‹ Georges Mareschal, seigneur de BièvreChapitre 130 sur 182 · LES « OBSERVATIONS » DE MARESCHAL · texte numérisé non relu

LES « OBSERVATIONS » DE MARESCHAL

Compagnie qu’il avait fondée en 1731, il s’occupa d'écrire le détail d’un grand nombre d’opérations. D’après le plumitif de l'Académie, quatorze de ses « observations » furent étudiées aux séances qui précédèrent sa mort (1). La première contait l «extraction de corps étranger » pratiquée par lui au mois de novembre 1727 et relatée dans la Gazette de Hollande du 30 janvier 1728. Le secrétaire en fit lecture à la séance privée du 31 décembre 1731 et à la séance publique du 19 juin 1732. Six autres, concernant des plaies de tête, occupèrent les réunions des 23 septembre et 11 octobre 1732; les sept dernières traitaient de plaies analogues : entendues pour la première fois le 10 mars 1733, elles eurent les honneurs de la séance publique du 2 juin 1733. Le Mercure du même mois rend compte de la cérémonie : « Le prix fut proclamé, écrit le rédacteur, puis M. Morand lut l'extrait de plusieurs observations très importantes sur les plaies de tête. On jugera aisément du mérite de ces observations par le nom seul de leur auteur. M. Mareschal, ne pouvant se trouver à cette séance, les avait envoyées à M. Morand pour en faire part à la Compagnie (2). »

Après cet élan donné aux travaux de l’Académie, le premierchirurgien laissa la chaire à de plus jeunes maîtres, et renferma ses autres écrits; le nombre en était considérable; dans un article que les journalistes de Trévoux consacrèrent plus tard à Mareschal, on lisait : « La Société académique conserve précieusement plusieurs de ses mémoires. Il a laissé plusieurs papiers aussi importants; ne serait-il pas à souhaiter que de tous ces morceaux épars on formât un recueil qui assurât la gloire de lillustre

(1) Premier registre de l’Académie royale de chirurgie. CARTES de l’Académie de médecine.)

(2) Parmi ces faits, continue le Mercure, ceux qui ont paru les plus intéressants pour la pratique sont :

« 4° L'histoire d’une demoiselle à qui M. Mareschal appliqua douze trépans, il y à environ vingt-huit ans, et qui, depuis, a toujours joui d’une bonne santé.

« 2 Une hémorragie fort considérable par le diploé, dans l’opération du trépan.

« 3° Une espèce de hernie de la dure-mère et du cerveau sous une cicatrice parfaite d’une plaie de tête, hernie qui fut contenue par un point d'appui, sans lequel le malade souffrat de grandes incommodités.

« 4 Un trépan fait à l’occasion d’une douleur de tête que rien n’avait soulagée, et par lequel cette douleur fut radicalement guérie.

« 5° Une balle perdue dans le cerveau d’un homme guéri de sa blessure et mort subitement un an après. »

L’extrait de ces observations fut terminé par celui des remarques de M. Mareschal sur les abcès au foie qui arr:vent à la suite des plaies de tête.

chirurgien, et qui multipliât les effets de son habileté consommée (1)? »

Cette idée ne reçut pas d'exécution, mais, pendant les deux années qui suivirent la mort du premier-chirurgien, dix-neuf observations diverses trouvées dans ses cartons furent encore étudiées par l’Académie (2).

D’après l’article 19 des statuts de 1731, les écrits de Mareschal, comme tous ceux reçus par l’Académie depuis sa fondation, devaient être imprimés dans le tome Ie des Mémoires : mais le Corps savant reconnut avec raison qu’une simple compilation de faits chirurgicaux offrirait peu d'intérêt : « Nos Mémorres, écrivait Louis en 1767, ne fourniraient qu’une lecture stérile, dont on tirerait très peu de fruit, si l’on n'avait cherché à pénétrer les causes des phénomènes et à rendre raison de leurs effets. » Les chefs de l’Académie, la Pevronie, J.-L. Petit, Quesnay, ete., condensèrent donc en plusieurs études spéciales les récits d'opérations destinés d’abord à paraître isolément (3), et ce furent leurs travaux qui fourntrent, en 1742, la matière du premier volume des Mémoires, paru huit ans après la convention passée avec le libraire Osmont. Cependant, la Compagenie fit insérer plus tard dans le tome VIT, en lui laissant la forme personnelle, la première observation de Mareschal. Le Mercure de France l’avait imprimée dans le numéro de juiilet 1732, à la suite du compte rendu de la séance publique; en la reproduisant 1n extenso, l'Académie voulut rendre hommage à son fondateur.

Si Georges Mareschal n’écrivit aucune étude chirurgicale avant la fondation de l’Académie, il entoura d’une protection particulière les maitres de Saint-Côme qui enregistraient dans leurs ouvrages les progrès de l’art opératoire. Jusqu'au com-

(1) Mémoires de Trévoux, novembre 1737, p. 2028.

(2) Le 1er octobre 1737, « deux observations sur les dépôts au sein: » le 8 octobre, « deux observations sur des gangrènes de cause interne; » le 22 octobre, «une observation sur un coup d’épée à l’épaule suivi d’un dépôt considérable sous l’omoplate, auquel l'opération du trépan fut faite avec succès; » le 29 octobre, « deux observations sur des plaies de poitrines avec issue de l’épiploon par la plaie extérieure; » le 17 décembre, « trois observations sur différents empiêmes: » le 31 décembre, Ctrois observations sur des plaies de poitrine; » le 7 janvier 1738, « deux observations sur des hernies; » et le 28 janvier de la même année, « quatre observations sur un hydrocèle, des tumeurs avec carie à la tête et des anévrismes. »

(3) Voir à l’Appendice n° 9 l’analyse des observations de Mareschal utilisées dans les Mémoires de l’Académie royale de chirurgie.

mencement du dix-huitième siècle, les fraters parisiens apprenaient la théorie dans les manuels ou « guidons » tirés des œuvres de Guy de Chauliac (1) : ils n’avaient à leur disposition que de rares livres modernes (2). La publication des cours professés à Saint-Côme et au Jardin royal commença peu après la nomination de Mareschal comme premier-chirurgien du roi.

Jean-Louis Petit, qui devint le plus remarquable anatomiste de son temps, avait fréquenté assidûment les hôpitaux; en 1750, Louis écrivait dans l’éloge de ce praticien : « M. Mareschal a raconté qu’étant chirurgien-major de la Charité, et y allant de grand matin faire le pansement, il avait plusieurs fois trouvé le jeune Petit couché et endormi sur les degrés de cet hôpital. Il se croyait dédommagé de cette fatigue en s’assurant par à d’une place commode à côté du lit où il savait qu’on ferait une opération de quelque importance (3). » En même temps, le jeune homme suivait les leçons de l’anatomiste Littre. Nommé aide-major à l'hôpital de Tournay, Jean-Louis Petit « démontra » l’anatomie avec grand succès à Lille, Mons et Cambrai; puis il revint à Paris, et se fit recevoir en 1700 maître de Saint- Côme. Au moment où Louis XIV s’attacha Georges Mareschal, les prévôts de la Communauté avaient chargé Petit de faire aux garçons chirurgiens les démonstrations instituées par Bienaise et Roberdeau; ses lecons attiraient de nombreux élèves à l’amphithéâtre. En 1705, l’anatomiste fit imprimer son cours sur les maladies des os et le dédia à l’ex-chirurgien en chef de la Charité :

À Monsieur Mareschal, conseiller du roi, premier-chirurçien de Sa Majesté, chef de la Compagnie des maîtres chirurgiens de Paris et de la chirurgie du royaume.

Monsieur,

Les prémices de mes travaux ne pouvant être mieux soutenus que par votre protection, s’ils ont le bonheur de la mériter, je prends la liberté de vous les offrir, dans l’espérance que si, après l’examen

(4) La Grande Chirurgie, par Guy DE CHAULIAC, traduite du latin, en 1598, par Laurent JOUBERT.

(2) L’accoucheur Mauriceau avait fait paraître, en 1668, un Traité d’obstétrique; le lithotomiste Tolet, en 1682, un Traité de l'extraction de la pierre, et le chirurgien herniaire Laurent Verduc, en 1689, un Traité des bandages.

(3) Mémoires de l’Académie de chirurgie, t. IV, p. CV.

ei

que vous en ferez vous en portez un Jugement favorable, il ne manquera pas de m’attirer le suffrage de tous les habiles dans Part où chacun sait que vous excellez.

Mon dessein en vous dédiant cet ouvrage est de vous témoigner ma reconnaissance pour toutes les lumières que je tiens de vous, aussi bien que tous ceux qui ont eu Pavantage de vous voir pratiquer. En effet, la tranquillité avec laquelle on vous a vu faire les opérations les plus difficiles et les plus laborieuses, votre dextérité, ce génie heureux et la prudence que vous y avez toujours fait paraître, ont servi de leçons à tous les chirurgiens, et de fondement à cette haute réputation de premier chirurgien du monde, à laquelle vous devez le judicieux choix de notre illustre Monarque, qui vous a regardé comme le plus capable de contribuer à la conservation d’une santé si chère à tous ses sujets.

Quels progrès la chirurgie n’attend-elle pas de vous, Monsieur, dans ce glorieux emploi où vous vous êtes élevé par votre seul mérite, puisque, même au milieu des objets qui n’inspirent à la plupart que amour des plaisirs et l’oisiveté, votre zèle pour porter ce bel art à sa dernière perfection ne vous donne encore aucune relâche? Un si bel exemple m’a encouragé à vous consacrer mon entreprise, espérant que vous ne lui refuserez pas cette estime que vous n’accordez qu’à ceux qui mettent tous leurs soins à être en quelque façon utiles au public. C’est aussi le seul motif qui m’a porté à mettre mon livre au jour : s’il a quelque succès, je serai doublement récompensé, puisque, outre l'utilité du public, il m’aura procuré l’occasion de vous assurer de l’entière soumission et du profond respect avec lequel je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

L'Art de guérir les maladies des os, favorablement accueilli par le monde savant, fut traduit à Leyde et à Dresde. En 1723, Petit, devenu membre de l’Académie des sciences, réimprima son ouvrage en l’augmentant du fruit de dix-huit nouvelles années de pratique : cette deuxième édition est encore dédiée à son ancien maître :

A Messire Georges Mareschal, seigneur de Bièvre et autres lieux, écuyer, conseiller, premier-chirurgien du roi, chef et garde des chartres et privilèges de la chirurgie du royaume. ;

Monsieur,

2° Jo o Gr 2 :

J’ai l'honneur de vous offrir ce traité des maladies des 08; c’est un hommage qui vous est dû. Non seulement vous aimez la chirurgie,

mais encore vous protégez ceux qui l’exercent avec distinction. Eh! quel autre connaît mieux que vous l’excellence de cet art! Personne n’en a mieux senti l'importance, l’étendue et l'utilité, et personne aussi n’a porté plus loin la supériorité des talents. L’amour de la patrie et la vénération de toute l’Europe en sont la récompense. Cette justice rendue à la prudence, à la probité, au profond savoir, tout enfin m'engage à vous protester que je suis avec un très profond respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Malgré de violentes attaques, le second ouvrage de Petit remporta un succès légitime. Donnant en 1775 une nouvelle édition du Traité des maladies des os, le chirurgien Louis déclarait que son auteur s’était assuré « l’estime et la reconnaissance de la postérité (1) ».

J.-L. Petit ne vulgarisait, en 1705, qu’une partie de son art; en 1707, l'impression du Cours d'opérations de chirurgie démontrées au Jardin du roi par M. Dionis, premier-chirurgien de Mmes les Dauphines et chirurgien juré à Paris, mit entre les mains des fraters un guide sûr et complet. L'ouvrage fut dédié au roi : « Sire, écrivait l’auteur, ce Cours d’opérations de chirurgie, que j'ose présenter aujourd'hui à Votre Majesté, est un hommage qui lui est dû, puisque c’est en exécution de ses ordres qu’elles ont été démontrées dans son Jardin royal. » Georges Mareschal avait autrefois suivi l’enseignement de Dionis; dans la préface de son ouvrage, le démonstrateur n’omit pas de complimenter son ancien auditeur : « M. le premier-chirurgien nous anime tous par le zèle qu'il témoigne tant à maintenir nos droits qu’à placer dans des postes avantageux qu’il a à sa nomination les personnes en qui 1l remarque un vrai mérite, et par les exemples singuliers qu'il nous donne si fréquemment de la plus ingénieuse et la plus heureuse pratique. » Le livre de Dionis resta classique jusqu’à la Révolution.

Parmi les chirurgiens se livrant à la « taille », François Tolet était l’un des plus réputés. Gagnant-maïtrise de la Charité, il fut initié à la lithotomie par Jonnot, chirurgien du même hôpital, et fit paraître en 1682 un Traité de l’ex-

(1) Traité des maladies des os, par J.-L. PETIT : discours sur ce traité, p. 2.

traction de la pierre; à cette époque, Mareschal travaillait chez Me Le Breton. Réimprimant son Traité en 1708, Tolet en fit hommage à l’ancien frater devenu chef de la chifur Tes

Monsieur,

L’inclination naturelle qui me porte à la reconnaissance m'engage d’avouer, en vous présentant cet ouvrage, que les meilleures et les plus sûres maximes pour réussir dans l'opération appelée lithotomie m'ont été enseignées par défunt M. Jonnot, et, comme en l’année mil six cent quatre-Ÿingt-deux, par un motif de gratitude, je me suis acquitté en quelque manière de ce que je devais à un homme si célèbre, en lui dédiant ce livre, j’ai cru, Monsieur, que vos excellents et rares talents dans notre profession ayant commencé de paraître et s'étant perfectionnés dans l’hôpital de la Charité, vous me permettriez, dans le suprême degré où votre seul mérite vous a élevé, de remettre au jour sous vos auspices ce même traité, mieux digéré et augmenté, et qui contient plusieurs faits et circonstances dont vous avez été un illustre et éclairé témoin.

Si j'avais, Monsieur, autant d’éloquence que de sincérité, J’oserais entreprendre de faire votre éloge, mais, pour m'expliquer en peu de mots, il me suffira de dire que le plus grand roi du monde vous ayant choisi pour remplir la place de son premier-chirurgien, l’esprit le plus vif et le plus solide ne pourrait rien ajouter de plus glorieux pour votre nom. Je souhaite, Monsieur, que Dieu vous y conserve longtemps, et que, n’ayant point balancé à vous dédier aujourd’hui mon livre, vous me fassiez la justice de croire que je prends la liberté de me servir de cette occasion favorable, pour vous donner des preuves convaincantes de l’attachement inviolable avec lequel je serai pendant le reste de ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

L'exemple de Petit, Dionis et Tolet fut suivi; bientôt les maîtres de Saint-Côme commencèrent à publier leurs études chirurgicales, et plusieurs d’entre eux se réclamèrent de Georges Mareschal en cette occasion. En 1716, Louis de Gouey, « reçu à Paris et résidant à Rouen, » édita un ouvrage intitulé la Véritable Chirurgie établie sur l’expérience et la raison, avec un nouveau système sur la génération des fœtus (1). L'auteur avait

(1) À Rouen, chez Cabrit, 1716.

eu des difficultés avec les barbiers de Rouen, et le premier-chirurgien lui était venu en aide. « Votre intégrité m’a mis à couvert du mensonge de mes ennemis, écrivait Gouey dans sa dédicace à Mareschal; vous êtes le refuge assuré des aspirants à ce noble art dont je fais profession. Comme après ma réception vous avez marqué être satisfait de mes examens et de mes opérations, ce serait mal reconnaître vos bontés que de ne vous pas offrir cet ouvrage qui renferme la plus grande partie du chef-d'œuvre que j'ai fait devant les juges que vous m'avez fait l'honneur de me donner. C’est dans cette vue, Monsieur, que je prends la liberté de vous supplier très humblement de recevoir ce livre, et d’être le protecteur du système que j’établis contre l'opinion de ceux qui ont écrit sur la génération de l’homme... »

Parmi les jeunes praticiens que Mareschal encouragea, René-Jacques Croissant de Garengeot est le plus connu. En 1720, ii avait écrit un remarquable Traité des opérations. Le premier-chirurgien lui conseilla de se faire recevoir à Saint- Côme, et l’aida même de ses deniers à payer les frais de cette admission. Lors du partage de la succession de Georges-Louis Mareschal, seigneur de Bièvre (1), l’article 79 de l’acte notarié fut ainsi libellé : « Sous la cote 6 sont trois billets du sieur Croissant de Garengeot au profit du feu sieur Georges Mareschal : le premier, en date du 2 janvier 1725, de la somme de sept cents livres; le second, en date du 7 avril de la même année, de la somme de huit cent cinquante-quatre livres; et le troisième, en date du 8 mai de la dite année, de la somme de trois cent cinquante livres. Avec lesquels billets s’est trouvée une note des recus acomptes; mais comme, suivant la dite note de recus, les billets paraissent entièrement acquittés, le présent article n’est mis ici que pour décharge. » La même année 4725, Mareschal nomma Garengeot démonstrateur royal dans la nouvelle école de chirurgie, et ce fut à l’occasion d’un second ouvrage de son protégé, la Splanchnologie, qu’il enleva définitivement aux médecins la censure des livres chirurgiCaux.

En 1731, Garengeot réimprima son Traité des opérations et,

(4) Fls aîné du premier-chirurgien. (Acte du 10 février 1748, étude de ME Perret, notaire à Paris.)

dédiant cet ouvrage à Georges Mareschal, il le remercia publiquement de ses bienfaits :

A Monsieur Mareschal, écuyer, conseiller et premier-chirurgien du roi, chevalier de l’ordre de Saint-Michel, seigneur de Bièvre et autres lieux, chef et garde des chartres et privilèges de la chirurgie du royaume, et censeur royal des livres d'anatomie et de chirurgie.

Monsieur,

La première édition de l’ouvrage que je prends la liberté de vous offrir aujourd’hui fut tellement heureuse pour moi qu’elle m’attira non seulement l’honneur de votre amitié, mais même celui de votre protection. J’en reçus dès ce moment des marques également honorables et précieuses : vos libéralités me prévinrent.

Enfin, Monsieur (ma reconnaissance le doit publier), c’est à vous à qui je suis uniquement redevable de mon établissement dans cette ville : c’est à vous à qui je dois la place que j’ai honneur d’occuper parmi mes confrères, et j’en conserverai un éternel souvenir.

Si le travail et l'application, dans un art que vos talents supérieurs ont porté au plus haut point de perfection, ont le moyen de gagner votre cœur, J’ose me flatter, Monsieur, que vous continuerez toujours de m’honorer de votre estime, et que cette réimpression sera un sûr garant de mon zèle et de l’envie que j’aurai toujours de vous plaire.

Enumérant en tête de sa dédicace les titres de son protecteur, l’auteur de la Splanchnologie n’omettait pas celui de « censeur royal», si difficilement conquis l’année précédente par le premierchirurgien.

Le 27 octobre 1734, Georges Mareschal et Marie Roger célébrèrent leurs noces d’or en la chapelle du château de Bièvre : autour d’eux se groupaient leurs fils Louis et François, leurs petits-enfants Georges, Alexandre, Denis, Charles, Louise, Marie-Anne et Thérèse, tous issus de Louis, et, enfin, leurs arrière-petits-enfants Georges, Louis, Bonaventure, Alexandre et Henriette Charpentier d’Audron.

Ayant vendu en 1725 sa charge de maître d’hôtel du roi, le fils aîné du premier-chirurgien était devenu «fermier général ». Avant la Révolution, le gouvernement affermait à une compagnie de financiers les principaux revenus de l'Etat, gabelles, aides, tailles, domaines et tabacs: on nommait « fermiers

Page 1