‹ Georges Mareschal, seigneur de BièvreChapitre 141 sur 182 · CA BP END EC ES RU GE · texte numérisé non relu

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de done dans le ventre, à des abcès dans cette capacité (1).

Georges Mareschal s’adonnait à l'étude des maladies re

è Affligé d’une cataracte, le docteur Bourdelot, premier-médecin de

la dauphine, avait consenti à ce que ses yeux fussent examinés après

sa mort par le premier-chirurgien, pour que la nature de son mal,

qui divisait les savants de cette époque, püût être élucidée : Mareschal fit cette étude le 20 décembre 1708. L’année suivante, le médecin Pierre Brisseau, voulant établir que la cataracte est une affection - du cristallin, produisit à l’appui de sa thèse une attestation motivée

du premier-chirurgien. « M. Mareschal, dit-il, m’a donné un certi-

ficat qui peut me servir de garant touchant ce que J'ai avancé :

« Je, premier-chirurgien du roi, soussigné, certifie d’avoir ouvert

les yeux de trois différentes personnes Ps de vraies cataractes, où j'ai trouvé, dans la dissection que j’en ai faite après leur

mort, que cette maladie était toujours dans le cristallin, qui perdait

pour lors sa transparence et devenait plus solide que dans Pétat

naturel, sans avoir remarqué aucune membrane ni vestige d’icelle dans les deux chambres de l’humeur aqueuse, comme je l'ai fait voir à M. Fagon, premier-médecin du roi, sur un œil que j’ouvris en sa présence à Fontainebleau. En foi de quoi j'ai signé le présent certificat. Fait à Versailles le 18 février 1709 (2). »

Selon Michel Brisseau, fils de Pierre Brisseau, Mareschal rendit plus efficace le traitement des fractures du crâne, en montrant les bons effets qu’on peut obtenir du trépan; ce médecin écrivait en

… 4716 : « Le grand secret pour réussir dans les grandes plaies de tête,

lorsqu'il y a fracture, épanchement, fracas, etc., c’est de trépaner d’abord, sans attendre que les accidents nous préviennent et rendent l'opération infructueuse. Cest ce que j’ai entendu dire et vu pratiquer souvent par M. Mareschal, premier-chirurgien du roi, dont le rare mérite et la grande capacité sont connus, et dont la pratique

peut servir de règle à tous les autres (3). »

D’après Garengeot, le premier-chirurgien constata que les crânes trépanés étaient rarement bouchés par le « cal », et que la cicatrice

« demandait des attentions » chez ceux qui avaient subi le trépan.

Cet auteur écrivait dans son Traité des opérations de chirurgie (4) : « J'ai vu plusieurs crânes entre lesquels il ÿ en avait quatre qui avaient été trépanés par M. Mareschal, dont le mérite et l’habileté

(4) Observations sur deux plaies considérables. (Mémotres de l’Académie de chirurgie, t. VIT, p. 344.)

(2) Traité de la cataracte et du glaucoma.

(3) Six observations de M. Brisseau, médecin-major des hôpitaux de Flandre.

(&) 2. ETF p: 214 et 2#5.

n’est inconnue à personne. De ces quatre crânes, il y en avait un d’un maçon que M. Mareschal avait trépané 1l y avait vingt ans, et où l’on voyait un trou inégal à laisser passer un petit pois; ce petit

trou était un peu plus grand dans les autres crânes. » |

Enfin, dans son Traité des maladies des os, Jean-Louis Petit cite un cas d’exostose dont le traitement fut commencé par Mareschal : « Comme ses occupations près du roi lui firent perdre de vue une maladie si particulière, écrit-1l, il me saura gré de la rappeler à sa mémoire et d’en faire part au public. Il y a vingt-sept ou vingt-huit années (1) que M. Mareschal, pour lors chirurgien en chef de la Charité-des-hommes, et toujours le premier dans l’exercice de son art, me fit voir un jeune homme de vingt ans qui avait l’œil gauche proéminent et jeté en dehors de plus d’un travers de doigt, en conséquence d’une tumeur qui paraissait au grand angle de l’œil, accompagnée de douleurs de tête, d’étourdissement, de larmoiement de l’œil et de sécheresse de la narine, du même côté. Ce célèbre chirurgien attaqua cette tumeur avec un grain de cautère. L’escarre fut incisée jusqu’au fond; 1l sortit deux ou trois cuillerées de lymphe un peu roussâtre, l’œil se remit presque dans son lieu naturel (2). » Mais lorsque Mareschal eut quitté la Charité, continue Jean-Louis Petit, son opéré, qui avait d’abord paru en bonne voie de guérison, eut plusieurs autres tumeurs et mourut bientôt, sans qu’on ait pu trouver de remède à son mal: l’autopsie montra que plusieurs os de sa tête étaient « carnifiés » (3). »

C’est dans le tome VIT des Mémoires de l’Académie royale de chirurgie que se trouve la seule « observation » de Mareschal imprimée en extenso : « Une femme, âgée d’environ quarante-cinq ans, écrit le premier-chirurgien, était sujette depuis plus de quinze ans à des attaques de colique bilieuse, et, depuis dix, à de très grandes difficultés d’aller à la garde-robe, malgré les fréquents lavements qu’elle prenait. » Son état s’aggravant, la malade consulta de nombreux médecins et chirurgiens dont les remèdes restèrent inutiles; elle essaya sans succès des « empyriques » et finalement se crut atteinte d’une maladie incurable.

Prié d’aller la secourir, Mareschal, après s’être longuement entretenu avec elle, lui sonda le rectum et y constata la présence d’une énorme concrétion. « Ayant reconnu son mal, continue-t-il, je lui

(1) Jean-Louis PETIT écrivait en 1723.

(2) Traité des opérations de chirurgie, par GARENGEOT, édition de 1775, t. IL, p. 323 et 326.

(3) Lours rappelle ce cas dans un mémoire sur les tumeurs fongueuses de la dure-mère. (Mémoire de l Académie de chirurgie, t. XIII, p. 20.)

conseillai de se faire transporter à Versailles pour être plus à portée de mes soins, et j’entrepris (c'était en novembre 1727) de lui faire l'extraction de ce corps étranger. »

Le premier-chirurgien tenta de retirer la « pierre » avec la tenette qui lui servait pour la lithotomie, mais elle se trouva « trop grosse pour sortir ». Mareschal dut inciser en plusieurs endroits l’anus de la patiente, etil enleva du rectum un corps elliptique dont le grand diamètre était de sept centimètres et le petit de quatre. Un mois après, la malade était guérie, « sans qu’il lui restât la moindre incommodité. » La pierre, grosse comme un œuf de poule, avait pour centre « un excrément durci », et, autour de ce noyau, «la bile, et peut-être l’huile dont on s'était servi dans les lavements, s'étaient épaissies par couches. »

Le secrétaire chargé de l'impression du tome VIT joignit à ce récit une planche représentant la concrétion en vraie grandeur. « Cette pierre, ajoutait-il, est conservée dans le cabinet de M. Morand. »

Des vieilles archives de l’Académie il ne subsiste plus que les registres rendant compte des exercices journaliers : on ne possède donc aucune des trente-deux autres observations de Mareschal. Mais, comme plusieurs d’entre elles font l’objet d’un examen spécial dans les Mémoires de la Compagnie, les sujets en sont connus. En tête du premier volume figure une liste alphabétique des chiruroiens qui ont fourni les matériaux de cet ouvrage; après chacun des noms vient l’énoncé des observations utilisées; Georges Mareschal est ainsi désigné dans la liste : « M. Mareschal (feu), écuyer, conseiller, premier-chirurgien du roi, chef de la chirurgie du royaume, chevalier de l’ordresroyal de Saint-Michel, seigneur de Bièvre et autres lieux, et président de l’Académie royale de chirurgie. » Suivent les titres de dix observations avec l'indication des pages où elles sont relatées. Quesnay analyse les trois premières dans son Précis de diverses observations sur le trépan dans des cas douteux, où l’on recherche les raisons qui peuvent en pareil cas déterminer à recourir au trépan ou à éviter celle opération.

Un jeune homme, écrit-il, avait reçu un coup de bâton sur l’un des pariétaux et fut amené à l'hôpital de la Charité : Mareschal en était alors le chirurgien ordinaire. Ne voyant survenir aucun des accidents qui indiquent ordinairement la nécessité du trépan, il évita cette opération au blessé; or, celui-ci, qui paraissait parfaitement ouéri, fut tout à coup pris de fièvre et mourut vingt-deux jours après son entrée à l’hôpital. « M. Mareschal en fit l'ouverture, continue Quesnay; il trouva gros comme un pois ou environ de matière purulente sur la dure-mère, où elle paraissait n’avoir fait aucune

impression; aussi M. Mareschal assure-t-il que, s’il y eût eu d’abord

des accidents qui eussent inspiré le moindre soupçon d’épanchement, il n’en aurait pas coûté la vie à ce blessé. Il pouvait bien faire cet aveu, car, quand il n’y a pas en pareil cas d'accidents, il n°y a pas non plus d'indications pour le trépan (1). »

Après cette observation par laquelle Mareschal voulait montrer qu’il faut souvent trépaner, même lorsqu'on ne remarque pas de lésion apparente au crâne, Quesnay en rapporte une autre qui corrobore la première : dans un cas tout à fait semblable au précédent, la guérison du blessé semblait assurée quand sa plaie devint sèche, lui causant une forte fièvre; cette fois Mareschal n’hésita pas et fit au malade un trépan qui eut le plus heureux succès. « Cet exemple, conclut l’auteur, doit encourager les chirurgiens à avoir toujours en pareil cas recours au trépan, quoique les accidents qui peuvent l'indiquer n’arrivent que longtemps après la blessure (2). »

La troisième observation de Mareschal concerne le cas d’une jeune fille qui, ayant reçu un choc à la tête, en gardait une douleur fixe à l’un des pariétaux; ce mal lui durant depuis plusieurs années, Mareschal fut appelé, et, fidèle à sa pratique, jugea le trépan nécessaire : « Il découvrit l'os à l’endroit de la douleur, écrit Quesnay, et y appliqua une couronne de trépan; il remarqua que la sciure de l’os était sèche comme celle d’un crâne qui aurait été longtemps enterré. Cette opération réussit si bien que la douleur cessa entièrement et pour toujours (3). »

Trois nouvelles observations du premier-chirurgien sont étudiées par Quesnay dans un autre travail intitulé : Précis d'observations où l’on expose les différents cas dans lesquels il est nécessaire de mulplier l'opération du trépan, et où l’on montre par des exemples remarquables que le crâne peut être ouvert avec succès dans une grande étendue, lorsque ces cas l’exigent.

Georges Mareschal enseignait qu’on ne doit pas hésiter à faire tous les trépans nécessaires pour évacuer promptement l’épanchement produit sur la dure-mère. Quesnay rapporte d’abord le cas : d’un jeune homme blessé à la tête par la chute d’une pièce de bois: € Il avait à l’un des pariétaux une fracture d’environ quatre pouces détendue finissant à la suture coronale. M. Mareschal, qui trépana le blessé, jugea à propos, pour enlever beaucoup de sang coagulé répandu sous le crâne, d'appliquer trois couronnes de trépan et de rompre avec l’élévatoire les entre-deux: cette ouverture procura

(1) Mémoires de l’ Académie de chirurgie, t. I, 1re partie, p. 855 et 356. (2) Zbid., t. I, 1re partie, p. 357.

(3) Zbid., p. 373 et 374.

*e Rue APPENDICE IX RU uen

l’évacuation entière de l’épanchement. M. Mareschal pansa la dure-mère avec le baume de Fioravanti, et empêcha la sortie ou le gonflement de cette membrane avec une petite compresse graduée, pour faire une compression convenable; par le moyen de cette com- presse, 1! se passa de la plaque de plomb que quelques-uns recommandent pour assujettir en pareil cas cette même membrane. Après que l’os fut exfolié, les chars de la plaie et celles que fournit la duremère se joignirent pour fermer peu à peu l’ouverture du crâne, la cicatrice fut achevée en deux mois; elle devint très étroite et si solide qu’on n’y sentait plus aucun mouvement de la dure-mère (1). »

L'auteur étudie ensuite une deuxième observation de Mareschal et rappelle que la cure rapportée par le premier-chirurgien fut autrefois citée par Dionis dans son Cours d'opérations : « Une jeune fille âgée d’onze à douze ans, écrivait le démonstrateur, tomba sur un escalier en 1705, et se brisa tout un pariétal avec une partie du temporal. M. Mareschal, dès le lendemain, la trépana en deux endroits; il lui fit appliquer un troisième trépan par son fils et un quatrième par mon fils qui était présent. Le lendemain, il lui en appliqua deux autres, et par la suite il la trépana jusqu’à douze fois, et elle en est très bien guérie. C’est la fille de M. Le Vasseur, logé à extraordinaire des guerres à Versailles. Cet exemple si rare fait voir qu'il ne faut point s'étonner sur la multiplicité des trépans (2). »

« Un pareil exemple, remarque Quesnay, méritait que M. Mareschal nous en donnât lui-même l’histoire. » La fracture traversait l'os des tempes et l’os pariétal jusqu’à l’apophyse pierreuse : «M. Mareschal avait laissé entre les trépans environ une ligne d’intervalle qu’il fit sauter avec l’élévatoire pour ne faire qu’une seule ouverture de tous ces trépans; le dernier étant placé très bas et tout proche de l'oreille, il facilita l’extraction de deux petites portions de l’apophyse pierreuse; tout le sang coagulé se fondit; la dure-mère et les bords de la plaie se mirent en suppuration et les accidents cessèrent (3). »

Quesnay termine son mémoire en expliquant comment se ferment les ouvertures faites au crâne par les trépans, ét cite à ce sujet une cure du chirurgien Fabrice de Hilden, rappelée par Mareschal dans sa trente-hutième observation (4). Puis il en mentionne une autre, tentée par le premier-chirurgien lui-même, qui se fit l’inventeur

(1) Mémoires de l’ Académie de chirurgie, t. I, 2€ partie, p. 32 et 38.

(2) P. 522. Peut-être cette jeune fille avait-elle pour père Gabriel Le Vasseur, auquel Mareschal vendit, en 1710,sa charge de maître d'hôtel du roi.

(3) Mémoires de l’ Académie de chirurgie, t. I, 2€ partie, p. 33 et 34.

(4) Ibid, p. 55. D’après les registres de l’Académie, trente-trois observations de Mareschal furent lues aux séances : citant ici l’observation trente-huitième, Quesnay donne la preuve que l’œuvre du premier-chirurgien fut plus considérable.

d’une sorte de bandage herniaire pour le cerveau. Il avait guéri un blessé en le trépanant plusieurs fois; quand la plaie fut cicatrisée, son malade éprouva plusieurs convulsions : « M. Mareschal, écrit Quesnay, se douta que ces accidents venaient d’un étranglement que souffraient les méninges, poussées par le cerveau dans l’endroit où le crâne avait été ouvert; ce qui formait à cet endroit une espèce de hernie. Pour y remédier, M. Mareschal fit faire un bandage ou espèce de brayer, avec un petit écusson qui portait sur la cicatrice; par ce moyen, 1l fit cesser pour toujours les convulsions et leurs suites (1). » Plus tard, dans une étude sur l’encéphalocèle ou hernie du cerveau (tome XIII des Mémoires de l Académie (2), le chirurgien Ferrand mentionnait après Quesnay la réussite qu’obtint Mareschal en cette occasion.

Le tome Ier des Mémoires de l’Académie contient un troisième travail de Quesnay intitulé : Remarques sur les plaies du cerveau, où l’on prouve par beaucoup d'observations que le cerveau est susceptible de plusieurs opérations qui peuvent dans beaucoup de cas sauver la vie aux malades, et où l’on examine quels sont les remèdes qui conviennent le mieux pour la cure des plaies de ce viscère. Trois observations de Mareschal y sont relatées; l’auteur prouve, avec l’aide du premier-chirurgien, que les plaies internes du cerveau ne sont pas toujours mortelles : M. Mareschal a rapporté, dit-il, le cas d’un brigadier des armées du roi qui avait recu une balle de mousquet dans la tête : cet officier se trouva bientôt en état de retourner à l’armée et mourut au cours d’une campagne, un an après sa blessure. « Quand on lui ouvrit la tête, continuait Mareschal, on y trouva la balle entrée de deux travers de doigt dans la substance du cerveau, où elle était restée sans causer aucun désordre (3). »

Mais lorsqu'une partie de la substance du cerveau sort de la plaie, il n’y a guère d’espoir de guérison, et Quesnay cite d’après Georges Mareschal le cas d’un homme à qui cet accident était arrivé. Bien que la plaie du blessé parût en bonne voie, il mourut après douze jours de fièvre. « M. Mareschal, écrit Quesnay, a donné cette observation pour avertir les jeunes chirurgiens que le péril est si grand dans ces sortes de plaies, avec perte de substance par une grande suppuration, qu’il n’en a traité aucune avec succès (4). » Toutefois, on ne doit pas confondre la substance du cerveau avec cer-

(1) Mémoires de l’Académie de chirurgie, t. I, 2° partie, p. 56 et 57. (2) Zbid., p. 104-105.

(3) Ibid. p. 131 et 132.

(4) Zbid., p. 154 et 155.

taines matières que produisent les plaies de tête et qui peuvent

tromper un praticien inexpérimenté. «M. Mareschal nous a communiqué une observation qui nous fournit l’occasion de faire remarquer cette méprise qui est honteuse pour le chirurgien qui y tombe. » Un homme avait une plaie pénétrante sur le sinus sourcilier : son chirurgien, voyant sortir de la blessure des flocons de matière muqueuse blanche, les prit pour des portions de la substance du cerveau et déclara son malade perdu. Appelé par les parents désespérés, Mareschal reconnut que le cerveau n’était aucunement atteint, et au bout de quelques jours le blessé fut complètement guéri (1).

Quesnay termine son troisième mémoire en citant Pautorité du premier-chirurgien pour établir que lPemploi de l’esprit-de-vin est nuisible aux plaies du cerveau (2).

La dixième observation de Mareschal se trouve dans une étude du professeur Hévin, qui termine la deuxième partie du tome 116 des Mémoires : Précis d'observations sur les corps étrangers arrêlés dans lœsophage, avec des remarques sur les moyens qu'on a employés, ou que l’on peut employer pour les enfoncer ou les retirer. Le premier-chirurgien y conte comment, prêt à monter à cheval, il fit de sa cravache un instrument chirurgical et tira une grosse arête de l'œsophage d’un paysan (3).

Dans les tomes qui suivent le premier volume des Mémoires de P Académie, on ne rencontre que rarement l’étude d’une observation de Mareschal. Au cours de l’éloge du premier-chirurgien, imprimé au tome IV (4), Morand parle des récits trouvés dans les papiers de son grand-oncle, « dont un, fort singulier, fait le détail d’un dépôt sous Pomoplate que M. Mareschal attaqua avec succès en trépanant cet os. » Cette observation fut lue à l'Académie le 22 octobre 1737; plus tard, un des successeurs de Mareschal comme premier-chirurgien du roi, M. de la Martinière, écrivait dans son Mémoire sur l'opération du trépan au sternum (5) : € On lit dans lEloge de M. Mareschal que ce grand praticien trépana heureusement lomoplate pour évacuer le pus d’un abcès; et c’est même le seul exemple qu’on connaisse. Les motifs qui déterminèrent M. Mareschal étaient très simples : labcès avait pour cause un coup d'épée qui avait traversé l’omoplate; on voyait le pus sortir à travers la plaie de

Jos, l'indication n’était pas équivoque. »

(1) Mémoires de l’ Académie de chirurgie, t. I, 2€ partie, p. 159.

(2) Ibid., p. 162.

(3) P. 412 et 418. (Voir p. 157 du présent ouvrage.)

(4) Comme le premier volume des Mémoires était divisé en trois parties, le second parut sous l’indication de « tome IV ».

(5) Mémoires de l’Académie de chirurgie, t. XIIT, p. 369.

Outre l’extraction de pierre stercoraire racontée par Mareschal lui-même, le tome VIT contient l’analyse d’une autre observation du premier-chirurgien : dans son Mémoire sur le cancer, Ledran raconte que Mareschal et son neveu Guérin furent consultés par une malade

souffrant d’une glande squirrheuse au sein : « Ils convinrent qu'il.

n'y avait pas d'autre parti à prendre que l’extirpation de cette tumeur, et elle fut faite par M. Mareschal après les préparations convenables. La malade fut guérie en quarante jours (1). » Ce rétablissement n’était qu’apparent; bientôt la patiente, ressentant des douleurs dans tout le corps, dut s’aliter de nouveau : un jour, se retournant sur son lit, elle se cassa la cuisse, et, bien que la réduction de cette fracture ait semblé réussir, l’'opérée mourut peu après dans d’atroces douleurs. Au cours de Pautopsie, on constata que los de la cuisse, n’offrant plus aucune solidité, « était ramolli et vermoulu, » par un effet singulier du virus cancéreux : Mareschal avait eu sous les yeux une terrible maladie, peu connue encore, le cancer de Pos.

Enfin, Morand analyse, dans ses Observations sur des tumeurs à la vésicule du fiel (tome IX des Mémoires), un dernier récit de son grand-oncle : M. Mareschal, écrit-1l, fut un jour appelé par une dame qui avait une tumeur au ventre, et il fit l'ouverture du mal. Bientôt, voyant sortir de la bile par la plaie, il y introduisit une sonde et reconnut la présence d’un « corps étranger » dans la vésicule du fiel; après avoir dilaté l’incision, le premier-chirurgien retira de cet organe une pierre biliaire « grosse comme le plus gros gland de chêne.» — « La cicatrice, continue Morand, se forma peu à peu, formant au pourtour de la plaie une espèce d’entonnoir; il y resta une fistule, et la dame, morte très vieille, survécut plusieurs années à cette opération, se portant très bien d’ailleurs (2). »

(4) P. 302 et 303.

(2) P. 407 et 108.

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