‹ Georges Mareschal, seigneur de BièvreChapitre 127 sur 182 · FÉCOND RÉSULTAT DE LA POLEMIQUE · texte numérisé non relu

FÉCOND RÉSULTAT DE LA POLEMIQUE

de l’hôpital à M. Guérin le père, je ne jouirais pas de la place de chirurgien en chef dont j'ai été pourvu sur la présentation de M. Mareschal; mais j’en jouis comme auparavant, et, si je ne puis assurer que j'ai mérité les faveurs de M. Mareschal, au moins puis-je assurer qu’il ne me les a pas retirées.

«€ M. Mareschal veut de plus amples éclaircissements sur la taille latérale : c’est faire l'éloge de sa prudence; il la fera peutêtre lui-même quand l’excellence en aura été bien prouvée. »

Morand traversait une période difficile pendant laquelle limpartialité du premier-chirurgien lui fut d’un grand secours; plus tard, ses succès eurent raison des ennemis de la nouvelle taille, et le procédé de Cheselden fut préféré à tous les autres.

Les discussions soulevées dans le monde savant par la lithotomie latérale eurent un incomparable avantage pour la chirurgie : en présence de la stérile polémique du Mercure, Mareschal et son survivancier la Peyronie songèrent qu’il serait utile de confier l’examen des nouvelles méthodes opératoires à une assemblée de praticiens expérimentés. Depuis le commencement du siècle, leur art avait réalisé d'importants progrès, mais les perfectionnements apportés aux divers procédés chirurgicaux n'étaient connus que de quelques initiés : le Corps savant recevrait la mission de les recueillir et de les divulguer. En 1666, Colbert organisait une Académie des sciences à laquelle tous les savants du monde vinrent soumettre leurs découvertes : les deux premiers-chirurgiens du roi eurent en 1731 l’idée d’une fondation analogue, où seraient discutées les innovations de l’art opératoire. Ayant obtenu de Fontenelle, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, la communication des règlements de cette Compagnie, ils s’en inspirèrent pour rédiger les statuts d’une Académie de chirurgie, et présentèrent leur projet à l'approbation royale. Les trois premiers articles indiquaient clairement le but que se proposaient Mareschal et la Peyronie : |

ART. 4. — L'Académie s’occupera à perfectionner la pratique de la chirurgie, principalement par l'expérience et par l'observation.

ART. 2. — On n’y recevra que les mémoires qui traiteront des maladies chirurgicales, ou des opérations qui pourront perfectionner la pratique de la chirurgie, et pareillement des effets des remèdes topiques dont on aura fait usage.

en

Arr. 3. — On s’attachera principalement à recueillir les observations ou les histoires des différentes maladies chirurgicales qui auront paru extraordinaires par l'assemblage de leurs circonstances, ou pour lesquelles on aura employé des remèdes particuliers ou des opérations nouvelles, et on recueillera toutes celles dont on pourra

tirer quelque utilité dans la pratique (1).

D’après la suite du règlement, la Compagnie devait comprendre dix académiciens libres et soixante académiciens ordinaires (2), tous maîtres chirurgiens jurés de Paris. « Elle aura encore attention, continuait l’article 12, de s’associerles chirurgiens du royaume et des pays étrangers qui se distinguent le plus dans Part de la chirurgie. » Les académiciens se recrutaient d’ailleurs eux-mêmes, adressant au roi, lors de chaque vacance, une liste de six maîtres pour y choisir leur nouveau conirère.

Par les articles 14 et 16, Mareschal et la Peyronie, déclarant le premier-chirurgien du roi président-né de la compagnie, se

réservaient la conduite des travaux; six officiers les aidaient

dans cette occupation : un directeur, un vice-directeur, un secrétaire, deux secrétaires adjoints et un trésorier. Au cours de ses réunions hebdomadaires du mardi, l’Académie s’attacherait d’abord à préparer une histoire complète de la chirurgie, « contenant non seulement toutes les pratiques anciennes, mais encore l’origine de celles qu’on leur a substituées et les raisons de préférence qui les ont fait adopter. » En même temps, par une correspondance régulière avec les savants praticiens du royaume et des pays étrangers, elle se tiendrait au courant des livres nouveaux et des faits chirurgicaux intéressants. Enfin, «pour hâter de plus en plus les progrès de la chirurgie et exciter Pémulation parmi les chirurgiens de l’Europe, » PAcadémie proposerait chaque année une question importante de chirurgie, et décernerait solennellement une médaille d’or au meilleur des mémoires qui lui seraient adressés.

La Communauté de Saint-Côme comptait environ trois cents membres dont les moins instruits étaient les plus turbulents :

(1) Archives de l’Académie de médecine, registre premier de l’Académie royale de chirurgie, p. 1. (M. le président de l’Académie de médecine a bien voulu autoriser l’auteur à publier les documents de ces archives relatifs à Mareschal.)

(2) Les académiciens ordinaires étaient tenus de résider à Paris; s’ils venaient à quitter cette ville, on les classait dans les académiciens libres.

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