). »

(1) Gaspard-Gilbert de la Malle devint, sous Napoléon Ier, conseiller d'Etat et chevalier de l’Empire; Louis XVIII lanoblit et le nomma inspecteur général des écoles de droit. Dans la préface de son ode, l’auteur explique qu’il à voulu rendre hommage à l’art que ses aïeux ont exercé de père en fils pendant près de trois cents ans, et qu’il a le premier abandonné. (Bibliothèque nationale, T18 120, 4xe série, &. VIII, p: 537.)

(2) Allusion au dépit des médecins en ce jour d’apothéose pour leurs rivaux.

(3) Bibliothèque Mazarine, imp. 42495, p. 13.

L’honneur d’avoir conçu la pensée primitive d’une Académie de chirurgie revient-il à Mareschal ou à son survivancier? Il est difficile de l’établir. En 1743, Louis XV signa des lettres patentes annulant l’union de 1656 et séparant la chirurgie de la barberie : ces lettres, qui émancipaient définitivement Sant- Côme vis-à-vis de la Faculté, présentaient pour les maîtres une capitale importance, et ils attribuèrent à la Peyronie le mérite de les avoir obtenues, sans penser que ce triomphe était dû aux efforts continus de Félix, de Mareschal et de leur successeur. Comme la Faculté tentait un dernier assaut contre Saint- Côme, réclamant l’annulation de l’acte royal, les confrères imprimèrent de nombreux factums pour défendre leur cause; le plus connu, intitulé : Recherches critiques sur l'origine de la chirurgie en France, émanait de François Quesnay. Ce chirurgien, qui s’ilustra plus tard comme économiste (1), devait sa situation à la Peyronie; dans ses Recherches, 1l rapporte à son protecteur, qui vivait encore, tous les progrès de l’art opératoire : « M. de la Peyronie, écrit-il, représenta à M. Mareschal la nécessité d’établir une Académie qui recueillit les travaux de tous les chirurgiens français, et qui conservât à la postérité les connaissances répandues parmi tant d'hommes éclairés (2). » Mais, quand mourut la Peyronie, le même auteur, prononçant l’éloge du survivancier de Mareschal, reconnut aux deux premiers-chirurgiens la même part dans l’œuvre commune : « M. de la Peyronie travailla d’abord de concert avec M. Mareschal, et, sur leurs représentations, le roi créa en 1724 cinq démonstrateurs dans l’amphithéâtre de Saint- Côme. Le succès de cette première démarche les enhardit.. c’est ce qui fit naître à MM. Mareschal et la Peyromie l’idée d’une Académie de chirurgie, qu'ils eurent permission de former en 1731. »

Vers 1767, aveuglé par les libéralités testamentaires de la Peyronie envers la Communauté de Saint-Côme et envers lui-même (3), Louis, secrétaire perpétuel, va jusqu’à désigner

(4) Par sa théorie sur le libre-échange : « Laissez faire, laissez passer. »

(2) Recherches de Quesnay, 1744, p. 382, et édition BERRIAT-SAINT-PRIx, P- 33.

(3) Par testament du 18 avril 1747, la Peyronie légua sa terre et seigneurie de Marigny (près Château-Thierry) à la Communauté des chirurgiens de Paris, la chargeant de fonder différents prix qui seraient décernés par l’Aca-

son bienfaiteur comme seul fondateur de la Compagnie (1). Sans diminuer le mérite du survivancier, on peut affirmer que Mareschal n’était pas homme à jouer un rôle purement passif dans une affaire aussi importante. Au cours des procès qu’il soutint, soit pour réserver aux chirurgiens l’exercice de l’art opératoire, soit pour soustraire Saint-Côme à la domination stérile de la Faculté, soit pour restaurer l’enseignement chirurgical, les documents originaux le dépeignent comme un adversaire opiniâtre, ne reculant devant aucune démarche pour s’assurer le succès. « C’est en conquérant, pour qui les lois sont pour ainsi dire des toiles d’araignée, que le sieur Mareschal a agi, » s’écriaient en 1724 les frères de Saint-Jeande-Dieu; en 1726, le doyen de la Faculté représente le premierchirurgien « mettant tout en œuvre pour vaincre (2) », « agissant avec la plus grande ardeur (3) »; il l’appelle ensuite «ennemi acharné des médecins de Paris (4) », et désespère «de le voir perdre courage (5) ». En 1728, le même dignitaire signale «son audace (6) », le qualifie d’ « astucieux (7) », annonce qu’il sollicite « jusqu’à l’importunité (8) », parle de ses « nouvelles machinations (9) », et, enfin, lui décerne sans le vouloir un bel éloge en Île qualifiant d'homme « inquiet, inventant de continuelles innovations (10) ». Les religieux et les docteurs, apercevant la Peyronie derrière Mareschal, se fussent empressés de dévoiler ses menées et de lui adresser les invectives dont ils accablaient le premier-chirurgien titulaire. Comme l’établissent d’ailleurs les pièces relatives aux ori-

démie de chirurgie; Louis bénéficiait d’une disposition particulière de l'acte.

Louis XV racheta Marigny aux chirurgiens pour deux cent mille livres; la terre fut possédée plus tard par le frère de la Pompadour, François Poisson, connu d’abord sous le titre de marquis de Vandières, et qui mérita sous celui de marquis de Marigny une réputation de bon aloi : cet habile directeur des bâtiments royaux donna son nom à l’avenue Marigny. Les ennemis de la favorite l’avaient surnommé « le marquis d’Avant-hier »; quand il changea de titre, on l’appela « marquis des Mariniers ».

(1) Mémoires de l’Académie, t. X, p. 62.

(2) Nihil non moliri ut...

(3) Ardentius agere ut.

(4) Medicorum parisiensium hostis intentissimus.

(5) Hunc primarium regis chirurgum animum despondere.

(6) Audaciam hujus viri.

(7) Vir ille astutus.

(8) Usque ad importunitatem.

(9) Novis machinationibus.

(10) Virum inquietum et semper nova molientem.

gines de l’Académie, Georges Mareschal prit une part prépondérante à la conception et à la fondation de ce Corps; Sauveur-François Morand édita, peu après la mort de la Peyronie, le tome IV des Mémoires de la Compagnie, et il écrivait justement dans la préface de cet ouvrage : « L'Académie royale de chirurgie doit sa première institution, en 1731, au zèle et aux soins réunis de M. Mareschal, pour lors premier-chirurgien du roi, et de M. de la Peyronie, qui était son successeur désigné (1). »

En 1775, le chevalier de Romans, contant les débuts de la Société académique dans l’éloge de Quesnay, rend hommage à l’activité réformatrice de Mareschal : « [Il n’y avait alors que trois maîtres qui donnassent le mouvement et la vie à la masse inerte des chirurgiens : Quesnay, la Peyronie et Mareschal, seigneur de Bièvre (2). » |

Au dix-neuvième siècle enfin, M. Dezeimeris, bibliothécaire de la Faculté de médecine de Paris, terminait ainsi une étude sur les deux chirurgiens de Louis XV : « Les noms de Mareschal et de la Peyronie doivent être unis dans les hommages que la postérité leur rend comme à deux bienfaiteurs de Part. C’est à eux que la France, ou plutôt le monde chirurgical, est redevable des établissements qui ont le plus contribué dans les temps modernes à hâter ses progrès, notamment de l'Académie royale de chirurgie. »

L'Académie fut supprimée par la Convention le 8 août 1793, en même temps que la Faculté de médecine et la Communauté de Saint-Côme; sa dernière séance eut lieu le 22 août, « Mais, écrit le docteur Dubois d'Amiens, dans les Etats civilisés les sociétés savantes ne meurent pas; dissoutes momentanément. par l’anarchie révolutionnaire, elles renaissent dès que l’ordre se rétablit et reprennent leurs travaux. » La Communauté de Saint-Côme et la Faculté furent bientôt remplacées par « l'Ecole de santé », œuvre de la Convention elle-même seul, un bouleversement social avait pu réaliser la fusion des chirurgiens et des médecins, et, quand Napoléon [* réorganisa

(1) Voir aussi son Eloge de Mareschal.

(2) Romans paraît ignorer que François Quesnay fit partie de l’Académie après

la mort de Mareschal, et, dans son énumération des trois maîtres, il intervertit l’ordre chronologique.

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4 is la Faculté de médecine, installée nee. les ati ; -4e 7 ments élevés par Gondoin en 1768, réunit les anciens enne- Re mis. Enfin, une « Académie de médecine » fut instituée, par + de = Louis XVIIT en 1820, pour continuer l’œuvre de Mareschal et FEAR

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