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Eloge de Georges Mareschal, chevalier, secgneur de Bièvre et autres lieux, premier-chirurgien de Louis XIV et de Louis XV, prononcé par Sauveur-François Morand, secrétaire de l’Académie royale de chirurgie, à la séance publique du 18 juin 1737.
Georges Mareschal naquit en 1658. Son père, qui était officier dans un régiment étranger au service de la France, ayant été estropié à la bataille de Rocroy, s’était retiré à Calais, où 1l jouissait d’une
fortune médiocre.
M. Mareschal, se sentant du goût pour la chirurgie, vint très jeune à Paris pour l’apprendre, et, soit qu’il en eût formé le dessein contre le gré de ses parents, soit que ses parents ne fussent pas en état de lui rendre la vie aisée, il fit le voyage peu commodément.
Il y a deux espèces de noviciat pour les chirurgiens : l’un suppose les ressources nécessaires pour fournir à une dépense honnête pendant plusieurs années qu’on passe à suivre les praticiens accrédités, les hôpitaux, les écoles publiques, les cours particuliers; et, alors, tous ces exercices se font avec une grande liberté; l’autre consiste à s’assujettir à des maîtres, et, moyennant les engagements auxquels -on s’oblige avec eux, la dépense est réduite à celle qui est indispensable. M. Mareschal, arrivé à Paris, embrassa avec courage le dernier parti, quoique le plus dur, et se mit sous M. Le Breton, maître chirurglen.
Si l’on part de ce point de vue pour le considérer dans l'élévation à laquelle il était destiné, la distance étonne; mais c’est le privilège du mérite de remplir les plus grands intervalles, et il y a bien de l’honneur à ne les remplir que par le mérite.
Déjà le jeune Mareschal s'applique à anatomie; il est assidu à l'hôpital de la Charité, et il s’attire bientôt l'estime de M. Morel, chirurgien en chef, et de M. Roger, gagnant-maîtrise. Celui-ci, qui
était attaché à M. le prince de Conti, ayant été obligé de faire un voyage, et voulant commettre quelqu'un à sa place, ne crut pouvoir mieux faire que de proposer M. Mareschal, qui, par là, eut occasion de se faire connaître.
M. Roger, étant de retour, reprit son emploi, et M. Mareschal, qui en savait assez pour faire de la chirurgie dans sa province, même avec distinction, songea à rejoindre sa famille; mais ses talents lui préparaient un plus grand théâtre sans qu'il s’en aperçût. k$ Le terme de six années, que M. Roger avait à remplir pour gagner sa maîtrise à la Charité, allait expirer. Plusieurs chirurgiens se mirent sur les rangs pour lui succéder, et M. le maréchal d’Estrade présenta le sien avec cent louis pour les pauvres de Phôpital, s’il était agréé. Cependant on offrit la place à M. Mareschal, s’il voulait rester à Paris. [Il est vrai qu’en acceptant 1l faisait perdre cent louis aux pauvres; mais ceux-ci faisaient en même temps une acquisition à laquelle il eût été difficile de mettre un prix.
On commence à voir le chemin qui est ouvert à M. Mareschal, et M. Roger s’empresse de lui donner sa sœur en mariage. M. Mareschal, épousant Mile Roger en 1684, abandonna entièrement le dessein de retourner à Calais, et, devenu peu de temps après maître de son patrimoine, il en fit don à sa sœur qui embrassa l’état religieux.
Après avoir acquis au service des pauvres de profondes connaissances en chirurgie par beaucoup d'expériences et de méditations, il fut reçut maître en chirurgie à Paris en 1688, avant que le terme de sa maitrise fût exactement fini; et presque aussitôt M. Morel, qui était devenu infirme, lui confia le soin de hôpital en chef, dans lequel il exerça son art avec un applaudissement général.
C’est alors qu’il parut dans la ville placé dans les consultations à côté des chirurgiens de premier ordre, tels que MM. Félix, Bessière, Roberdeau, Tribouleau, Passerat, Haustome, et suivi d’une foule d'élèves de différents pays. Il faisait l’admiration des uns, il était le modèle des autres; et M. Albinus, qui a fait l’éloge de M. Rau, célèbre professeur de Hollande, n’a pas oublié M. Mareschal dans l’énumération des hommes fameux auxquels M. Rau s'était attaché en France.
M. Mareschal faisait avec éclat toutes les opérations, et prineipalement celle de la taille au grand appareil, qu’il a rendue plus simple et plus sûre; entre plusieurs personnes d’un hautrang, il tailla dans ce temps-là M. le duc de Gramont et M. le comte d’Avaux; entre plusieurs autres, qui, à différents égards, méritent considération, il tailla M. Palaprat, auteur de quelques ouvrages en vers et en prose, qui en parle avec reconnaissance dans le discours qu’il a mis
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à la tête de la Comédie des empyriques. « J'étais, dit-il, depuis dix ou douze ans, nouveau Sisyphe, condamné à rouler une grosse pierre, quand M. Mareschal, ce prince des chirurgiens, me fit opération; et jesuis persuadé que, si son habileté et la légèreté desa main commencèrent ma guérison, sa douceur et la gaieté de son humeur la perfectionnèrent. Il ne s’approchait jamais de moi qu'avec un visage riant, et moi je le reçus toujours avec un nouveau couplet de chanson sur quelque sujet réjouissant. »
La réputation de M. Mareschal lapprochait insensiblement de la première place. Il fut appelé en 1696 pour consulter sur la maladie de Louis XIV, qui avait un abcès considérable à la nuque : ce sont là, pour un chirurgien, de ces occasions singulières où 1l faut autant de prudence dans la conduite que d’habileté dans Part. M. Mareschal, ayant vu la maladie du roi, fit signe de la main qu’il convenait de faire une incision cruciale, et laissa le soin de prononcer à M. Félix, premier-chirurgien, qui dit à Sa Majesté que M. Mareschal était de son avis, sur quoi le roi consentit à l’opération. Tant de circonspection ne parut point suflire à M. Mareschal. N'ayant pas même osé donner son avis tout haut, il revient à Paris sur-le-champ, et ce n’est que parce que le roi dit trois ou quatre fois dans le courant de sa maladie qu’on ne voit point M. Mareschal à Versailles, que le chirurgien modeste se présente trois ou quatre fois devant le rot.
Mais c’est en vain qu’il fuit les honneurs, dont il se rendait digne tous les jours : ils se trouveront dorénavant sur ses pas, et il comptera ses années par ses avantages.
En 1697, l'ambassadeur de Charles XI, roi de Suède, le pressa d'aller au secours de son prince dangereusement malade, et lui offrit une somme considérable pour lengager à partir sur-le-champ. M. Mareschal, ayant lu la lettre écrite à l'ambassadeur, qui contenait un détail de la maladie du roi, n’hésita point de lui dire qu'il ne voulait point abuser d’une générosité qui ne pouvait être utile à son maître, et que, si l'exposé de la maladie était fidèle, il était impossible d'arriver assez tôt pour secourir le roi de Suède. En effet, on reçub la nouvelle de sa mort par l'ordinaire suivant.
Cest à peu près dans le même temps qu’on lui offrit plusieurs places de conséquence à la Cour; mais M. Mareschal préférait le public, et le public n’était point ingrat : il lui faisait une fortune aisée et indépendante.
Cette grande vogue se soutint sans échec jusqu’à l’époque d’une saignée suivie d'accidents, auxquels on attribua trop légèrement la mort d’un seigneur étranger. Mais ce nuage, qui semblait l obscurcir, fut bientôt dissipé par de nouvelles cures éclatantes. On ne parla plus
que de l'opération faite à M. le maréchal de Villeroy, qui périssait
d’une descente avec étranglement de boyau, et 1l y eut peu d’intervalle entre cette cure faite en 1698 et celle de M. Fagon, premier-
médecin du roi, à qui il fit l’opération de la taulle. 7e
La mort de M. Félix, premier-chirurgien, arrivée en 1705, n’embarrassa pas longtemps pour le choix de son successeur. Il avait lui-même désigné M. Mareschal comme celui qu’il croyait le plus propre à le remplacer; et c’était en donner une haute idée, si lon pèse les termes dont le roi seservit en disant de M. Félix, qu'ilregrettait : « Ce n’est pas seulement un bon chirurgien que j'ai perdu : c’est un ami. »
Tout se trouvait donc disposé en faveur de M. Mareschal, qui d’ailleurs était devenu au point de n’avoir plus de concurrents à redouter. Le roi, informé de ce que lui rendait son travail à Paris, douta presque qu’il voulût quitter la ville pour venir à la Cour; mais peut-on rien mettre en parallèle avec l’honneur d’être attaché à la personne de son maître, et d’un maître tel que Louis le Grand?
M. Mareschal, qui aimait à être le chirurgien du publie, ne changea
point de façon de penser en acceptant cet honneur : devenu premierchirurgien du roi, il crut être devenu celui de tout un peuple auquel son roi est si cher. i FA
Dès qu’il fut dans cette place éminente, il renonça noblement aux assurances qu'il avait sur plusieurs particuliers, qui lui étaient à la fois redevables de leur santé et de ses honoraires; et, ne voulant pas les exposer à être inquiétés s’ils n’acauittaient pas leurs billets de son vivant, il en jeta au feu pour une somme d’environ vingt mille livres.
M. Mareschal, réunissant en lui les qualités de honnête homme et les talents d’un homme supérieur dans son état, confirma aisément Louis XIV dans l’idée avantageuse que Sa Majesté en avait conçue : il en mérita la confiance intime, et, si l’on pouvait parler des souverains comme il est permis de parler des autres hommes, on dirait Pamitié.
I] eut l’occasion de faire quelques petites opérations à Sa Majesté, et il y a peu de princes et de princesses de la famille et du sang royal qui n'aient éprouvé son habileté. La reine d’Angleterre, Marie d’Este de Modène, qui était à la Cour de France, et qui a porté longtemps un mal au sein, ne se conduisait que par ses avis.
Les distinctions les plus flatteuses, dont un homme en sa place pût être honoré, semblaient aller d’un pas égal avec ses succès; en 1706, le roi lui donna une charge de maître d’hôtel. En 1707, Sa Majesté l’anoblit, et le motif en est si beau qu’on ne peut se dispenser de
ELEC RSR APPENDICE : 73
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6 n rapporter tel qu'il est énoncé dans ses lettres. « Comme nous
ne saurions trop témoigner, dit le roi, combien nous sommes content de lui, nous avons jugé à propos de lui en donner des preuves qui puissent passer à sa postérité en l’élevant autant au-dessus du commun qu'il s’est élevé lui-même au-dessus de ceux de sa profession, etc. » Cette élévation était telle, en effet, qu’elle avait porté son
. nom dans les pays étrangers où il était célèbre. I fut consulté pour l’empereur et pour le roi de Sardaigne, Victor-Amédée IT. Les
princes qui voulaient s’assurer d’un bon chirurgien en prenaient un
- de sa main ou déterminaient leur choix sur le sien.
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En 1709, le maréchal de Villars fut blessé d’un coup de feu au genou droit à la bataille de Malplaquet, et, son état étant devenu dangereux, le roi, qui en était occupé, proposa à M. Mareschal d'aller
lui-même juger de la blessure du général. Les nouvelles fâcheuses qui en couraient à la Cour faisaient peine à M. Mareschal; cependant, après quelques courtes réflexions, il donna sa parole au roi qui, charmé de le voir partir, l’embrassa, et dès ce moment regarda, comme sûre la conservation de ce grand capitaine, que le ciel des-
- tinait à rassurer la France alarmée. Le roi ne fut point trompé dans son attente. M. Mareschal, arrivé au Quesnoy, jugea par la nature des accidents qu’il fallait rouvrir le trajet de la balle. Le jour même de l’opération les accidents sont calmés, et peu de temps après la guérison est certaine.
En 1711, il fit l'opération de la taille à un prince distingué par ses vertus, M. le comte de Toulouse. Ce fut dans la même année qu’il acquit la terre seigneuriale de Bièvre, près de Paris. Il avait alors formé le dessein de partager son temps entre son devoir à la Cour, les affaires que la chirurgie lui donnait à la ville, et quelques moments de repos à la campagne.
. La mort de Louis XIV ne changea rien à sa situation, et 1l retrouva dans Louis XV la confiance dont son auguste bisaïeul l’honorait. L’attachement tendre qu’il avait pour le jeune roi le rendait sans cesse tremblant pour des jours si précieux; lorsqu'il donnait des conseils sur sa santé, il oubliait qu’il parlait à son maître, et prenait, si on l’ose dire, le ton d’un père qui parle naturellement à son fils.
La crainte respectueuse qu’inspire la majesté du trône n’a pu en
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aucun temps étouffer les expressions ingénues de son zèle salutaire, et comme elles partaient du cœur, le roi les a toujours Heu avec bonté.
En 1719, voulant jouir un peu plus de la vie tranquille, il s’associa M. de la Peyronie. L’amour-propre qui craint légalité ne lui aurait présenté pour cette place que des chirurgiens inférieurs à
lui, mais l'amour pour le roi lui fit prendre sans peine un émule.
Les projets que M. Mareschal avait formés depuis longtemps pour illustrer la chirurgie étaient fort étendus, et rien ne convenait mieux à leur exécution que son union avec M. de la Peyronie. Animés tous deux du même esprit, ils concertèrent ensemble les moyens de faire des élèves dans la capitale, et de réformer les abus dans les provinces.
À bien considérer la cause de ses abus, ils paraissaient venir de l'établissement des chirurgiens royaux créés en 1692, en titre d’offices héréditaires, et lon n’avait que trop de preuves, qu'indépendamment de la facilité avec laquelle ils recevaient à la maîtrise des aspirants peu capables, ceux auxquels ces offices passaient à titre d’hérédité étaient souvent incapables de juger du mérite des aspirants. On ne pouvait y remédier qu’en supprimant ces offices et rétablissant les lieutenants du premier-chirurgien, dont la date est si ancienne; c’est ce qui fut fait par l’édit de 1723, quirenferme certainement, si on l’examine sans prévention, les dispositions les plus sages pour établir une police générale dans la chirurgie du royaume.
La même année que cet édit parut, le roi, voulant donner à M. Mareschal de nouvelles marques de sa considération, et ajouter de nouveaux honneurs à ceux que Louis XIV lui avait accordés, le fit chevalier de l’ordre de Saint-Michel.
Le règlement donné à la chirurgie de l’hôpital de la Charité, en 1724, l’engageait à venir présider à l'opération de la taille qui s’y fait tous les ans au printemps, et il en faisait toujours lui-même quelquesunes; Car, quoique avancé en âge, 1l avait la main aussi ferme que son esprit était sain; 1l a encore opéré quelques mois avant sa mort.
Une attaque violente de colique hépatique, à laquelle il avait échappé en 1722, lui avait laissé des craintes sur le retour de cette maladie; cependant, une exacte sobriété et la vie réglée qu’il menait lui procurèrent un intervalle de quatorze ans pendant lequel il eut une santé assez égale, et ne fut sujet à aucune des infirmités qui accompagnent la vieillesse. Enfin, il tomba malade le 11 novembre 1736, et, le danger étant manifeste, le roi parut s’y intéresser vivement.
Les accidents de sa maladie annonçaient un abcès au foie, qui,. malheureusement, n’était pas dans les circonstances favorables à une opération moyennant laquelle il avait sauvé, en 1726, M. Le Blanc, secrétaire d'Etat de la guerre; nous avons eu la douleur de le voir . privé des secours d’un art qui lui devait tout son lustre, et à la gloire duquel rien n’eût manqué s’il eût rendu M. Mareschal à la vie. Il marquait bien précisément du bout du doigt le lieu où devait se trouver le dépôt. Jugeant lui-même son mal sans ressource, il édifia
par sa conduite et ses sentiments, et, jouissant de toute sa connaissance jusqu’au dernier moment, il mourut dans son château de Bièvre le 13 décembre 1736, âgé de soixante-dix-huit ans.
Dans le cours de cette longue et brillante carrière, il avait conservé la santé à des hommes de tous états : rois, princes, ministres, prélats, généraux, magistrats, nobles, citoyens de tous les ordres, cens de tous pays, avaient ressenti les effets salutaires de sa main ou de ses conseils; et, aux témoignages publics que les riches et les pauvres rendaient de son savoir, les pauvres auraient pu joindre bien des preuves secrètes de sa charité.
Il faisait ses tournées dans Bièvre et aux environs, monté sur un petit cheval que le roi lui avait donné; et, par là, non seulement il évitait l'appareil d’une voiture plus commode, mais la vue de ceux qui auraient découvert le bien qu’il faisait. Il allait seul voir les paysans, panser les malades, consoler les malheureux; il était leur père, leur chirurgien, leur conseil et leur appui.
A la tête des devoirs qu’il avait à remplir, il mit toujours ceux de la religion. Véritablement pieux, il n’en était pas moins aimable dans la société: on lui trouvait des mœurs douces et rien de ce dehors austère, auquel le dedans ne répond pas toujours.
Jamais il n’oublia d’où il était parti; il contait familièrement, même à ceux qui ne le connaissaient pas, son voyage à pied de Calais à Paris. Pareilles époques auraient mortifié un homme vain. Il est cependant si beau de les rappeler soi-même qu’en tout autre que M. Mareschal on aurait pu soupçonner de la vanité.
Il avait une éloquence naturelle et polie par l'usage du grand monde; il exposait avec clarté un fait de chirurgie; il racontait une histoire avec grâce; et ses discours étaient autant de tableaux où les choses étaient rendues avec des traits naïfs et une vérité que les ornements n’offusquaient point.
On a dit de M. Chirac que c’était un législateur en médecine : on aurait pu dire de M. Mareschal que c'était un oracle en chirurgie. Lorsqu'il approchait d’un malade, la crainte et l'espérance semblaient marcher à ses côtés, prêtes à s'emparer des esprits, suivant ce qu’il allait prononcer; ses arrêts passaient pour irrévocables; et ce respect que le public avait pour son pronostic, les chirurgiens l'avaient pour ses décisions : ils répondaient comme les disciples de Pythagore : « Le maître l’a dit. »
Il y a des observations excellentes de lui, répandues en différents ouvrages. On en trouve dans. les Opérations de Dionis, sur les bons effets des trépans multipliés; dans le Traité de la cataracte, par Brisseau, sur la cataracte et le glaucome de l’humeur vitrée; dans les
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Opérations de M. de Garengeot, un grand nombre sur différents
sujets: dans les Mercures de France, plusieurs dont on lui avait
demandé le détail, entre autres une sur lextraction d’un corps solide très gros, formé dans les intestins et tiré du rectum : il en a donné à l’Académie plusieurs sur les plaies de la tête, et1l en a laissé quelques-unes dans ses papiers, dont une fort singulière fait le détail d’un dépôt sous Pomoplate, qu'il attaqua avec succès en trépanant cet os. [1 aurait fourni à la chirurgie un trésor immense d'observations, s’il eût recueilli toutes celles qu’il eut l’occasion de faire; mais il ne connaissait pas assez sa supériorité pour cela, et
il croyait les autres familiarisés comme lui avec les faits extraor-
dinaires. à
C’est à son ardeur pour les progrès de la chirurgie que cette Compagnie, ou plutôt la nation même, doit les établissements faits sous le règne de Louis XV, et ces établissements sont de la dernière importance.
En 1724, le roi nous accorda des lettres patentes, par lesquelles deux maîtres en chirurgie de Paris, proposés par le premier-chirurgien, sont nommés par Sa Majesté pour traiter les pauvres dans l’hôpitai de la Charité, y former des élèves et conserver des droits qui n’appartiennent qu’à ceux qui font leur capital de la chirurgie.
Par les mêmes lettres patentes, cinq démonstrateurs royaux sont créés pour expliquer dans l’amphithéâtre de Saint-Côme les différentes parties de la chirurgie, et donner aux élèves des leçons qui portent leurs fruits dans les différents endroits où ils se répandent. Les provinces jouiront bientôt du même avantage: et l’on a lieu d'espérer que le roi étendra ses bontés sur les principales villes du royaume, où des démonstrateurs particuliers sont bien nécessaires par la trop grande affluence des étudiants dans la capitale.
En 1730, on tira de la compagnie des maîtres en chirurgie des censeurs royaux qui, pour lPhonneur du corps et des auteurs mêmes, examinent avec une attention scrupuleuse les ouvrages dont le jugement leur est confié.
Enfin, en 1731, une Société académique fut formée sous la protection du roi, où les chirurgiens du royaume et des pays étrangers envoient leurs observations et leurs découvertes, et, dans des conférences paisibles, elles sont discutées et travaillées ensuite de façon à mériter d’être mises au jour.
C’est cette même Société qui rend à la mémoire de M. Mareschal, son président, un hommage auquel la cérémonie a bien moins de part qu’une juste vénération pour ses vertus et ses talents. Elle
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